Génération 2004 (Céreq) : les diplômés s'insèrent plus difficilement

Marine Relinger
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"Etre diplômé de l'enseignement supérieur, un atout pour entrer dans la vie active ?" L'intitulé interrogatif du dernier Bref du Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Céreq), présenté à la presse le 19 juin 2008, laisse planer une légère incertitude. Et pour cause. L'étude, qui porte sur l'insertion en 2007 des diplômés de la « Génération 2004 », avance un taux de chômage de 7 % pour ces derniers. Contre seulement 5 % pour la Génération 1998, étudiée 6 ans plus tôt. Le taux de chômage des docteurs (notamment en sciences et technologie, où il est passé de 5 % à 10 %) a tout particulièrement augmenté.

Certes, si les diplômés restent privilégiés - avec un taux de chômage deux fois moins élevé que ceux qui ont échoué aux examens - leur avantage s'amenuise. Même leur niveau de rémunération a baissé : un diplômé d'école d'ingénieurs de la Génération 1998 touchait, par exemple, 2320 euros nets par mois, contre 2170 pour un ingénieur de la Génération 2004 (à euros constants).

Les formations professionnelles, valeurs sûres

Dans le cadre de cette conjoncture difficile, plus que jamais, les différents diplômes ne sont pas logés à la même enseigne. Et ceux qui tirent leur épingle du jeu ne sont pas forcément les plus « populaires ». Ainsi, « contrairement à ce que les jeunes persistent à penser, les formations industrielles, jusqu'au niveau master, leur donnent clairement de meilleures chances sur le marché de l'emploi que les formations tertiaires ! », a insisté Christian Forestier, président du conseil d'administration du Céreq. Par exemple, les titulaires des spécialités industrielles de BTS affichent un salaire médian de 1410 euros net et un taux de chômage limité à 4 %, contre 1280 euros et un taux de chômage de 6 % pour les BTS tertiaires.

« L'enquête montre, aussi, que les bac+2 professionnels ont toujours la côte (notamment face aux filières générales) et... les licences professionnelles n'ont finalement érodé ni leurs effectifs, ni leur succès », ajoute Christian Forestier. Valeurs les plus sûres, les diplômés d'écoles de commerce et d'ingénieurs qui rencontrent le moins de difficultés, avec des taux de chômage respectifs s'élevant à 5 % et 3 %.

Comparer les cursus entre université et école

Le Céreq devrait prochainement rendre publique l'analyse de la situation des diplômés du supérieur en 2004, trois ans après l'obtention de leur diplôme, en comparant l'insertion des titulaires de diplômes proches « commes les masters éco-gestion de l'université et les cursus d'écoles de commerce », annonce Michel Quéré, directeur du Céreq.


Marine Relinger | Publié le

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