Newsletter

Aux États-Unis, les écoles d'informatique "bootcamp" réagissent aux critiques

Jessica Gourdon
Publié le
Envoyer cet article à un ami
General Assembly
Les écoles bootcamp de programmation informatique américaines (ici General Assembly) ont formé plus de 17.000 personnes aux États-Unis en 2016. // ©  General Assembly
REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. En plein essor aux États-Unis, les écoles de programmation informatique proposant des cursus éclair connaissent un premier revers. Elles font face à la déception des étudiants, relate Bloomberg. Pour rassurer élèves et employeurs, ces formations jouent la carte de la transparence.

Depuis cinq ans, les écoles qui enseignent à leurs élèves la programmation informatique de manière éclair – avec des cursus intensifs et resserrés dans le temps – ont fleuri partout aux États-Unis. Selon une étude de l'organisme Course Report, il en existerait 91 dans le pays, ayant diplômé, en 2016, 17.900 personnes. Un chiffre multiplié par sept en trois ans.

Le message des écoles "bootcamp" est séduisant : elles vendent à leurs étudiants une insertion professionnelle facile au terme d'un cursus de 12 à 20 semaines, des salaires très attractifs et un métier valorisant. En ces temps de pénurie de développeurs, ces formations n'ont pas eu de mal à attirer de nombreux adultes en quête de reconversion, mais aussi des jeunes désirant un complément de formation avant de se lancer sur le marché du travail.

Certaines écoles poursuivies en justice

Mais les promesses de ces écoles sont-elles vraiment tenues ? Une longue enquête de Bloomberg, parue en décembre 2016, montre comment de nombreux élèves ont été "déçus" par les débouchés professionnels. L'article relate que certains employeurs jugent insuffisant l'enseignement des écoles "bootcamp", les étudiants n'ayant que des notions "très basiques" et manquant de perspective.

Ces formations, parfois très chères (le coût moyen étant de 11.000 dollars, soit 10.300 euros), peu régulées et souvent gérées par des structures à but lucratif, ont notamment été accusées de publicité mensongère sur les débouchés. Certains élèves ont même poursuivi en justice leur établissement – Coding House est actuellement en procédure d'appel.

Des partenariats avec les universités

Pour redorer leur blason, 31 de ces écoles se sont rassemblées autour d'un institut, The Council on Integrity in Results Reporting (CIRR), qui s'est engagé à diffuser un état des lieux régulier et standardisé des débouchés de leurs élèves. Le premier rapport vient de sortir. On y apprend que les diplômés du premier semestre 2016 touchent un salaire médian de 70.400 dollars, que 92 % ont un emploi et 80 % un poste qui correspond à la formation suivie. Des données sont également disponibles école par école.

Par ailleurs, de plus en plus de ces institutions nouent des partenariats avec des universités, comme le raconte un article du Chronicle of Higher Education. Une manière, pour ces écoles, de rassurer étudiants et employeurs sur la solidité de leurs formations. Et de gagner en légitimité.

Lire aussi

L'article de Bloomberg (en anglais)
L'article du Chronicle of Higher Education (payant, en anglais)

Jessica Gourdon | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires