Quand des étudiants de l'INSEEC aident des entrepreneurs québecois à s'implanter en France

Étienne Gless
Publié le
Envoyer cet article à un ami
L'Inseec
L'Inseec // ©  Inseec
En janvier et février 2014, 150 élèves de deuxième année du master en management international de l'INSEEC ont travaillé avec des PME québécoises sur leur stratégie d'implantation en France. Plus formateur que le classique "study case" ?

Diagnostic des forces et faiblesses de l'entreprise, préconisation de stratégie d'implantation, plan d'actions avec prise de rendez-vous d'affaires avec des prospects… Du 7 janvier au 20 février 2014, 150 étudiants de deuxième année du master en management international de l'INSEEC ont planché pour le compte de 13 petites entreprises de la Belle Province en quête de débouchés en Europe, en particulier sur le marché français. 13 PME dirigées par de jeunes managers (36 ans maximum) dans des secteurs aussi disparates que le Web, le design d'intérieur, l'agroalimentaire, les biotechs ou le prêt-à-porter.

groupes d'étudiants en concurrence

"La délégation générale du gouvernement du Québec à Paris a sollicité les services de l'INSEEC pour que nos étudiants aident certaines de leurs jeunes entreprises mentorées à prendre pied sur le Vieux Continent", raconte Lionel Maillé, coordonnateur de la majeure management international de l'INSEEC.

C'est l'attaché économique de la délégation du Québec à Paris qui a expliqué aux étudiants leur mission. "Pour chaque entreprise, deux groupes d'étudiants étaient mis en concurrence et planchaient chacun de leur côté", précise Lionel Maillé. Intérêt de cette mise en compétition : au-delà de l'émulation, mettre au point des stratégies commerciales complémentaires et dénicher le plus de contacts possibles pour les chefs d'entreprise québécois, avec lesquels les étudiants étaient en contact via Skype, dans cette phase de diagnostic.

La deuxième étape a consisté à élaborer des stratégies d'implantation : pour une PME de l'agroalimentaire, entrer sur le marché par le circuit de l'épicerie fine plutôt que la grande distribution, pour un petit fabricant de bijoux, commercialiser ceux-ci dans les boutiques de musées parisiens...
Les étudiants ont ensuite décliné cette stratégie dans un plan d'actions et organisé des rendez-vous d'affaires avec des acteurs du marché français.

Cas réel vs exercice de simulation

Au lieu de se limiter à un exercice de simulation, ce dispositif pédagogique plonge ainsi les étudiants dans une situation réelle, ce qui s'inscrit, indique Julien Depauw, directeur des études et de l’innovation de l’INSEEC, dans la "logique de professionnalisation" de l'école.

Mais Lionel Maillé ne cache pas qu'il a fallu procéder à un "sérieux" recadrage de ses étudiants en début de session : "Le diagnostic des forces et faiblesses avait été réalisé en dilettante" mais "après une bonne engueulade", les étudiants ont fini par se prendre au jeu et s'approprier le projet. "C'était très net quand les étudiants ont rencontré physiquement les entrepreneurs québécois mi-février à Paris : là, j'ai senti une vraie motivation. Par Skype, ce n'était pas pareil." Et de raconter comment les étudiants se sont démenés durant quatre jours pour décrocher des rendez-vous avec des entreprises françaises puis intéresser les prospects potentiels aux produits et services des PME québécoises.

Confrontés à la réalité d'une mission commerciale, les étudiants ont aussi pu avoir un retour des entrepreneurs sur l'efficacité de leur travail et nouer des contacts qui leur seront peut-être utiles dans leur future vie professionnelle, estime l'INSEEC. Satisfaite, l'école entend bien reconduire l'expérience.


Étienne Gless | Publié le

Vos commentaires (1)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Henriette Jost.

Bravo Lionel, la réalité rejoint la théorie, la dépasse et de ce fait multiplie les forces pour atteindre le but ! Face à l'epreuve les forces se décuplent. Un exemple qui ne doit pas restr unique en son genre!