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Philippe Raimbault : "Un modèle commun d'université de site doit émerger"

Frédéric Dessort, correspondant à Toulouse
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Le siège de l'Université fédérale de Toulouse
L'Université fédérale toulousaine compte 29 membres. // ©  Aurélie Garriga / UFTMP
Directeur de Sciences po Toulouse, Philippe Raimbault a pris les rênes de l'Université fédérale de Toulouse – Midi-Pyrénées le 1er juillet 2016, succédant à Marie-France Barthet. Au cœur de la feuille de route du nouveau président, figure un dossier crucial : celui de la reconquête de l'Idex.

Philippe  RAIMBAULT Président de l'Université fédérale Toulouse-Midi-PyrénéesAprès la perte de l'Idex en juin 2016, l'Université fédérale toulousaine s'est vue octroyer un soutien financier de 7 millions d'euros par an jusqu'à 2018. En contrepartie, elle doit travailler sur un projet d'université intégrée de recherche reconnue comme telle à l'international. Comment répondez-vous à cette demande ?

Dès que nous avons appris la nouvelle, l'UFT-MP a formé un comité d'orientation stratégique. Composé de six personnalités extérieures et de six autres provenant du site, il s'est déjà réuni trois fois. Il interagit avec des représentants de groupes de travail, associant des membres des collèges du conseil d'administration.

Sans préjuger du scénario final, j'ai demandé que toutes les options soient mises sur la table, y compris celles relevant de tabous. Par exemple, nous n'excluons pas que les diplômes de master et de doctorat soient remis par l'UFT-MP ou une fusion des établissements.

L'enjeu est, à la fin de l'année, de converger vers un projet que nous soumettrons au vote du conseil d'administration. Nous proposerons aux établissements membres d'en faire de même.

Dans vos échanges avec le ministère, avez-vous reçu la demande explicite d'aller vers la fusion ?

Non, cela n'a jamais été dit formellement, et il ne semble pas que ce soit l'alpha et oméga de la vision de l'État en ce qui nous concerne. Il s'agit surtout de clarifier l'image de l'Université de Toulouse à l'international et de mieux coordonner nos forces, notamment en matière de recherche.

Parmi les pistes de travail que nous ébauchons, nous réfléchissons par exemple à la création d'instituts pluri ou transdisciplinaires, à partir desquels pourront émerger des formations innovantes.

En tout état de cause, il semble que le cadre juridique de l'UFT-MP soit insuffisant pour répondre à cet enjeu d'intégration. D'un autre côté, une vraie fusion nous amènerait à exclure les écoles d'ingénieurs, ce que, a priori, nous ne souhaitons pas. De manière plus générale, la difficulté réside dans l'ampleur et la complexité de notre site : il comporte d'importantes écoles d'ingénieurs, une multitude d'organismes de recherche, de nombreuses tutelles ministérielles...

 Il ne semble pas que la fusion soit l'alpha et oméga de la vision de l'État en ce qui nous concerne.

C'est le cas également des sites de l'Université de Lyon et de Paris-Saclay, dont je vais solliciter les dirigeants. Mon souhait est de leur proposer de faire émerger un modèle commun d'université de site. Sur ce point, je suis soutenu à Toulouse.

Quelles sont vos autres priorités de ce début de mandat ?

L'un de mes premiers objectifs sera de renforcer la communication dans plusieurs secteurs, afin de mieux valoriser certains de nos acquis, à l'image du Welcome Desk, qui connaît un succès important : près de 40.000 étudiants y sont passés l'année dernière.

Nous allons par ailleurs lancer une nouvelle offre d'accompagnement à la mobilité, tant pour les étudiants que pour les chercheurs. Ces derniers auront aussi la possibilité d'accéder à des formations d'anglais, une langue qui n'est pas forcément maîtrisée par tous.

Enfin, nous avons pu contenir les répercussions de la perte de l'Idex sur les personnels en CDD, dont les emplois seront conservés jusqu'à la fin 2017.

Aller plus loin
- Lire la biographie EducPros de Philippe Raimbault 

Frédéric Dessort, correspondant à Toulouse | Publié le

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Joseph Saint Pierre.

