Les IEP grondent contre les coupes budgétaires

Olivier Monod
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Sciences po Rennes - bibliothèque - 2011 - ©Camille Stromboni
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La grogne monte dans les IEP de région, touchés au même titre que les universités par la diminution des dotations de fonctionnement, malgré des situations jugées déjà très précaires. Etat des lieux.

Malgré les déclarations de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, il semble bien que les établissements découvrent tardivement la coupe de 5% prévue dans leur budget de fonctionnement.

Après les universités et les étudiants, c’est au tour des IEP de s’insurger contre cet effort supplémentaire. "C’est aberrant, peste Pierre Mathiot, directeur de Sciences po Lille. Nous découvrons cette baisse de 5 % de notre budget mi-mars. A aucun moment, l’Etat ne nous a prévenus, au moment du vote du budget en décembre dernier." Son collègue toulousain, Philippe Raimbault, renchérit. "Nous n'avons pas eu de d'indication sur notre dotation globale de fonctionnement. J'avais demandé, de manière informelle, au ministère si je pouvais partir sur la même dotation que l'an dernier, ils m'ont répondu que cela était raisonnable."

Pierre Mathiot regrette particulièrement le caractère uniforme de la mesure. "Nos établissements sont sous-dotés, explique-t-il. Nous n’avions pas voté les budgets 2011 et 2012 pour protester contre ce phénomène. On demande le même effort à tous les établissements sans discernement, sans s’intéresser à leur situation, cela me semble hautement discutable."

A l’IEP de Toulouse, le manque à gagner représente 90.000 euros et intervient après que deux postes supplémentaires aient été accordés par l’Etat, suite au refus du conseil d’administration de voter le budget en décembre dernier. A Lille, la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) est évaluée à 75.000 euros.

VERS UNE HAUSSE DEs FRAIS D'inscription a toulouse ?

En réaction, le directeur de l’établissement toulousain a proposé une hausse de 75 euros des frais d’inscription pour les porter à 800 euros par an, provoquant la colère des étudiants. Après une manifestation au rectorat, ces derniers annoncent une "journée morte" jeudi 4 avril. Un appel relayé par leurs camarades de Lille.

"Il s'agit d'une annonce par nécessité plus que par conviction, justifie Philippe Raimbault. Je ne voulais pas toucher à la qualité de l'enseignement ni à la recherche. Même avec cette augmentation, nous restons l'IEP le moins cher de France."

A Sciences po Lille, le directeur prévoit plutôt de réduire le nombre d'heures de cours. "Mais un vote précis aura lieu en mai pour savoir sur quels postes faire porter cette baisse", précise Pierre Mathiot.

A Rennes, Patrick le Floch est plus pessimiste. "Pour ma part je n'avais pas intégré à mon budget l'ensemble de la dotation de l'Etat pour parer à tout revirement de situation. Le problème de moyens va au-delà de la DGF. Toutes les marges de négociations sont réduites à néant. Le gouvernement ne va pas continuer à nous soutenir sur notre nouvelle antenne ouverte à Caen..."

Les directeurs sont mobilisés sur le sujet. Les 6 IEP du concours commun (Aix-en-Provence, Rennes, Lille, Lyon, Strasbourg, Toulouse) se réunissent vendredi 5 avril 2013, et pourraient annoncer une action commune à l’issue de cette rencontre.


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