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Lycée : des universitaires dénoncent la refonte des SES en première

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Une douzaine associations d’universitaires sont montées au créneau contre les nouveaux programmes de SES (sciences économiques et sociales) de la classe de première ES, mise en place à la rentrée 2011 dans le cadre de la réforme du lycée . Un appui aux associations du secondaire dont la pétition est pour l'instant restée lettre morte.

Le 28 février 2011, dans une tribune publiée sur Médiapart , une douzaine d'associations d'universitaires ont dénoncé « la tendance actuelle visant à calquer les programmes du secondaire sur ceux du supérieur » faisant fi de leurs points forts : « empirie, pluralisme et pluridisciplinarité ».

Partir de questions concrètes et contemporaines

Jusqu’ici, l’enseignement des SES partait de questions économiques et sociales concrètes et contemporaines – chômage, inégalités, crise financière, etc. – pour étudier les méthodes (enquêtes, travail statistique, recherche sur les sources…) permettant d'analyser ces questions, puis pour aborder les théories. Une façon d’apprendre aux élèves à raisonner et développer un esprit critique. En outre, les SES faisaient appel à l’économie mais aussi à la sociologie, la science politique, l’anthropologie, l’histoire…

Universitaires et professeurs de lycée, même combat

Selon les signataires de la tribune, les nouveaux programmes – publiés au Bulletin officiel le 30 septembre 2010 – se concentrent sur la compilation de notions technicisées, d’exemples abstraits, sans débats. D’autre part, les universitaires regrettent le cloisonnement des disciplines : l’économie d’un côté, les sciences sociales de l’autre. Sur tous ces points, ils rejoignent l’APSES (Association des professeurs de sciences économiques et sociales). Mi-janvier 2011, les professeurs de sciences économiques avaient dénoncé les mêmes évolutions dans deux tribunes publiées dans Le Monde et l’Humanité . Mais dès juin 2010, une pétition avait été lancée. 2.500 enseignants (la moitié de la profession) l’ont signée avec dans l’idée de faire bouger les choses. Après tout, pourquoi pas ? Le thème du chômage avait bien disparu du programme de seconde fin janvier 2010, avant d’être réintégré. Celui des classes sociales, qui disparaît du programme de première (mais figurerait en terminale), pourrait-il également bénéficier d’une deuxième chance ?

Compte-à-rebours avant la rentrée

Ainsi, universitaires et professeurs demandent à Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, un « moratoire » sur les programmes de SES pour donner le temps à un nouveau groupe d'experts de remettre tout à plat, après une large concertation. À sept mois de la rentrée 2011, est-ce faisable ? Pas sûr, ne serait-ce que pour une raison pratique… Les éditeurs de manuels scolaires, pressés (et stressés) en 2010, ont déjà bien entamé la conception des livres de première avec le nouveau programme.

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