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Exclusif. Frédéric Forest devrait devenir Dgesip par intérim

Aurore Abdoul-Maninroudine
Publié le
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Pour 2016, les économies pourraient représenter 200 millions d'euros et concerneraient les Crous.
Le rapprochement entre la Dgesip et la DGRI est toujours à l'étude. // ©  Camille Stromboni
En partance pour l'IGAENR, Simone Bonnafous, actuelle directrice générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, devrait être remplacée par Frédéric Forest, qui exercerait l'intérim. Ces deux nominations devraient être officialisées lors du Conseil des ministres du mercredi 12 avril 2017.

Frédéric Forest devrait succéder à Simone Bonnafous à la tête de la Dgesip (Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle). Il serait chargé d'exercer cette fonction par intérim. Quant à l'actuelle directrice elle devrait être nommée inspectrice générale à l'IGAENR (Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche). Ces deux nominations, "imminentes", selon une source proche du dossier, devraient être examinées lors du Conseil des ministres du mercredi 12 avril 2017.

Frédéric Forest est l'adjoint de Simone Bonnafous depuis avril 2016. Cet ancien diplômé de l'ENSPTT (École nationale supérieure des postes et télécommunications), également titulaire d'une thèse en science politique, a été auparavant sous-directeur de l'allocation des moyens et des affaires immobilières (2012-2014) puis sous-directeur du financement de l'enseignement supérieur à la Dgesip (2014-2016). Il a également assuré les fonctions de directeur général des services de l'université de Rouen (2009-2012).

La CPU favorable à une nomination d'Alain Beretz

L'arrivée de Frédéric Forest à ce poste devrait susciter la déception de la CPU (Conférence des présidents d'université), qui poussait à la nomination d'Alain Beretz, actuel directeur général de la recherche et de l'innovation. Cette prise de position s'est d'ailleurs exprimée dans un courrier officiel adressé à la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, et au secrétaire d'État, Thierry Mandon.

"Notre position est claire", assume de son côté Khaled Bouabdallah, membre du bureau de la CPU et président de l'Université de Lyon. "Nous avons fait savoir au ministère que nous aimerions qu'Alain Beretz soit nommé Dgesip par intérim. Ce n'est pas une question de personne mais bien d'organisation, insiste-t-il. La CPU est favorable à une direction unifiée et il y avait là l'occasion d'un symbole fort."

Interrogé par EducPros, François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise, souligne également que "Frédéric Forest a toujours été extrêmement compétent sur la question des moyens. Il est capable de s'attacher à l'esprit et pas seulement à la lettre".

Mais d'autres ne cachent pas leur agacement : "ce serait la première fois que quelqu'un qui n'est pas enseignant-chercheur se retrouverait à la tête de la Dgesip", pointe un président d'université.

Un rapprochement des directions au point mort

Lors de sa nomination en septembre 2016, Alain Beretz, lui-même convaincu par la pertinence d'un rapprochement DGRI-Dgesip, avait été chargé par Thierry Mandon d'une réflexion sur ce sujet. "Il y a tellement de compétences, de structures communes entre l'enseignement supérieur et la recherche qu'il semble aujourd'hui crucial d'avoir une vision stratégique globale", indiquait-il alors à EducPros, avant de rappeler que cette organisation existe "dans la plupart des grands pays."

Le mois suivant, le secrétaire d'État missionnait Jean-Richard Cytermann, chef du service de l'IGAENR et ancien directeur adjoint à la DGRI sur ce même sujet. Autant de signaux alors interprétés de manière positive par les tenants d'un pilotage unique, voire d'une direction fusionnée de la Dgesip et de la DGRI.

"La procédure de rapprochement est toujours en cours, assure Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. Elle avance et suit une feuille de route institutionnelle précise, qui prévoit la consultation de tous les organes nécessaires."

L'idée d'une fusion des directions suscite pourtant de "nombreuses craintes", rapportées par Jean-Richard Cytermann dans son rapport remis aux ministres en décembre 2016 mais non publié. Parmi ces dernières, "le poids excessif" d'un tel directeur général, quasiment "vice-ministre" d'un ministère de l'enseignement supérieur de plein exercice, mais aussi "la crainte du déplacement du centre de gravité de la direction vers la recherche, avec une moindre importance accordée à l'entrée dans le supérieur et le continuum bac - 3/bac + 3".

Il estime également dans ce document que, malgré quelques faiblesses, l'organisation actuelle "ne fonctionne pas si mal que ça".

Dgesip, mais pour combien de temps ?

La nomination par intérim de Frédéric Forest soulève aussi des questions sur l'après-présidentielle puisque le futur ministre pourra choisir de le confirmer ou de nommer quelqu'un d'autre à ce poste. "En prenant ses nouvelles fonctions à l'extrême fin du quinquennat, il sera sans aucun doute sur la sellette", estime un fin connaisseur de l'administration.

Même son de cloche du côté de la Rue de Grenelle : "Il est habituel en fin de mandature de nommer des personnes en intérim sur des périodes courtes, afin de laisser au futur ministre le choix de son Dgesip. Les choses se font de manière transparente et républicaine."


Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

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Hehehe.

Frédéric Forest, s'il n'est pas enseignant chercheur, n'en est pas moins docteur (en psycho plutôt qu'en sciences politiques, non ?). Il se dit même qu'il aura soutenu son HDR d'ici quelques semaines.