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Nomination à Centrale Nantes : les écoles d'ingénieurs demandent des comptes au ministère

Laura Makary
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Ecole centrale de Nantes ©Vincent Jacques
Le directeur de Centrale Nantes, Arnaud Poitou, n'a pas été renouvelé pour un second mandat par le ministère, malgré l'appui de son CA. // ©  Vincent Jacques
À la suite du non-renouvellement d'Arnaud Poitou à la tête de Centrale Nantes, la Cdefi interpelle le ministère par communiqué de presse, et "s'inquiète de la perception que cette décision va engendrer parmi ses membres". Une manière d'estimer la marge de manœuvre des écoles d'ingénieurs dans les regroupements à venir.

Le choix du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation de ne pas renouveler Arnaud Poitou à la tête de Centrale Nantes, et ce, malgré le soutien clair de son conseil d'administration, continue de faire des remous. La Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) a réagi, mercredi 13 septembre 2017, par communiqué de presse, expliquant qu'elle "s'interroge et s'inquiète de la perception que cette décision va engendrer parmi l'ensemble de ses membres". Une telle situation, il est vrai, étant rarissime, le ministère entérinant en principe le choix du conseil d'administration.

"Aller à l'encontre d'une décision prise en toute conscience et à une forte majorité par un conseil d'administration pose, d'une manière générale, question", écrit la Cdefi, qui souhaite rappeler "que l'agilité et l'autonomie de fonctionnement des écoles d'ingénieurs sont deux éléments primordiaux pour que celles-ci puissent continuer à exercer leurs missions".

Connaître leur marge de manœuvre

Le bureau élargi de la Cdefi a décidé d'envoyer ce communiqué le 8 septembre 2017. "Notre objectif à travers cet envoi est double. Nous souhaitons montrer à nos écoles que la Conférence est attentive aux conditions dans lesquelles elles fonctionnent et à leur autonomie, mais aussi interpeller le ministère et connaître sa stratégie sur les expérimentations de regroupements. Les écoles d'ingénieurs doivent connaître leur marge de manœuvre à l'intérieur de ces tentatives de regroupements", déclare Jacques Fayolle, président par intérim de la Cdefi, contacté par EducPros. Autrement dit : que se passera-t-il pour les directions des écoles si un rapprochement échoue ou ne convient pas au ministère ?

Sur ce point, le communiqué de la Cdefi est clair : "chaque établissement doit être libre de choisir les modalités de collaboration avec les autres établissements du site qui lui correspondent le mieux". Des mots qui peuvent s'appliquer au cas de Nantes, où le rapprochement de Centrale et de l'université avait suscité un grand intérêt de la communauté, mais également à de nombreux autres regroupements à travers le territoire. 

Pas de hasard de calendrier avec cette communication : Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, la Recherche et l'Innovation, sera présente vendredi 22 septembre 2017 à l'assemblée générale de rentrée de la Cdefi. Les écoles d'ingénieurs l'attendent de pied ferme.


Laura Makary | Publié le

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Frida.

Le Centralisme "démocratique" de l'ESR, un gage de succès soviétique comme partout ailleurs ...

Gilbert.

Voilà un conflit de fond entre le MESRI et le CA d'un de ses EPSCP sur la capacité et le droit de ce ministère à piloter l'ESR. Est-ce que le Ministère, c'est à dire l'exécutif, peut mener la politique pour la quelle il est mandaté ou bien ne peut-il que laisser faire les acteurs locaux,. En l’occurrence, les acteurs locaux, surtout le CA de Centrale Nantes, font preuve de velléité puisqu'ils changent brutalement de politique au risque de tuer dans l’œuf le beau succès que représente l'Isite nantais Next. Personnellement je pense que le MESRI est dans son rôle en intervenant et qu'il défend l'intérêt du contribuable qui, in fine, fait les frais de cette drôle de farce. Il utilise un levier dont il dispose: son droit à nommer ou non le directeur proposé par le CA. Il faut le soutenir dans cette démarche.

mal pensant.

Le jury ISITE de février ça a été l'école des fans, à l'exception de Rennes tout le monde a été qualifié même sur la base de dossiers des plus légers. Que des établissements considèrent que ça ne vaut in fine vraiment pas la peine de perdre son autonomie pour un (petite) part d'un plat de lentilles n'est finalement guère étonnant. Par son intégration, dans les années 90, à l'intergroupe Centrale, l'ex ENSM a énormément gagné en notoriété et en visibilité (tout comme l'IDN devenue Centrale Lille), il est somme toute normal qu'elle souhaite ne pas galvauder cette crédibilité en se retrouvant noyée dans une nébuleuse universitaire.

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