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Paces : pas de sélection par tirage au sort… pour 2016

Virginie Bertereau  |  Publié le

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Au concours de PACES de la faculté Lyon Sud : plus de 1200 candidats jouent leur avenir.
En 2015, environ 7.600 étudiants avaient finalement fait leur rentrée en faculté de médecine ou pharmacie en Île-de-France. // © Virginie Bertereau

Beaucoup de buzz pour rien… Tous les lycéens franciliens qui en auront fait la demande pourront a priori avoir leur place en Paces (première année commune aux études de santé) à la rentrée 2016. Le ministère promettant de tout faire pour ne pas recourir au tirage au sort. Retour sur un drame en trois actes.

Acte I. Mercredi 4 mai 2016, un article du Monde annonce aux élèves franciliens de terminale visant la Paces (première année commune aux études de santé) qu'ils seront tirés au sort. Depuis le mois de janvier, la filière est passée en capacité limitée en Île-de-France. Tout le monde est au courant.

Mais, ce mercredi, le rectorat de Paris lâche un chiffre : il déclare pouvoir distribuer 7.500 places (sans compter celles réservées dans le cadre des expérimentations) dans les sept universités de la région à la rentrée 2016, pas plus.

En 2015, 8.143 étudiants ont été répartis par le Sadep (Service interacadémique d'affectation des étudiants). Le calcul est simple : plus de 600 étudiants pourraient théoriquement être recalés à la porte de leur filière rêvée, sans même avoir pu se frotter aux épreuves de milieu et fin d'année.


"Comme tout le monde peut s'inscrire en Paces, si la capacité d'accueil est dépassée en premier choix, le rectorat se doit de trouver des places ailleurs. Si tout est saturé, la procédure – dont nous n'avons pas la maîtrise, en tant qu'université – est un tirage au sort", déplore Jean-Luc Dubois-Randé, le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine.

Celle-ci s'est déclarée défavorable à cette "sélection aléatoire et inique" et favorable à l'exigence d'"un prérequis à l'entrée de Paces lors de l'inscription sur APB". Mais pour l'heure, le tirage au sort reste le seul moyen légal de sélectionner à l'entrée de l'université...

Le rectorat joue la prudence

Acte II. Jeudi 5 mai 2016, Thierry Mandon, le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur, le promet dans Libération : "Je ferai tout pour que le tirage au sort pour accéder en première année de médecine n'existe jamais : il n'y a pas plus stupide comme moyen de sélection, surtout pour accéder à des filières très sélectives."

Le rectorat de Paris n'a plus qu'à rétropédaler. Il annonce que "la première répartition de 7.500 places devrait être suffisante" et pourra "être ajustée si nécessaire". Dans son communiqué, il entend également "éviter le recours au tirage au sort et permettre à tout nouveau bachelier francilien de pouvoir suivre les études de son choix."

Je ferai tout pour que le tirage au sort en première année de médecine n'existe jamais : il n'y a pas plus stupide comme moyen de sélection. (T. Mandon)

Est-ce que "ça va passer" ?

Acte III. Conclusion : en juillet, chaque lycéen qui le souhaite aura-t-il sa place en Paces ? Selon le rectorat, 8.000 lycéens franciliens ont choisi la Paces en vœu n°1 sur APB en 2016. Une proportion sensiblement la même qu'en 2015. Et, l'an dernier, environ 7.600 étudiants avaient finalement fait leur rentrée en faculté de médecine ou de pharmacie.

"En théorie, tous les étudiants pourront accéder à la Paces",
affirme ainsi Rémi Patrice, le vice-président chargé des études médicales de l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Tout en soulignant l'extrême limite dans laquelle se trouvent les facultés côté capacités d'accueil.

Cela peut passer cette année, mais nous ne le saurons qu'en septembre, au moment des inscriptions. (F. Dardel)



"Cela peut passer cette année, mais nous ne le saurons qu'en septembre, au moment des inscriptions [s'il n'y a donc pas de tirage au sort préalable, ndlr]. Nous connaîtrons alors le taux "d'évaporation" des bacheliers affectés dans une université qui préféreront finalement s'inscrire dans une autre filière hors APB (Sciences po, écoles...)", nuance Frédéric Dardel, le président de Paris-Descartes.

À la rentrée 2015, son établissement, l'un des plus "saturés", avait dû dispatcher une vingtaine d'étudiants dans d'autres facs. En revanche, il n'est pas dit que les affectations ne soient pas modifiées à la rentrée...

Le problème reste entier

"Le risque [de recourir au tirage au sort] est donc plus que faible cette année, mais il pose le problème de l'admission libre en Paces, quel que soit le bac obtenu", souligne Jean-Luc Dubois-Randé. Le nombre de bacheliers attirés par la filière – aux chances très variables – est toujours supérieur au nombre de places disponibles.

Sans compter qu'à présent, les étudiants en kinésithérapie devront passer exclusivement par l'université pour accéder à leurs études. De plus, augmenter le nombre de candidats signifie également augmenter la sélection au concours...

Comment changer la donne ? Étudiants, universités, médecins, politiques y réfléchissent depuis longtemps... Mais, entre la présélection en début d'année, les expérimentations de filières "alter-Paces", l'orientation "très" active, le développement de passerelles... Rien n'a été vraiment tranché.

Virginie Bertereau  |  Publié le

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