Newsletter

Édition scientifique : Maffesoli piégé par un faux article

Olivier Monod
Publié le
Envoyer cet article à un ami
L'Autolib', sujet d'un vrai faux article publié dans la revue de sociologie dirigée par Michel Maffesoli
L'Autolib', sujet d'un vrai faux article publié dans la revue de sociologie dirigée par Michel Maffesoli // ©  Gilles Rolle / R.E.A

La revue de sociologie de Michel Maffesoli a été la cible d'un canular. Une initiative pour discréditer la méthodologie du sociologue qui jette aussi le discrédit sur l'édition scientifique.

Y a-t-il quelque chose de pourri dans l'édition scientifique ? La revue de sociologie "Sociétés", dirigée par Michel Maffesoli, a publié un article entièrement faux intitulé "Automobilités postmodernes : quand l’Autolib’ fait sensation à Paris". L'objectif des auteurs, le doctorant Manuel Quinon et le chercheur au CNRS Arnaud Saint-Martin, est de démontrer par l'absurde le "vide" de la pensée maffesolienne, qu'ils décrivent ainsi sur le blog du journaliste scientifique de "Libération" Sylvestre Huet : "Absolument aucune enquête, pas de données expérimentales ou d'observation, une sociologie réduite à une conjecture, une vision de l'Homme mu par une force dionysiaque que la postmodernité libérerait et qu'il faut plaquer sur toute réalité sociale."

Les auteurs expliquent en détail leur canular sur le site Carnet Zilsel. L'initiative a été relayée par Baptiste Coulmont dans une chronique pour "Le Monde". Et pour cause. Michel Maffesoli est un sociologue très médiatique mais peu apprécié par ses confrères. Il a notamment encadré la thèse controversée de l'astrologue Élizabeth Teissier et bénéficié d'une nomination polémique à la commission du conseil d'administration du CNRS durant les années Sarkozy.

Au-delà de cette querelle de sociologues, ce faux article, très drôle par ailleurs, souligne, encore une fois, les dérives de l'édition scientifique. Si les chercheurs sont évalués sur leur nombre de publications et que le système de peer review sur lequel reposent les journaux scientifiques ne remplit plus son rôle, n'est-il pas temps de repenser le modèle ?


Olivier Monod | Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
haddock.

Evitons les simplifications. Les chercheurs ne sont pas évalués que sur le nombre mais aussi sur le contenu de leur publications et a plusieurs niveaux (individuel et collectif) par des assemblées d'experts. Dans ce cas il s'agit de la dérive d'UN journal dont la scientificité fait d'ailleurs débat. Toute l'édition scientifique n'est pas en cause et même s'il laisse passer des erreurs qui demandent corrections (récentes dérives en biologie des cellules souches) le système fonctionne encore dans son ensemble. Essayez de publier un article bidonné dans un bon journal de sciences "dites dures" et vous verrez.

Bloc-notes.

"Si les chercheurs sont évalués sur leur nombre de publications et que le système de peer review sur lequel reposent les journaux scientifiques ne remplit plus son rôle, n'est-il pas temps de repenser le modèle ?" Alors qui croire ? Ni l'un, ni l'autre. Pas plus les scientifiques que les sociologues !

Les annuaires du sup

Newsletters gratuites

Soyez informés de l'actualité de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Abonnez-vous gratuitement

Je m'abonne