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Le palmarès 2014 des villes où il fait bon étudier

Villes : dix manières d’attirer les étudiants

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Le campus de l'université Joseph Fourier à Grenoble @service com UJF-Grenoble
Le campus de l'université Joseph Fourier à Grenoble @service com UJF-Grenoble

Journées d’accueil, applications mobiles, tarifs préférentiels pour les transports, conseils des jeunes. Revue des initiatives mises en place par les villes pour séduire les étudiants

Conscientes du potentiel que les étudiants représentent pour elles (économique, intellectuel, culturel...), les villes n'hésitent plus à faire du "marketing urbain". Une expression utilisée pour nommer les techniques de promotion destinées à attirer population et capitaux.

Dès 2007, la marque OnlyLyon a ainsi été créée pour développer la notoriété de la capitale rhônalpine (sixième au classement général). Très présente sur les réseaux sociaux, elle compte plus de 39.000 likes sur Facebook et 18.200 abonnés sur Twitter. En 2009-2010, sa petite sœur LyonCampus ("Lyon aime ses étudiants") a vu le jour.

Même si elles n'utilisent pas toutes autant de moyens, les 40 villes universitaires de notre classement se bougent pour plaire aux jeunes.

1 – Le boom des dispositifs d'accueil à la rentrée

En 2009, plus de la moitié des villes du palmarès ne mettaient en place aucun dispositif d'accueil des étudiants à la rentrée universitaire. Et les manifestations d'une semaine ou plus se comptaient sur les doigts d'une main. Aujourd'hui, presque toutes ont créé des événements en partenariat avec les associations étudiantes et les établissements supérieurs et culturels.

C'est notamment le cas de Poitiers, qui organise sa onzième édition des "Tudiantes", de Saint-Étienne ("Sainté accueille ses étudiants"), de Strasbourg ("Strasbourg aime ses étudiants"), de Marseille ou de Bordeaux avec leurs circuits découverte.

C'est un choix politique : les villes font preuve d'hospitalité pour attirer les étudiants.
(F. Rio)

À l'occasion de ces journées d'intégration, des "guichets uniques" sont ouverts pour toutes les formalités administratives. "C'est un choix politique : les villes font preuve d'hospitalité pour attirer les étudiants. Cette tendance s'explique également par le nombre croissant d'élus délégués à la vie étudiante dans les équipes municipales depuis 2008. On en compte dix fois plus aujourd'hui qu'il y a dix ans. Les dispositifs d'accueil se sont donc développés vers 2010-2011, le temps que ces élus s'emparent du dossier dans les mairies", explique François Rio, délégué général de l'Avuf (Association des villes universitaires de France).

Université Lumière - Maison des étudiants - Campus Portes des Alpes  © Université Lumière Lyon 2 (3)

2 – À la recherche d'un logement

Le logement reste le principal poste de dépense pour les étudiants qui ont quitté le domicile parental. Pour les aider, les villes et leurs partenaires (universités, Crous, associations, bailleurs sociaux...) lancent des initiatives originales. Par exemple, les colocations à projet solidaire (les Kaps) comme à Grenoble, Nancy, Perpignan, Toulouse...

Pour cette rentrée, 70 étudiants toulousains vont ainsi bénéficier d'un logement en résidence en échange de leur engagement dans un projet solidaire dans le quartier du Mirail.

Autre initiative : celle du Havre, première ville française à expérimenter le logement en containers transformés en habitations. "Mais cette tendance du logement solidaire et citoyen touche encore peu de monde", nuance François Rio.

Les villes peuvent aussi faire office d'intermédiaires entre les étudiants et les particuliers qui veulent louer leur bien. À Toulon, la Maison de l'étudiant délivre ainsi une liste de propriétaires à contacter à toute personne qui présente son certificat de scolarité ou sa carte d'étudiant de l'année en cours.

Avignon, Besançon, Grenoble, Limoges et d'autres villes ont des pages Facebook très fréquentées ; Amiens, Saint-Denis (La Réunion) ou encore Valenciennes sont sur Twitter.

3 – Villes et étudiants connectés

Les villes se sont mises aux réseaux sociaux : ­Avignon, Besançon, Grenoble, Limoges et d'autres ont des pages Facebook très fréquentées ; Amiens, Saint-Denis (La Réunion) ou encore Valenciennes sont sur Twitter. Certaines agglomérations développent des applications spéciales pour les étudiants, comme "Rouen étudiants".

"Les villes ont besoin de communiquer avec les jeunes, de les informer sur les événements qu'elles organisent tout au long de l'année car la plupart ne savent pas ce qu'il se passe près de chez eux. Pour cela, les outils numériques sont beaucoup plus efficaces que les guides en papier, qui disparaissent progressivement", assure François Rio.

Bibliothèque de l'université Le Havre © C.Stromboni - mai 2011

4 – Simplifier la vie

Angers et Strasbourg ont toutes les deux adopté une carte multiservice qui fait à la fois office de carte de transport, de bibliothèque, de sport, etc. À Rennes, Paris ou Poitiers ont été créés des "bureaux des temps" qui travaillent sur la manière d'adapter l'emploi du temps privé aux rythmes d'études ou aux rythmes professionnels.

Parmi les réalisations de ces services : les nocturnes dans les piscines à Paris, ou à l'inverse, à Rennes, le décalage des horaires de cours à la fac pour que les étudiants évitent l'affluence dans le métro.

