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Neuf Français sur dix sont prêts à faire des sacrifices pour payer les études de leurs enfants

Paul Conge  |  Publié le

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En moyenne les parents français dépensent 15.000 euros pour l'éducation d'un enfant, de la primaire aux études supérieures. // © plainpicture/Lubitz + Dorner

Une enquête Ipsos MORI-HSBC, publiée le 29 juin 2017, souligne que le coût de l'éducation en France est largement inférieur à celui dans les autres pays. 15.000 euros en moyenne, contre 39.500 dans le reste du monde. Malgré tout, les parents français sont plus stressés que les autres pour l'avenir de leurs enfants.

L'éducation en France est moins chère qu'ailleurs. Presque bon marché même, à en croire une étude Ipsos MORI-HSBC France parue ce 29 juin 2017, qui estime qu'en moyenne les parents français dépensent, de la primaire aux études supérieures, 15.000 euros par enfant. "Ce montant est le plus bas des 15 pays interrogés", stipule cette enquête de la banque suisse, "Value of Education", la quatrième du même cru, conduite auprès de 8.481 parents à travers le monde, et destinée à présenter leur point de vue sur les études de leurs enfants. 

Dans les autres pays scannés à l'occasion (Australie, Égypte, Émirats arabes unis, Malaisie…), ce coût grimperait à 39.500 euros en moyenne. Et crèverait les plafonds, 118.000 euros, pour les élèves hongkongais. Des chiffres impressionnants, qui agrègent à la fois les frais de scolarité, de fournitures, le logement… tout au long de la scolarité de l'enfant. 

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"Il y a des temps forts dans la vie d'un individu – qui est aussi un client bancaire –, notamment la venue des enfants, et leur éducation. Cette enquête vise à mieux comprendre les attentes et les attitudes des parents vis-à-vis des études de leurs enfants. On les sensibilise à la préparation du financement [des études], pour qu'ils puissent anticiper ces moments", fait savoir à l'Etudiant la responsable du service presse d'HSBC France, Sophie Ricord.  

Le sacrifice des parents

L'étude pointe quelques paradoxes : si le coût de l'éducation est plus modique en France qu'ailleurs, les parents y restent "les premiers à faire des sacrifices personnels pour la réussite de leurs enfants". Neuf français sur dix se déclarent d'ailleurs prêts à faire des sacrifices pour payer les études de leurs enfants. Dévoués, plus d'un tiers (35 %)  sont prêts à renoncer pour cette raison à des loisirs, et 19 % ont déjà réduit leurs loisirs et leurs vacances voire y ont renoncé. Dans la répartition de ces sacrifices entre les parents, la variable du genre est déterminante. Les femmes (42 %) ont, en effet, bien plus tendance à "renoncer à prendre du temps pour elles ou à leurs hobbies" que les hommes (29 %).

Comment financent-ils l'éducation de leurs enfants ? Ils puisent avant tout dans leurs revenus courants (74 %), puis dans leur épargne et leur assurance (19 %).

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L'enseignement public majoritaire

Sur les 15 pays passés au crible, quelques enseignements sont à tirer. En particulier que l'éducation française est "très majoritairement" publique : 81 % des parents disent éviter le privé, du moins jusqu'à la licence, quand la moyenne est, elle, pratiquement deux fois moins élevée, à 46 %. 

Enseignant en sciences de l'éducation à l'université de Bourgogne, Thierry Chevaillier remet ces statistiques en perspective. "Dans les pays scandinaves, il y a encore plus d'élèves dans le public, c'est proche de 100 %. Ce pourcentage dépend en général de la qualité du système d'enseignement public. Quand il est de qualité, les gens n'ont pas de raison d'aller dans le privé. Au Vietnam, un important système d'enseignement privé s'est développé rapidement, en raison d'un enseignement public de mauvaise qualité." 

Des cours de soutien qui augmentent la note

Autre grand écart entre l'Hexagone et le reste des pays analysés, les cours de soutien. En France, "seuls 32 % [des parents] inscrivent leurs enfants à des cours privés de soutien, relève le document. Il y a une grande divergence au niveau international : globalement [c'est-à-dire en prenant en compte les 15 pays], 63 % des parents ont recours aux cours privés." 

Des différences qui expliquent pour partie les écarts de coût d'un État à l'autre. "En Asie, par exemple, les parents dépensent plus qu'ailleurs justement parce qu'ils paient des cours de soutien en plus. De nombreux élèves japonais vont travailler une heure ou deux après les classes, pour préparer des concours", pointe Thierry Chevaillier. 

Champions du monde du pessimisme

Cette enquête brosse aussi un tableau des études les plus plébiscitées. Alors que "l'immense majorité des parents envisage l'enseignement supérieur pour leurs enfants", précisément 92 % des parents, ceux-ci déclarent que la médecine est leur filière préférée (7 %), suivie du droit et de l'ingénierie (5 %). 

Exception française, les parents plébiscitent peu les études de management ou de business, alors que ce type d'études est bien plus apprécié "au niveau global", par 11 % des parents. Champions du monde du pessimisme, moins de la moitié des parents français interrogés pensent en outre que leurs enfants auront un avenir brillant, contre 75 % à l'échelle mondiale.

Une chose rebute de nombreux parents français (78 %) : envoyer leur enfant à l'étranger. En raison du surcoût (42 %), mais aussi de facteurs émotionnels, comme le manque de sécurité (25 %). Les parents incitent tout de même parfois leurs enfants à faire l'expérience, dans le but d'apprendre une langue étrangère et à s'exposer à de nouvelles idées et cultures. 

Paul Conge  |  Publié le

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