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Entretien | Gouvernance, Politique

Thierry Coulhon: "Je parierais pour un classement de PSL dans Shanghai en 2018"

Morgane Taquet  |  Publié le

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Thierry Coulhon, président de PSL (Paris Sciences et Lettres)
Thierry Coulhon, président de PSL (Paris Sciences et Lettres) // © PSL

Une université intégrée mais sans fusion. Thierry Coulhon, président de PSL (Paris Sciences et Lettres), fait le point sur la construction de cette troisième voie, six mois après la décision du jury Idex de renouveler la période probatoire du regroupement.

En avril 2016, PSL, tout comme Sorbonne Universités et Paris-Saclay, a vu sa période probatoire renouvelée, le jury attendant que vous précisiez votre modèle d'université, ainsi que l'adhésion des établissements à ce projet. Six mois plus tard, où en êtes-vous ?

C'est un travail qui a commencé dès le lendemain des résultats. Nous avons organisé plusieurs séminaires pour réfléchir collectivement à ce que doit être une université intégrée. Nous avons consolidé notre stratégie dans un document de travail, nous travaillons actuellement sur la V10. Nous réfléchissons à un modèle qui englobe les établissements tout en préservant leurs personnalités morales. Les établissements continueront à voter leurs budgets, à recruter eux-mêmes. Et nous allouerons les moyens sur un modèle de contractualisation interne.

La question centrale est celle du cadre budgétaire que nous voulons instaurer. L'année dernière, nous avons entamé avec les établissements un processus de dialogue budgétaire, afin de voir quelle aide PSL pouvait leur apporter. Aujourd'hui, nous passons à une nouvelle étape, en mettant en commun l'information sur les stratégies RH des établissements (besoins, recrutements passés, etc.). Une conférence RH sera organisée d'ici décembre pour cette mise en commun.

Vous devez rendre votre copie à l'automne 2017. Pensez-vous convaincre le jury et son président, Jean-Marc Rapp, qui disait, au lendemain des résultats, que vous n'aviez pas encore "fourni une trajectoire suffisamment claire et convaincante au regard des objectifs de l'Idex" ?

Jean-Marc Rapp souhaite que nous réussissions, d'autant qu'il mesure l'importance des transformations à venir. La fusion, dans notre cas, n'a pas de sens. Quand on fusionne, il faut reconstituer des composantes fortes, et choisir sur lesquelles s'appuyer. À PSL, nous avons déjà ces "faculties", notre modèle est donc institutionnellement assez naturel. D'ici la fin de l'année ou au tout début 2017, nous procéderons donc à une série de consultations auprès des établissements sur notre projet final.

Aujourd'hui, le sujet est d'écrire ces règles plus vite que l'on ne les fera vivre réellement. Il y a quelques années, la construction des universités nouvelles s'est faite en l'espace de dix ans, nous allons faire les choses beaucoup plus rapidement. Regardez comme l'ENS a évolué, entre l'image qu'on pouvait avoir de l'institution et son positionnement aujourd'hui, l'écart est énorme ! Il faudra sans doute un peu de temps pour que le modèle soit bien huilé, que le dialogue budgétaire se mette bien en place. Alors, répondons-nous aux demandes du jury ? Je crois que oui.

La fusion, dans notre cas, n'a pas de sens.

Quelle est l'adhésion au projet PSL en interne ?

Chacun des acteurs a choisi de s'engager dans ce projet, reste à l'écrire. Nous nous réunissons toutes les deux semaines avec les établissements. Le dialogue est franc et vif, mais nous cherchons un équilibre, car tout le monde veut y aller.

Comment travaillez-vous sur la gestion des marques au sein d'un ensemble intégré ?

Le point de vue de PSL a toujours été de nous appuyer sur les marques, et non pas de les faire disparaître. Il serait impensable de vouloir se débarrasser de marques comme le Collège de France, Paris-Dauphine ou l'ENS ! Nous avons mis en place une signature commune des publications scientifiques. Nous sommes passés de 4 % de signature commune fin 2014 à 40 % aujourd'hui, c'est simplement une question de temps.

Il y a un an, peut-être que les chercheurs ne savaient pas ce qu'était PSL. Cette année, j'ai multiplié les rentrées, les conseils d'administration, les assemblées générales des établissements… Je peux vous dire que le terrain est extrêmement favorable.

Où en êtes-vous de votre objectif d'intégration de PSL dans les classements ?

Si la simulation avait été trop peu au-dessus du classement de l'ENS seule, nous aurions fait marche arrière. Mais l'affaire est tranchée, la simulation réalisée par le chargé de mission Daniel Egret place PSL à la 25e place dans le classement de Shanghai, et celle réalisée par THE (Times Higher Education) nous place au 39e rang dans son propre classement. Quand le directeur exécutif du classement de Shanghai, Ying Cheng, est venu à Paris il y a quelques semaines, après discussions, il s'est avéré que nous prenions finalement la 22e place !

Ying Cheng nous a dit plusieurs choses. Il a dit être convaincu qu'il fallait représenter dans les classements le paysage français tel qu'il se dessine aujourd'hui, avec les regroupements. Dans ce contexte, il s'est dit sensible à l'alternative que nous proposons à PSL, à savoir une alternative au modèle anglo-saxon. Enfin, il nous a aussi affirmé que si l'État français fournissait une liste des établissements classables, ils y prêteraient attention.

J'ai donc demandé un rendez-vous à Thierry Mandon, que je rencontre prochainement. Pour la première fois, trois pôles de niveau mondial sont en train de se constituer à Paris, et les Chinois prennent parfaitement la mesure de ces transformations. Je ne sais pas pour 2017, mais je parierais volontiers pour un classement de PSL dans Shanghai en 2018.

Morgane Taquet  |  Publié le

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