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Ingénieur Chembiotech : un même diplôme pour deux écoles

Céline Authemayou
Publié le
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L'ESBS (DR) et l'ECPM (©Pascal Disdier)
L'ESBS (DR) et l'ECPM (©Pascal Disdier)

Toutes deux composantes de l’université de Strasbourg, les écoles d’ingénieurs ESBS (École supérieure de biotechnologie de Strasbourg) et ECPM (École européenne de chimie, polymères et matériaux) proposeront ensemble, à partir de la rentrée 2014, un nouveau parcours ingénieur. Chembiotech, créé à la demande des professionnels du secteur, formera les étudiants à la chimie et aux biotechnologies. Un diplôme hybride piloté conjointement par deux établissements : une première en France.

Il aura fallu près de trois ans aux deux établissements pour voir se concrétiser leur projet de formation. L'ESBS et l'ECPM, écoles d'ingénieurs internes à l'université de Strasbourg, travaillaient sur le dossier depuis 2011. À la rentrée 2014, elles accueilleront 14 étudiants, venus préparer un tout nouveau diplôme d'ingénieur consacré aux biotechnologies et à la chimie.

"Depuis quelques années, les membres de notre conseil d'administration issus du monde de l'entreprise nous disaient qu'ils manquaient de spécialistes aux compétences doubles", note Georges Orfanoudakis, directeur de l'ESBS, école tournée vers les biotechs.
Même constat à l'EPCM, spécialisée notamment en chimie, qui décide à la même période de repenser son programme pédagogique. "Lors d'une journée de réflexion, les industriels ont clairement évoqué cette question de la double compétence, se souvient Daniel Guillon, ancien directeur de l'école qui a initié le projet. Les grosses industries pharmaceutiques recrutent des spécialistes de la chimie ou de la biologie, mais les équipes sont hybrides et cela pose des problèmes en termes de management car chacun parle son propre langage. Avec ce diplôme, nous entendons former des ingénieurs capables de naviguer au cœur de plusieurs champs disciplinaires et de jouer le rôle d'interface au sein des équipes."

Nous entendons former des ingénieurs capables de naviguer au cœur de plusieurs champs disciplinaires (D. Guillon)

Les conditions de la CTI et du ministère

Si les grandes lignes pédagogiques ont vite été établies, c'est sur le plan administratif que le dossier s'est révélé plus complexe à monter. "Pour la CTI [Commission des titres d'ingénieur], deux établissements ne peuvent pas porter un seul et même diplôme, explique Georges Orfanoudakis. Malgré la solidité du dossier, il a donc fallu réfléchir à une autre solution." Finalement, c'est l'université de Strasbourg qui délivrera le diplôme. La gestion administrative et pédagogique de la formation incombe, quant à elle, bel et bien à l'ECPM et à l'ESBS.

Autre contrainte, liée cette fois-ci au nom du cursus. Si les établissements communiquent auprès des candidats avec le terme "Chembiotech", le titre exigé par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche est "ingénieur de l'université de Strasbourg, spécialisé en biotechnologies et en chimie".

Un développement de formation à moyens constants

Côté budget, là aussi il a fallu répondre aux attentes strictes des instances de tutelle. "Le conseil d'administration de l'université nous a suivis, à condition que nous restions à moyens constants", expliquent de concert Daniel Guillon et Georges Orfanoudakis. Pas question d'embaucher de nouveaux enseignants-chercheurs donc, et de créer de nouveaux modules.

Ainsi, dès septembre 2014, les 14 étudiants, recrutés via les concours post-prépa permettant déjà d'intégrer ces deux écoles (CCP pour l'ECPM et Concours Polytech pour l'ESBS) et les admissions sur titre, partageront leur temps entre les deux campus distants de 15 km et suivront des cours déjà proposés par les écoles dans le cadre de leurs formations historiques.

À quelques mois de la rentrée, tout le challenge consiste désormais à organiser l'emploi du temps de la formation pour coller aux contraintes pédagogiques et géographiques du projet. Pour simplifier la vie des étudiants, les écoles pensent déjà à proposer, à terme, certains cours sous la forme de visioconférence.

Retrouvez l'ECPM et l'ESBS dans notre palmarès 2014 des écoles d'ingénieurs .

Céline Authemayou | Publié le

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yassine beniz.

c'est bien