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Exclusif. Trendence 2015 : les diplômés de fac rêvent du secteur public

Marie-Caroline Missir
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Le laboratoire des matériaux, surfaces et procédé pour la catalyse de Strasbourg (UMR CNRS - ECPM - UdS) © Pascal Disdier
Le CNRS désigné comme entreprise préférée des étudiants des filières scientifiques universitaires : ils sont 10,9 % à envisager d'y postuler. // ©  Pascal Disdier

Être formé à l'université ou en grande école joue sur la manière dont un étudiant envisage sa carrière, sa rémunération et le type d'entreprise qu'il recherche, selon l'enquête Trendence 2015 sur les entreprises préférées des jeunes diplômés qui s'intéresse pour la première fois aux étudiants issus de l'université. Ces derniers sont moins gourmands en termes de salaires et plus inquiets sur leur avenir. D'où un besoin de sécurité.

Plus d'un étudiant sur dix issus de filières scientifiques universitaires envisagent de postuler... au CNRS. Pour les étudiants issus d'écoles d'ingénieurs, c'est plutôt Google qui arrive en tête du classement, avec plus de 13% des vœux. Le CNRS ne se classe qu'en 35e position : seuls 2,4 % des étudiants d'écoles d'ingénieurs envisagent d'y travailler. Les résultats obtenus par l'enquête de l'Institut Trendence mettent ainsi en lumière l'impact de la formation universitaire sur les projections professionnelles des jeunes. 

Le centre de recherche basé à Berlin, dont L'Etudiant-EducPros est partenaire, publie un classement annuel des entreprises préférées des étudiants d'écoles de commerce et d'ingénieurs. Pour la première fois en 2015, l'enquête a été élargie à un panel d'universités. Le résultat est sans appel : qu'il soit formé à l'université ou issu des grandes écoles, un étudiant ne rêve ni des mêmes entreprises, ni des mêmes carrières, ni des mêmes salaires.

à LA FAC, DES ÉTUDIANTS ATTIRÉS PAR LE service public...

L'écart est tout aussi symptomatique pour les étudiants issus de filières commerciales. La banque BNP Paribas apparaît en tête du classement pour les étudiants formés à l'université. En école de commerce, ils ne sont que 5,6% à envisager d'y postuler.

Inversement, une carrière au sein de la Commission européenne est envisagée par 5,7% des étudiants d'université, quand celle-ci se classe en 48e position du classement pour les écoles de commerce.

 Cette divergence est confirmée par les secteurs privilégiés par les étudiants : d'après l'étude, le secteur public est un horizon de carrière pour une part importante (16,2%) d'étudiants d'université, notamment ceux issus de filières scientifiques.

Le Top 10 des étudiants de filières commerciales à l'université

Rang Entreprises %  d'attractivité Rang pour les étudiants en écoles de commerce
1 BNP Paribas 11,2% 9
2 LVMH (incl. Louis Vuitton, Hennessy, Dior, Sephora...) 8,8% 1
3 L'Oréal 7,1% 3
4 Google 6,7% 2
5 Air France 5,9% 37
6 EU Institutions – EU Careers 5,7% 48
7 Total 5,5% 36
8 EY (Ernst & Young) 5,4% 4
8 KPMG 5,4% 14
10 Danone 4,9% 6

 

Salaires : des étudiants de fac moins gourmands...

Les attentes en termes de salaires sont aussi sensiblement différentes entre les deux populations d'étudiants : lorsqu'ils sortent de l'université, les étudiants s'attendent à gagner entre 29 200 (commerciaux) et 31 800 euros annuels (ingénieurs). Des salaires bien en dessous des rémunérations escomptées par les étudiants des grandes écoles: entre 37 800 et 39 800 euros mensuels, selon les filières.

La contrepartie reste que le temps hebdomadaire que les étudiants de l'université comptent consacrer à leur travail est moins élevé : 40 heures en moyenne, contre plus de 46 heures pour les étudiants des grandes écoles.

Le Top 10 des étudiants de filières scientifiques à l'université

Rang Entreprises %  d'attractivité Rang pour les étudiants en école d'ingénieurs
1 CNRS 10,9% 35
2 Airbus Group 10,6% 2
3 SAFRAN (incl. Snecma, Sagem...) 10,4% 3
4 L'Oréal 7,7% 16
5 Google 7,4% 1
6 Thales 6,7% 6
7 EDF 6,3% 4
8 Total 5,4% 7
9 INRA 4,9% non cité
10 Alstom 4,6% 24

 

 ... ET plus inquiets de leur avenir professionnel

Comment expliquer ces différences d'exigence ? En sortant de l'université, les étudiants français sont plus inquiets que ceux des grandes écoles sur leur insertion dans le monde du travail. Conséquence de cette angoisse : ils sont en quête d'une institution ou d'une entreprise en mesure de les rassurer quant à la pérennité de leur emploi futur.

Sur les bancs des universités, les étudiants interrogés sont ainsi plus de 75% à se dire inquiets pour leur avenir professionnel. Cette proportion n'est que de 51% pour les étudiants de grandes écoles. Autre chiffre signifiant : près d'un quart des étudiants issus des universités (22,9%) estiment que leur formation ne leur donne pas les compétences nécessaires pour être employables. Cette insatisfaction quant à leur formation n'est partagée que par 4,6% des étudiants des grandes écoles.

Mais que l'on soit sur les bancs de la fac ou sur ceux des grandes écoles, les valeurs recherchées à travers un poste ou une entreprise sont sensiblement les mêmes : l'intérêt et le sens de la mission sont préférés à l'argent ou au prestige, l'engagement social de l'entreprise et son attention à l'égalité professionnelle constituent des critères de choix premiers. Une quête de sens qui reste la marque d'une génération, quelle que soit la voie choisie.

Méthodologie
L'enquête Trendence a été réalisée entre octobre 2014 et février 2015 auprès d'une population totale de plus de 20.000 étudiants français, dont 4.700 à l'université – parmi 53 filières scientifiques et 59 commerciales, notamment à l'UVSQ, Paris-Dauphine, Tours-François-Rabelais, l'UTC, l'UPEC, l'UTBM… – et près de 3.000 dans les grandes écoles de commerce ou d'ingénieurs. Ils ont été interrogés sur les entreprises dans lesquelles ils envisagent de postuler et ont répondu à un questionnaire détaillé sur leurs attentes par rapport à la vie professionnelle.

Marie-Caroline Missir | Publié le

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