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Portrait d’université. Paris-Descartes, la santé avant tout

Virginie Bertereau  |  Publié le

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Environ 1.880 bacheliers ont voulu s'inscrire à Paris-Descartes en 2015, soit au moins 100 de plus qu'en 2014.
Environ 1.880 bacheliers ont voulu s'inscrire à Paris-Descartes en 2015, soit au moins 100 de plus qu'en 2014. // © Virginie Bertereau

Colosse aux 30.000 étudiants, l’université "des sciences de l’homme et de la santé" Paris-Descartes brille en médecine sur le plan national et international. Mais, dans cet établissement pluridisciplinaire, la biologie et la santé se déclinent aussi dans d’autres filières. Avec la volonté d'expérimenter de nouvelles voies.

Université Paris-Descartes, fin de premier semestre. Ce jour-là, en amphi, une centaine d'étudiants découvrent l'origine des corps cétoniques dans le cadre d'un cours de biochimie en BYOD – pour "Bring your own device" (en français, "Apportez vos appareils personnels") – qui favorise l'interactivité avec l'enseignant. Ils ne sont pas en médecine mais en deuxième année de licence sciences pour la santé (ex-licence sciences biomédicales, renommée pour coller à la nomenclature du ministère). Une filière scientifique un peu particulière, où se mêlent biologie, biochimie, chimie et physique. L'idée est de comprendre le fonctionnement de l'humain.

Un exemple de l'interdisciplinarité et de l'interaction avec la santé recherchées par l'université dont plus de la moitié suit un cursus dans ce secteur . "Des facs de sciences, il y en a en France. Des facs de sciences pour la santé, il y en a moins", résume Karine Le Barch, responsable de la licence sciences pour la santé. Ici, les étudiants peuvent aborder l'ADN sous l'angle de la chimie, de la physique et de la toxicologie.

Autre initiative de ce type : la licence expérimentale frontières du vivant, ouverte en septembre 2011 par François Taddéi au sein du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires). Un "joyau" de Paris-Descartes, hors Admission post-bac, qui forme de petites promotions de scientifiques généralistes sensibilisés à la recherche sur le vivant.

Cours de biochimie en BYOD dans un amphi de Paris Descartes // © Virginie Bertereau

Cours de biochimie en BYOD dans un amphi de Paris-Descartes // © Virginie Bertereau

La médecine, une vitrine

"L'université des sciences de l'homme et de la santé". Telle est la "devise" de Paris-Descartes, selon Frédéric Dardel, son président. L'établissement universitaire est avant tout réputé pour sa faculté de médecine, qui rassemble un tiers des étudiants de l'université. Chaque année, ils excellent à l'ECN (examen classant national) de fin de sixième année : la moitié des candidats qu'il forme figurent dans le top 2000 (premier quart du classement).

Dans le domaine médical, il s'impose également en matière de recherche, y compris au niveau international. Au classement de Shanghai 2014, il se situe dans le groupe des 51-75 meilleures universités en médecine clinique et pharmacie. C'est surtout le leader français du ranking. "La moitié de notre activité de recherche tourne autour de la biologie et de la santé au sens large", justifie Frédéric Dardel. L'université comprend l'une des plus grandes concentrations d'unités Inserm de France.


Paris Descartes, sur le site de Cochin // © Virginie Bertereau
Paris-Descartes, sur le site de Cochin // © Virginie Bertereau

La licence alter-PACES : un chantier phare

Mais Paris-Descartes ne se repose pas sur ses lauriers. Elle fait partie des universités qui expérimentent une autre voie d'accès aux filières de santé. Le projet "licence alter-Paces", commun à Paris 7, Paris 13, Saint-Étienne et Tours, offre ainsi à des étudiants de L2 ou de L3 la possibilité d'intégrer une deuxième année de médecine, d'odontologie, de pharmacie ou de sage-femme [voir encadré].

Pourquoi ce chantier ? "Pour avoir des profils d'étudiants différents. Tout le monde est insatisfait de la Paces. De plus, il n'était pas envisageable pour la plus grosse faculté de santé de France de passer à côté. Enfin, il s'agit de soutenir la filière pharmacie, qui souffre trop de la concurrence avec les autres filières santé dans le choix des concours", explique Marie-Agnès Sari, professeur de biochimie, responsable pédagogique de la Paces.

Séance d'exercice en PACES à Paris Descartes en vue du concours de milieu d'année // © Virginie BertereauSéance d'exercice en PACES à Paris Descartes en vue du concours de milieu d'année // © Virginie Bertereau
Séance d'exercices en Paces à Paris-Descartes en vue du concours de milieu d'année // © Virginie Bertereau

Quand la santé se mêle au droit

Les autres disciplines de l'université (droit, économie, sciences humains et sociales...) ne sont pas en reste et développent des interactions avec le secteur de la santé. "La faculté de droit a développé une compétence particulière autour – entre autres – du droit de la santé, détaille Frédéric Dardel. En son sein, on trouve la première unité Inserm labellisée qui soit un laboratoire de sciences juridiques. L'Inserm a considéré qu'il devait se développer vers le droit et l'économie de la santé. Pour le droit de la santé, il a choisi Paris-Descartes."

Autre exemple : en licence d'informatique, un nouveau cours abordé sous l'angle des questions biologiques ouvre en janvier 2015.

La licence alter-Paces en détail
Pour cette première année d'expérimentation, la passerelle n'a été ouverte à Paris-Descartes qu'aux étudiants de licence sciences pour la santé. Par la suite, l'alter-Paces sera accessible à toutes les licences de l'université (droit, sciences sociales, psychologie, sciences de l'éducation, etc.) Une vingtaine de places sont donc offertes à 200 étudiants de L3 sciences pour la santé. Un dispositif réservé aux meilleurs étudiants (il faut faire partie du premier quart de la promotion), qui n'ont jamais redoublé et n'ont jamais tenté, ou seulement une fois, un concours en Paces. Motivation et expérience entrent aussi en ligne de compte.

Plus facile l'alter-Paces ? Pas vraiment... "Les étudiants doivent suivre des cours en ligne supplémentaires (environ 200 heures) dans 4 modules : un de sciences dures, un de biologie, un de santé – obligatoire – et un tourné vers les sciences humaines et sociales, le droit, la psychologie. La formation complémentaire dépend de la filière santé choisie et de la licence de provenance", explique Marie-Agnès Sari, professeur de biochimie, responsable pédagogique de la Paces. Ces cours en ligne se mettent doucement en place.


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