Chapitre des écoles de commerce : A. Guilhon et C. Germain réélus

Agnès Millet
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Chapitre des écoles de commerce : A. Guilhon et C. Germain réélus
En pleine crise sanitaire, les écoles de commerce se concertent pour mieux affronter les défis. // ©  Boggy/Adobe Stock
Épidémie de Covid-19, frais de scolarité, réforme du concours, ouverture sociale : les dossiers à traiter dans les écoles de management pour les prochains mois sont de taille ! Réélus le 4 novembre à la tête du Chapitre des écoles de commerce de la CGE (Conférence des grandes écoles), la présidente, Alice Guilhon, directrice générale de Skema et Christophe Germain, vice-président et directeur général d’Audencia présentent un bilan du mandat écoulé et les enjeux pour les deux ans à venir.

Fraîchement réélus au chapitre des écoles de commerce de la CGE, Alice Guilhon et Christophe Germain dressent le bilan de leurs actions et les enjeux à venir. Depuis l'élection de la DG de Skema en mai 2018, le Chapitre a notamment "travaillé à la cohérence des 39 écoles, pour harmoniser les décisions. "La dynamique fonctionne bien. Nos écoles sont en compétition mais elles collaborent, ce qui est peut-être un fait nouveau, extrêmement important, en cas de crise", analyse ainsi la présidente.

Bilan du mandat écoulé : une charte, de la transparence et une polémique

Dans son bilan, le Chapitre a avancé sur plusieurs dossiers parmi lesquels la création d'une charte "responsabilité étudiante contre les discriminations et les violences". Cette dernière a été lancée par le nouveau Bnem (Bureau national des étudiants en école de management) et récemment transmise aux écoles et au Mesri (ministère de lʼEnseignement supérieur, de la recherche et de lʼinnovation). Des référents ont aussi été mis en place dans les écoles.

Cette charte a été initiée après les scandales concernant les violences sexistes et sexuelles en écoles de commerce révélés par Mediapart en janvier 2020. Le Chapitre a également travaillé sur la communication, pour expliquer ce que sont les écoles de commerce et les remettre au centre des débats. Car "sur beaucoup de sujets – harcèlement, discrimination -, nos écoles sont stigmatisées", estime Alice Guilhon.

Autre aboutissement pour le Chapitre : la possibilité d'obtenir le grade de licence pour des bachelors, que la présidente du Chapitre considère comme "une très belle reconnaissance pour les écoles".

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Pétition sur les frais de scolarité

Avec la deuxième vague de la Covid 19, les écoles se trouvent par ailleurs dans une tourmente sur leurs frais de scolarité. Une pétition lancée le 30 octobre et soutenue par près de 22.000 signataires, réclame un remboursement partiel aux étudiants. En cause : des "cours de moins bonne qualité" liés à "la généralisation du distanciel".

Les écoles ont répondu à cette polémique dans une lettre ouverte dans laquelle elles défendent leur modèle économique et détaillent leurs postes de dépenses. Elles rappellent d'ailleurs avoir un statut non lucratif pour la grande majorité. L'ensemble des recettes est réinjecté dans les établissements et en investissements.

Mais cette question soulève un autre sujet brûlant : le financement des études qui devient "problématique". Moins soutenues par les CCI et, le fait qu'au-delà des frais de scolarité, les écoles voient leurs autres sources de revenus, "fragilisées, depuis deux ans, par des mesures gouvernementales". "C’est un sujet d’alerte dont on va discuter avec le ministère".

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Faire revenir les étudiants dans les écoles dès janvier 2021

Alice Guilhon et Christophe Germain évoquent par ailleurs le retour prévu des étudiants fin janvier ou début février 2021. Pour eux, ce retour sur les bancs arrive trop tard. "Il faut assouplir la règle pour une rentrée début janvier, afin d’éviter le décrochage", estime la présidente. Une question reste en suspens : si l'aval est donné pour rouvrir les campus à tous mais que des tests réguliers sont imposés, qui les paiera ?

Les craintes se portent aussi sur le long terme. Côté étudiants internationaux, si les flux sont encore bons, la présidente redoute que l’année prochaine soit "une année noire". De même concernant l’insertion des diplômés qui risque d’être "très compliquée", en 2021–2022.

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Ouverture sociale et réforme du concours

D’autres dossiers restent brûlants, comme celui de l’ouverture sociale. Selon les Échos, une note d’étape de la mission confiée à Martin Hirsch propose la création de prêts à taux zéro, à rembourser après l'obtention du diplôme. Mais, sur ce sujet, les écoles travaillent à "une position collective". "Nous retenons de cette note le fait de travailler avec le secondaire", ajoute la présidente, qui souligne le souhait des écoles d’augmenter leur taux de boursiers.

En revanche, la présidente ne retient pas la possibilité d’un point de bonification aux concours pour ces profils : "Les élèves rejettent massivement l’idée. Ils craignent d’être discriminés au sein des promotions", précise-t-elle. Le groupe de travail dédié à l'ouverture sociale avance pour trouver d’autres solutions.

Peut-être en lien avec les réflexions sur la réforme des concours, rendue nécessaire avec la réforme du bac et l’évolution des CPGE. Cela pourrait prendre la forme d’un point bonus pour les élèves en 2e année, en défaveur des "cubes". Toutes les pistes sont creusées pour "trouver d’autres évaluations, sur le fond et la forme : contenus des sujets, oral collectif ou individuel… "

Regrouper les certifications et créer une base de données communes
Enfin, face à la multiplication des évaluations, une réflexion sera lancée pour simplifier le travail des écoles, peut-être en "connectant" certaines de ces certifications. Par ailleurs, les premiers éléments d’une base de données commune devraient être livrés début 2021.


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