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Les fondations universitaires, dix ans de levées de fond au service de l’ESR

Maud Vincent
Publié le
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Si la jeunesse des fondations universitaires les a conduits à rechercher des résultats rapides pour assurer leur légitimité, elles doivent maintenant mûrir en s’engageant dans des projets à long terme.
Si la jeunesse des fondations universitaires les a conduits à rechercher des résultats rapides pour assurer leur légitimité, elles doivent maintenant mûrir en s’engageant dans des projets à long terme. // ©  Plainpicture / yulia artemyeva
La rencontre du réseau des fondations universitaires organisées mardi 6 novembre 2018 à Clermont-Ferrand a été l’occasion de faire le point sur la première décennie d’existence de ces structures dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Pour Fabrice Lorente, président de l’université de Perpignan depuis 2012, les fondations universitaires ont su trouver leur place et démontré la pertinence de leurs actions au service de leurs universités de tutelle, et plus largement de leurs territoires.

Le réseau des fondations souligne d’abord leur capacité à lever des fonds grâce au soutien des entreprises locales. Si les capitaux levés ne bousculent pas les grands équilibres budgétaires des universités françaises, ils permettent de flécher l’argent vers des projets à forte valeur ajoutée et de constituer un capital financier non négligeable dans un contexte de finances publiques dégradées

Les fondations ont par ailleurs permis de jeter des ponts entre le monde de l’université et celui des entreprises, qui avaient plutôt tendance à s’ignorer. Enfin, en offrant la possibilité de lancer des projets et de les tester, ces structures constituent des espaces d’expérimentation et d’exploration. Le droit à l’erreur y est plus facilement permis, observe le réseau.

S’engager dans des projets à long terme

Cette première décennie franchie, quel avenir pour les fondations ? Pour Laurent Batsch, ancien président de Paris-Dauphine, elles n’ont plus à se poser la question de leur légitimité dans le champ universitaire. Leurs actions ont démontré leur pertinence.

Néanmoins, il reste deux grands défis à relever. Pour éviter que les fondations ne se banalisent dans une dynamique partenariale qui les dépasserait, celles-ci doivent se montrer créatives et imaginatives et définir de nouvelles modalités de collaboration, avec un spectre élargi de partenaires socio-économiques.

D’autre part, si la jeunesse des fondations universitaires les a parfois conduits à rechercher des résultats rapides et visibles pour assurer leur légitimité, il faut maintenant qu’elles acceptent de s’engager dans des projets à long et parfois très long terme.

La question des relations avec les anciens diplômés est emblématique de ces enjeux : des investissements de plusieurs années sont nécessaires avant de récolter les fruits des actions engagées.


Maud Vincent | Publié le

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