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L’EM Strasbourg parie sur le crowdfunding pour aider les étudiants à financer leurs études

Eva Mignot
Publié le
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L'EM Strasbourg
Pour le moment, le partenariat entre l'EM Strasbourg et KissKissBankBank est exclusif. // ©  EMStrasbourg
L’école de commerce strasbourgeoise s’associe à KissKissBankBank pour soutenir financièrement les projets de ses élèves. Décryptage de ce nouveau levier de financement, en amont de la conférence EducPros du 25 mai 2018.

Avec un nouveau partenariat avec KissKissBankBank lancé le 15 mai 2018, l’EM Strasbourg offre aux étudiants la possibilité de financer leurs études en faisant appel au crowdfunding. "Nous voulons garantir l’accès en école de commerce à tous", déclare Herbert Castéran, directeur de l’établissement alsacien. "Nous cherchons à redistribuer les cartes pour plus d’égalité", complète-t-il.

L’établissement alsacien prendra en charge sur chaque campagne les 8 % reversés à la plate-forme, soit 5 % pour les commissions prélevées pour chaque campagne réussie et 3 % pour les frais de transactions bancaires sécurisées. Si les étudiants n’auront pas de montant maximal à respecter, l’école, elle, prévoit une levée de fonds totale de 125.000 euros pour la première année, ce qui lui coûtera 10.000 euros. "Mais rien n’est définitif. Ce n’est qu’un seuil indicatif, pouvant évoluer en fonction des demandes", assure le directeur de l’EM Strasbourg.

La création d’un lien transgénérationnel

Si parents et amis pourront participer au financement du projet, l’école souhaite surtout impliquer les alumni. "Les proches soutiennent généralement les étudiants en dehors du crowdfunding. Mais les diplômés, eux, n’ont pas l’occasion de le faire. Avec le financement participatif, ils pourront aider leurs successeurs", détaille Herbert Castéran. "Nous voulons créer un lien transgénérationnel", poursuit-il.

Le directeur de l’EM Strasbourg le certifie : la mise en place de ce partenariat ne sera pas un prétexte pour augmenter le coût des études. "Nos frais de scolarité sont liés à un service proposé aux étudiants. Ce que nous proposons avec KissKissBankBank, c’est une solution de facilitation", justifie Herbert Castéran.

"On ne va pas voir sa banque pour un billet d'avion"

Ce crowdfunding ne se limite pas au seul financement des frais de scolarité. Le directeur de l’EM Strasbourg et le cofondateur de KissKissBankBank, Adrien Aumont, veulent étendre le dispositif aux coûts inhérents à la vie étudiante tels que le paiement du loyer ou des voyages à l’étranger.

"On ne va pas voir sa banque pour payer son billet d’avion pour le Japon", explicite Adrien Aumont. Une opportunité d’autant plus intéressante que l’EM Strasbourg impose à ses élèves du programme grande école de partir étudier un an à l’étranger dans une école ou université partenaire.

"Les étudiants pourront avoir recours à ce financement participatif pour un achat de matériel, un projet caritatif. On peut tout imaginer ! Cela doit respecter les valeurs de l’école. Nous n’accepterons probablement pas les campagnes destinées à financer des associations politiques", affirme le directeur de l’EM Strasbourg.

Si les étudiants veulent se lancer dans l’entrepreneuriat, ils pourront, là encore, accéder au financement participatif. Mais, sur ce volet, l’établissement n’est pas précurseur. En 2015, l’EDC Paris Business School avait ainsi créé sa propre plate-forme de crowdfunding afin de soutenir les créations d’entreprise portées par les étudiants et diplômés de l’école. L’année d’avant, l’Edhec s’était associé à MyMajorCompany pour financer des projets sportifs et entrepreneuriaux de certains élèves.

Un partenariat à dupliquer ?

Le fondateur de KissKissBankBank espère que cette première expérience pourra convaincre les autres écoles d’imiter l’EM Strasbourg. "Aucune école jusqu’à présent n’était allée assez loin pour envisager de prendre en charge les frais de la commission", assure Adrien Aumont.

"Le partenariat est aujourd’hui exclusif parce que nous sommes dans une logique de prototype. À l’avenir, nous pourrons peut-être ouvrir la mécanique à d’autres écoles", conclut-il. D’autres plates-formes se sont positionnées sur le financement des études, telles qu’Eduklab ou StudentBackr, mais certaines n’ont pas transformé l’essai.

C’est le cas notamment de What If Community en 2015, qui a disparu dix-huit mois après son lancement. La fondatrice, Laetitia Chabannes, expliquait cet échec par des sommes recherchées trop élevées par rapport au montant moyen des campagnes de crowdfunding ou par des réseaux d’étudiants insuffisamment développés pour réussir l’opération.

Des formations pour une campagne réussie
Le cofondateur de KissKissBankBank et son équipe ont proposé de mettre en place, au moins une fois par trimestre, des formations gratuites à destination des étudiants pour organiser une campagne de crowdfunding. Comment mobiliser son réseau ? Quelle communication adopter ? Ne pas maîtriser les différentes étapes peut précipiter l’échec du projet, ce qui s’avérerait préjudiciable pour les étudiants comme pour la plate-forme, dont les revenus dépendent de la réussite de la campagne des utilisateurs.

Le 25 mai 2018, prochaine conférence EducPros

Pour remplir leurs missions, les établissements d’enseignement supérieur doivent sans cesse se renouveler. Comment y parvenir, dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint ? Pour diversifier leurs ressources, bon nombre d’acteurs du secteur développent de nouvelles approches. Quels sont les nouveaux leviers de financement ? L’augmentation des droits de scolarité en est-il un ? Quelle contribution pour les anciens ? Comment associer les partenaires privés au développement des établissements ?

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