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CentraleSupélec repense ses recrutements

Clément Rocher
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CentraleSupélec repense ses recrutements
La diversification du profil des étudiants, nouveau chantier des écoles d'ingénieurs, et de CentraleSupélec. // ©  CentraleSupelec
CentraleSupélec doit faire face à de nouveaux enjeux notamment celui de la diversification de ses élèves. L'école francilienne s'est lancée dans le recrutement au sein des prépas BCPST et envisage même de piocher chez les khâgnes BL.

Depuis plusieurs mois, la thématique de l’inclusion et de la diversité est au cœur des réflexions des écoles d’ingénieurs. À son tour, CentraleSupélec souhaite affermir sa position au sujet de la diversité de son recrutement. En effet, 85% des élèves ingénieurs sont issus d’une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) en maths-physique (MP), et une très grande majorité d’entre eux viennent de la région parisienne. "Cela nous pose un certain problème de diversité de nos recrutements", lance Philippe Dufourcq, directeur général adjoint de l'établissement francilien.

Recrutement de biologistes et chimistes

Pour y remédier, CentraleSupélec a décidé de recruter dans les classes préparatoires biologie, chimie, physique et sciences de la Terre (BCPST). Ainsi, vingt-cinq étudiants issus de cette filière scientifique vont démarrer un cursus ingénieur à la rentrée 2020. Au passage, cela permet à l'établissement de féminiser ses effectifs. Comme beaucoup de grandes écoles d'ingénieurs généralistes, CentraleSupélec compte un faible taux de filles dans ses effectifs, de 19% selon le classement 2019 des écoles d'ingénieurs de l'Etudiant.

"Notre modèle jusqu'à présent est de faire entrer des élèves forts en maths-physique et de passer beaucoup de temps à les renforcer dans d'autres domaines, comme l'économie ou les sciences sociales. Là, nous allons faire un peu l'inverse : faire entrer des élèves différents que nous pouvons parfaitement remettre à niveau en MP. Nous nous faisons fort de les mettre à niveau au bout des trois années du cycle ingénieur", ajoute le dirigeant.

Et aussi des khâgnes BL à terme ?

L’école d’ingénieurs réfléchit également à la possibilité de recruter en khâgnes BL (lettres et sciences sociales). Philippe Dufourcq prévient toutefois d'emblée que "l’excellence en mathématiques et physique doit perdurer".

L’établissement envisage ainsi d’augmenter ses effectifs en passant de promo de 850 étudiants à près de 1.000 étudiants. Dès l'année universitaire 2019–2020, l'école devrait ainsi intégrer 900 élèves ingénieurs.

CentraleSupélec poursuit aussi son avancée dans la formation par apprentissage en accueillant sa deuxième classe d’apprentis sur le campus de Rennes, tandis que celui de Metz s'ouvrira également aux apprentis à partir de la rentrée 2019. Par ailleurs, la voie universitaire n’est pas non plus un frein pour rentrer en école d’ingénieurs. Environ 35 étudiants issus d’une licence de mathématiques ou de physique et "justifiant d’un très fort talent" rejoignent l’école d’ingénieurs à la rentrée.

Cette réforme va changer l’intégralité du système. Et la classe prépa est prise entre le marteau et l’enclume.
(P. Dufourcq)

"Le nouveau baccalauréat va augmenter la diversité des élèves", affirme Philippe Dufourcq. Le directeur général adjoint de CentraleSupélec fait part de son positionnement concernant la prochaine réforme qui va affecter les classes préparatoires aux grandes écoles. "Il faut s’adapter à cette diversité d’entrants et sensibiliser les jeunes aux sciences de l’ingénieur. On veut leur aménager des voies avec un volume de mathématiques plus faible."

"Cette réforme va changer l’intégralité du système, poursuit-il. La classe prépa est prise entre le marteau et l’enclume, il faut beaucoup plus associer l’enseignement supérieur à cette réforme". Le projet de réforme est actuellement toujours en discussion entre les différentes parties et la question de la diversité demeure plus que jamais d’actualité.

Un métier en pleine mutation

Cette réflexion autour de la diversité s'inscrit dans la transformation du métier d'ingénieur. "Les étudiants sont en quête de sens, les ingénieurs sont maintenant plus audacieux, multidisciplinaires et agiles", affirme Philippe Dufourcq.

Pour lui, face aux enjeux auquel le monde est désormais confronté, notamment le réchauffement climatique, "les étudiants cherchent à retrouver une dimension éthique", en adéquation avec leurs valeurs, au sein même de leur formation.


Clément Rocher | Publié le

Vos commentaires (3)

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Julie Delbach.

Perso je trouve ça très bien de sa part de «condescendre »à nous ouvrir les portes de ces écoles ...ce sera bien le seul à l’avoir fait . Quand j’ai fait mes études j’aimais autant la littérature que les sciences et et à l'époque on ne m’a pas vraiment donné le choix . Alors pour une fois que quelqu’un essaye de bouger le système on pourrait plutôt l’en remercier .

Elizabeth.

Absolument pas d’accord . Si la difference de niveau entre les filières S et L du lycée est mince , ce n’est certainement pas le cas à la suite d’une formation en classe préparatoire. Un élève de MP qui postule à un concours littéraire aura certainement beaucoup moins de chance de réussite qu’un élève issu d’une prépa littéraire. Simplement parce qu’il ne s’agit pas de talent mais c’est bien pour ça qu’on appelle ça des classes « préparatoires »...

Pauline.

Des khâgnes oui, mais "l’excellence en mathématiques et physique doit perdurer"... Comme c'est gentil de la part de Monsieur Dufourcq de condescendre a s'abaisser jusqu'aux littéraires. Devons nous lui expliquer que certains d'entre nous choisissent la littérature non parce qu'ils sont nuls en maths mais parce qu'ils aiment les lettres ? Si un(e) élève de classes préparatoires scientifiques avait postulé dans une filière littéraire on ne se serait sans doute pas posé la question de son niveau de français ...