Bonjour. En tant qu'universitaire toulousain je suis assez perplexe sur les diverses appellations, Pôle Universitaire Européen, Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur, Communauté d'Université et d'Établissements, Université Fédérale etc. Pendant plus de 20 ans j'ai travaillé dans un service commun des universités toulousaines créé suite à la séparation de l'université de Toulouse en 5 établissements en 1969. J'étais dans le Centre Inter Universitaire de Calcul de Toulouse qui a été détruit en 2011 en même temps que les universités issues de scission de 1969 négociaient pour leur réunification. À mon avis le terme de fusion ne me semble pas vraiment approprié et je préfère celui de réunification. Comme le signale Sirius les établissements restent chez eux et semble même renforcer même leur particularisme disciplinaire. En étant maintenant membre de l'université scientifique, Toulouse 3, et non plus d'un service inter universitaire je suis presque exclusivement désormais confronté à des "scientifiques". Je voudrais montrer à partir d'une anecdote les limites du modèle toulousain. Le mardi 31 mai dernier j'ai assisté à un café café du Quai des Savoirs sur le sujet passionnant «Le changement climatique : comprendre et agir», ce café était organisé par l'université fédérale de Toulouse en partenariat avec le Quai des Savoirs. Je suis mathématicien mais je suis très intéressé par les aspects, économiques, historiques, philosophiques du changement climatique. Il y avait quatre personnes pour présenter le sujet : Valérie Le Dantec, Maître de conférences à l’Université Toulouse III-Paul Sabatier, Centre d'Etudes Spatiales de la BIOsphère – CESBIO - (Université Toulouse III-Paul Sabatier/CNRS/IRD/CNES) Catherine Jeandel, Directrice de Recherche CNRS, Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales - LEGOS (Université Toulouse III-Paul Sabatier/CNRS/ IRD/CNES) Guillaume Simonet, Chercheur indépendant, Adaptation aux Changements Climatiques, Chercheur associé à l’Institute of Climate Economics - I4CE. Stéphane Thépot, journaliste correspondant au Monde et au Point La présentation du sujet a été essentiellement assurée par Valérie Le Dantec, ce fut une bonne présentation scientifique du sujet. C'est uniquement au moment du débat et des questions des personnes dans la salle que les questions sociales sont arrivées. Je me souviens avoir très fortement pris conscience des enjeux; du changement climatique lors d'une brillante conférence le 9 décembre 1997 par le philosophe, sociologue Bruno Latour, dans un très grand amphithéâtre de l'université Toulouse 2, la conférence était intitulée «Politique de la Nature» c'était l'époque de la conférence d Kyoto sur le climat. À l'époque je fréquentais très souvent l'université Toulouse 2, où j'ai été étudiant et enseignant avant de travailler dans le centre de calcul. C'est en tant que citoyen que je suis intervenu pour évoquer les questions philosophiques posées par le changement climatique et en citant Bruno Latour. Toulouse semble particulièrement bien placée pour aborder le sujet du changement climatique, il y a Météo France et l'école nationale de ma météorologie mais aussi une école d'économie très renommée avec des personnes qui font partie du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC et des spécialistes de sciences sociales assez proches des sujets abordés par Bruno Latour. Il pourrait y avoir une réflexion transversale sur les enjeux du changement climatique dans l'université toulousaine. Malgré ses qualités le café souffrait, à mon avis, d'une présentation trop strictement scientifique, ce qui correspond à ce que je trouve triste dans l'université Toulouse 3. Il se trouve que le 31 mai 2016 il y avait une conférence à Paris avec Philippe Descola et Bruno Latour où il était très fortement question du changement climatique sur un plan anthropologique, historique, sociologique. Cette conférence très intéressante et très agréable est disponible en vidéo sur le site France Culture : http://plus.franceculture.fr/au-dela-de-la-dichotomie-nature-culture Mais aussi ici: https://vimeo.com/169099604 En insistant sur les aspects administratifs et institutionnels les universitaires toulousains passent à côté de sujets très importants qui nécessitent une pluralité d'approches ce qui est très difficile dans des établissements spécialisés et repliés sur eux. Très cordialement. Joseph Saint Pierre https://mapdata.science/~stpierre

Sirius.

Si la réflexion est sans tabou, alors disons les choses clairement. Il faut mettre fin à la prétendue "Université fédérale", qui n'avait pour objet que de faire semblant de s'unir tout en restant chacun chez soi. Ce pseudo concept est indéfendable. Il a été condamné par le jury des Idex. Il n'a aucune chance de réussir au plan international. Une "université" composée de plusieurs université n'existe nulle part dans le monde. Sauf pour ceux qui se réfèrent à des "modèles" qu'ils ne connaissent pas. De vraies solutions existent. Et l'argument répété sans arrêt, selon lequel "une vraie fusion nous amènerait à exclure les écoles d'ingénieurs" ne tient pas. D'une part les universités peuvent fusionner et les écoles s'associer à l'université unique. D'autre part un statut de "grand établissement" permettrait de rassembler tous les établissements dans une seule entité.

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