Formation des enseignants : les syndicats demandent à négocier

Fabienne Guimont
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La machine à réformer la formation des maîtres est lancée. Le texte présenté en conseil des ministres, le 3 juillet 2008, par Valérie Pécresse et Xavier Darcos fixe les nouveaux contours de la formation, et ceux des premiers concours prévus en 2010. Pour passer ces concours, il faudra être inscrit en deuxième année de master ou l'avoir validé. L’obtention du master sera obligatoire pour être titularisé. Capes et Agreg sont maintenus comme deux concours distincts. Ils comprendront chacun trois types d’épreuves : « la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement et la connaissance du système éducatif ».

Les « stages d’observation et de pratique » dans les établissements pourraient commencer en licence et devront se poursuivre en master. Les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur réaffirment l’idée de compagnonnage par des « professeurs expérimentés » lors de la première année d’exercice à temps plein. Ils devront suivre des formations complémentaires « en dehors du temps scolaire ». Les jeunes enseignants seront titularisés à la fin de cette année.  

Les IUFM hors jeu ?  

La communication ministérielle ne dit rien sur le calendrier pour définir plus précisément les concours qui permettraient de mettre en place les nouveaux masters. Aucune mention non plus des IUFM dans le texte.

Le jour du conseil des ministres, dans un titre sanglant, une tribune du Monde intitulée Une Saint-Barthélemy des pédagogues constatait avec dépit la disparition des IUFM dans cette réforme et dénonçait un « calendrier déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux». « On ne peut prétendre lutter contre l’échec scolaire et saboter la formation des professeurs », écrivent Philippe Meirieu, Jean-Louis Auduc, Rémi Brissiaud, Sylvain Grandserre et André Ouzoulias.

Côté syndical, la FSU demande dans un communiqué daté du 4 juillet 2008 un moratoire sur les décisions et l’ouverture de négociations. Le Snesup-FSU dénonce un « dispositif qui ignore les professeurs des écoles et des lycées professionnels » et met en garde contre le risque de « multiplication de masters, encouragés par la concurrence entre universités ».


Fabienne Guimont | Publié le

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