Enfin, pour aider les jeunes à manger mieux et pour moins cher, les épiceries sociales et solidaires étudiantes se multiplient. On en trouve à Brest, Lille, Lyon, Nice, etc. Plus atypique, une page du site Internet de Tours, "keskonmangecesoir", donne de bonnes idées aux moins inspirés.

Les villes accordent des coups de pouce à leurs étudiants sous conditions de ressources et de lieu de résidence. 

5 – Des aides financières

Les villes accordent des coups de pouce à leurs étudiants sous conditions de ressources et de lieu de résidence. Il peut s'agir de bourses attribuées aux jeunes qui veulent poursuivre des études, comme à Pau ou à Dijon. Cela peut être également des financements octroyés à d'autres projets (humanitaires, sportifs, culturels, environnementaux, entrepreneuriaux...). C'est le cas, par exemple au Mans, à Chambéry, Amiens, Nîmes.

Initiative intéressante : la ville de Toulon a mis en place des bourses au permis de conduire et au Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) en échange d'au moins 60 heures de volontariat. À Clermont-Ferrand, un dispositif similaire porte le nom de Bafa citoyen.

Dernière tendance : le "microcrédit logement étudiant". Nantes en a lancé un au mois de juillet dernier afin d'aider les étudiants à financer le dépôt de garantie et payer le premier mois de loyer.

Etudiants en pause à l'université d'Angers

6 – Mission : fournir un emploi aux jeunes

C'est la meilleure manière de retenir les 16-25 ans sur leur territoire ! Pour les aider à trouver du travail, les agglomérations mettent souvent en place des dispositifs d'aide à la recherche d'emploi. Par exemple, l'Espace Montpellier Jeunesse propose des ateliers (CV, lettre de motivation, orientation...) et des permanences de conseil juridique avec des professionnels.

Les communes elles-mêmes peuvent fournir des jobs étudiants. La mairie de Marseille en propose ainsi plusieurs dizaines chaque année.

Développer les transports, c'est la première chose que font les villes pour les jeunes.
(F. Rio)

7 – Transports : des tarifs attractifs

Depuis la création du fameux Yélo de La Rochelle, les trois quarts des villes du classement se sont dotées d'un dispositif de location de vélos. Il existe également de plus en plus de tramways et de bus à haut niveau de service dont les itinéraires sont tracés en fonction des principaux lieux étudiants.

C'est notamment le cas à Montpellier : les quatre lignes de tramway desservent les universités, le centre-ville, les CHU (centres hospitaliers universitaires), les médiathèques, les complexes sportifs, les lieux culturels...

"Développer les transports, c'est la première chose que font les villes pour les jeunes. Elles font de gros efforts sur la politique tarifaire", note François Rio.

Pôle sciences et technologies de l'université de La Rochelle © Camille BOULICAULT

8 – Des solutions pour ne pas gâcher la fête

Les villes aiment les fêtes étudiantes... dans une certaine limite. Pour éviter les débordements et protéger leurs petits jeunes, certaines préfèrent prendre les devants. En 2005, Rennes a ainsi lancé ses soirées Dazibao, un jeudi par mois, dans des lieux inédits (piscines, parkings, halles de marché...).

À Caen, tous les jeudis soir, des médiateurs étudiants vont à la rencontre des jeunes en centre-ville et sur le port afin de les sensibiliser aux conduites à risques. Idem à Toulouse où les médiateurs sont des professionnels – éducateurs, infirmiers, animateurs – formés aux techniques de la prévention. Leur slogan : "Fêtons plus, risquons moins".

Reims a adopté, comme Metz, les chèques taxi. Grâce à ces bons payés seulement 1 ou 2€, les noctambules peuvent rentrer de boîte de nuit à moindre coût et en toute sécurité.

Il y a un réel souhait de consulter les étudiants, de les rendre acteurs de leur ville.
(F. Rio)

9 – Impliquer les étudiants dans la vie de la cité

Les étudiants ont des choses à dire. Certains sont prêts à s'impliquer dans la vie de leur cité, les élus l'ont bien compris. "Il y a un réel souhait de consulter les étudiants, de les rendre acteurs de leur ville", affirme François Rio. Ainsi, de Douai à Toulouse, beaucoup de municipalités ont expérimenté la mise en place de conseils des jeunes.

Certes, il s'agit surtout de conseils consultatifs. "Il est compliqué de les maintenir sur le long terme et la légitimité de leur composition est un vrai casse-tête", reconnaît le délégué général de l'Avuf. Néanmoins, de belles initiatives ont pu voir le jour.

À Bordeaux, par exemple, la mairie organise des rendez-vous entre le maire et les 16-25 ans : c'est le dispositif "Parole aux jeunes". L'occasion de discuter de manière informelle sur des thèmes comme l'orientation, le logement, l'emploi, la culture, le numérique...

10 – Des agglomérations qui se mettent au vert

Les métropoles pensent également aux étudiants lors de la construction d'"éco-quartiers". Brest a prévu une cité internationale dans son futur quartier des Capucins, directement reliée au centre-ville par le téléphérique urbain. Strasbourg construit une grande résidence étudiante dans son éco-quartier Danube. Tours va transformer d'anciennes casernes en logements et sites universitaires, et l'université d'Orléans doit être implantée dans un ancien hôpital.

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