Insertion professionnelle : "l’angoisse" des étudiants de Paris 12


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Les étudiants sont inquiets. Et ils le disent, lors d’une table ronde sur l'insertion professionnelle organisée à l’université Paris 12, le 27 novembre 2008, avec plusieurs chefs d’entreprises de l'association « Croissance plus  » (PME dynamiques), en présence de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Une vingtaine d’étudiants de filières diverses* ont exprimé leurs difficultés à s’insérer dans le monde du travail. Plus simplement : à trouver un stage. Et surtout le premier stage. Pire, en venant de l’université.  

Chaque université aura son bureau d’aide à l’insertion professionnelle  

Soulignant « la faiblesse de la relation entre l’entreprise et l’université », la ministre a rappelé sa mesure phare en matière d’insertion professionnelle : les BAIP (Bureaux d’aide à l’insertion professionnelle). Toutes les universités en auront un. D’ici février 2009, chacune devra envoyer au ministère son cahier des charges pour mettre en place cette structure. Valérie Pécresse a également affirmé sa volonté de mettre en place un semestre de césure en master, pour faire un stage ou même partir à l’étranger.  

La concurrence université / grandes écoles sur le marché de l’emploi  

Plus que l’Etat, les étudiants ont interpellé les entreprises, préoccupés par la valeur de leurs diplômes. La réflexion sur l’attrait du profil universitaire pour les recruteurs a été au cœur du débat. « Faites-vous vraiment la différence entre grandes écoles et université ? », demande ainsi un étudiant aux patrons de PME, concernant l’embauche en alternance ou en stage. « Avouez la vérité », semblait-il sous-entendre, convaincu que les chefs d’entreprises préféraient les diplômés de grandes écoles aux jeunes sortant des universités françaises.  

« Pas du tout », selon les entrepreneurs de « Croissance plus ». Du côté des PME en tout cas, point d’a priori ni de sectarisme affiché. « Que les savoirs aient été acquis à HEC ou à l’université, peu importe », a déclaré l’un des entrepreneurs présents. Pour les grandes entreprises, l’affaire serait plus complexe. « Elles ont tendance à classer les candidats en rang de diplôme », a déploré un patron de PME.  

Créer la rencontre  

Qu’il s’agisse des entreprises ou des étudiants, la méconnaissance est d’ailleurs mutuelle. Les entrepreneurs ignorent souvent les multiples compétences acquises à l’université, tandis que les étudiants préfèrent souvent effectuer leurs stages au sein des multinationales plutôt que dans les PME. « Pourquoi ne pas créer un meetic des stages », réagit un entrepreneur. La ministre a quant à elle lancé l’idée d’un grand forum « Créteil/Croissance plus », qui permettrait aux étudiants de découvrir les entreprises - de toutes tailles - voire d'y décrocher un stage s'ils se montrent alors convaincants face à elles.  

* Ces étudiants représentaient trois facultés de Paris 12 : AEI (administration et échanges internationaux), sciences économiques et gestion, LSHS (lettres, sciences humaines et sociales).


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