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Regards sur l'éducation 2013 : une réussite relative des étudiants français

Sandrine Chesnel
Publié le
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Rendu public ce mardi 25 juin, le rapport Regards sur l’Education 2013 présente des résultats mitigés pour la France : si les étudiants y réussissent mieux qu'ailleurs, les jeunes sans qualification y sont aussi davantage touchés par le chomage. Quant aux enseignants français, ils restent moins bien rémunérés que la moyenne.

Le rapport Regards sur l’Education 2013 a été publié le 25 juin, en non en septembre comme c'est habituellement le cas, dressant un état des lieux de l’éducation dans les 34 pays membres de l’OCDE.
Rédigé par Eric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE, il s’organise cette année autour de trois thèmes : l’environnement pédagogique et scolaire dans le primaire et le secondaire, les effets de la crise sur le chômage des jeunes, et le développement de l’enseignement supérieur dans les pays de l’OCDE et en France – ce dernier thème occupant à lui seul près de la moitié de la note consacrée à la situation française.

enseignement supérieur français : une réussite relative

Le taux de réussite dans l’enseignement supérieur français, au-dessus de 75%, est globalement plus élevé que dans l’ensemble des pays de l’OCDE, tout comme en Autriche, au Danemark, en Espagne, en Finlande, et au Japon. A l’autre bout de l’échelle, ce taux n’atteint pas 60% aux Etats-Unis, en Hongrie, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et en Suède.

Etonnamment, cette relative réussite de ses étudiants dans l’enseignement supérieur ne permet pas à la France de se classer parmi les pays dans lesquels le bénéfice d’un diplôme du supérieur est le plus élevé. En effet, dans l’ensemble de l’OCDE, les titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ont en moyenne un revenu supérieur de 57% aux titulaires d’un seul diplôme du secondaire. Mais en France, le diplôme de l’enseignement supérieur ne rapporte "que" 47% de plus à son titulaire. Soit un avantage net (rapport entre la somme investie et la somme perçue sur toute une carrière) de 8,9% pour les femmes et 10,1% pour les hommes. L’avantage net est, en revanche, de plus de 15% en Estonie, Hongrie, Pologne, République slovaque, République tchèque, Slovénie, Turquie.

les non-diplômés davantage touchés par la crise

En France comme ailleurs, le diplôme reste la meilleure arme anti-chômage, particulièrement par temps de crise, même s’il ne garantit pas l’emploi. Les effets de la crise se ressentent particulièrement sur le taux de chômage des jeunes sans qualification. En augmentation partout, il atteint 23,3% en 2011 en France, contre 18,1% en moyenne dans l'OCDE. Les titulaires du bac sont quant à eux 11,4% à chercher un emploi, alors qu'ils sont 9,5% dans ce cas dans les autres pays étudiés.
En revanche, avec 6% de chomage pour les diplômés du supérieur, la France se situe "presque deux points de pourcentage en dessous du taux moyen des pays européens et un point au dessous de la moyenne OCDE".

Opportunément, le rapport souligne plus loin que le pourcentage de diplômés du supérieur chez les Français âgés de 25 à 34 ans est en hausse sur 30 ans, à 43% (39% pour la moyenne des pays de l’OCDE). Un pourcentage qui grimpe jusqu’à 55% en Corée, au Japon, au Canada et en Russie.

Le taux de chômage des jeunes sans qualification atteint 23,3% en France, contre 18,1% en moyenne dans l'OCDE

des doctorants étrangers inscrits en sciences "dures"

En France 1,6% des jeunes est titulaire d’un doctorat – soit très précisément la moyenne des pays de l’OCDE. En Allemagne, en Autriche, en Chine, au Danemark, en Finlande, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse, ce taux dépasse 2%.
23% des doctorants tous pays confondus ont choisis un domaine des sciences "dures" – un pourcentage qui grimpe à 35% en France, en Israël et au Chili.
Un tiers des docteurs diplômés en France sont des étudiants étrangers. Le rapport ne dit pas si cette proportion d’étudiants étrangers s’explique par l’attractivité de la recherche française, ou par la peur des étudiants nationaux de s’y engager.

la france, troisième pays d'accueil des Etudiants étrangers

6% des étudiants étrangers ont choisi la France, où ils représentent presque 12% des effectifs. Le pays le plus recherché reste les Etats-Unis (17% de l’effectif mondial d’étudiants étrangers), devant le Royaume-Uni (13%), puis l’Australie et l’Allemagne, tous deux à égalité avec la France.

De nouveaux pays émergents commencent à capter une part de ces étudiants : la Corée, l’Espagne, la Nouvelle-Zélande. Cette concurrence nouvelle incite de plus en plus de pays non anglophones à proposer des cours en anglais dans certaines filières. C’est le cas notamment dans les pays nordiques.

sous-Financement relatif de l'enseignement supérieur français

La part du financement privé dans l’enseignement supérieur atteint 32% en moyenne dans les pays de l’OCDE, mais 18% en France. Sur la période 2005 à 2010, l’investissement dans l’enseignement supérieur a augmenté de 15% en France, contre 8% en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE (11.514€ par an et par étudiant en France).
Les pays dépensant le plus pour les étudiants (au-delà de 13.756€) sont le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la Norvège, la Suède, et la Suisse. 

Le rapport souligne enfin que les frais à la charge des étudiants sont peu élevés en France tout comme en Autriche, en Belgique, en Espagne, en Italie, au Portugal, et en Suisse. A l’inverse, dans un tiers des pays observés, les étudiants doivent s’acquitter de frais de scolarité supérieurs à 1.146€ par an.

Les enseignants français mal rémunérés, surtout en primaire

La première partie de la note sur le France de Regards sur l’Education 2013 est consacrée au primaire et au secondaire. Elle s’attarde particulièrement sur les conditions de travail et de rémunération des enseignants. Des conditions moins favorables que dans la moyenne des pays de l’OCDE. Ainsi, par exemple, le salaire moyen d’un enseignant français du primaire avec 15 ans d’ancienneté s’établit à 25.275€ contre 29.075€ en moyenne dans les pays de l’OCDE. Un salaire en recul (en valeur réelle) sur la période 2000-2011, alors qu’il a augmenté dans la plupart des pays.

La différence de salaire entre le premier et le second cycle est particulièrement marquée en France où les enseignants de primaire gagnent 9% de moins que ceux de collège, contre 5% en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Par ailleurs, malgré les réformes mises en place en France pour augmenter les enseignants débutants en 2011, la note souligne que ceux-ci restent inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE : l'écart est de 11% en primaire, 5% au collège et 8% au lycée.

Sandrine Chesnel | Publié le

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