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ParisTech : une marque qui s'estompe

Céline Authemayou
Publié le
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La rénovation de l'ESPCI, École supérieure de physique et de chimie industrielles, priorité du budget de la Ville de Paris.
Le conseil d'administration a validé le 22 décembre 2015 le changement de nom de l'ESPCI ParisTech en ESPCI Paris. // ©  Wikimedia/CC

Dissous en décembre 2015, l’établissement public ParisTech entame sa mue et deviendra une fondation d’ici à quelques semaines. Si la structure continue de mener des projets avec ses membres, la question de la pérennité de la marque se pose désormais, alors que des écoles commencent à modifier leur nom.

ParisTech est-il mort ? Depuis plusieurs mois, la question ne cesse d'agiter la petite communauté des écoles d'ingénieurs. Dissous en décembre 2015, l'établissement parisien va devenir, d'ici à quelques semaines, une fondation sous égide, abritée par la fondation ParisTech.

"N'en déplaise à certains, ParisTech existe bel et bien, martèle Armel de la Bourdonnaye, directeur de l'École des ponts ParisTech et président de la nouvelle entité. Dix écoles ont décidé de continuer à travailler ensemble sous une forme différente, au sein d'une petite organisation agile."

Dans les faits, un comité des directeurs et un bureau, composé d'Élisabeth Crépon (Ensta ParisTech), Christian Lerminiaux (Chimie ParisTech) et Armel de la Bourdonnaye, piloteront la fondation, qui doit être créée courant mars 2016, lorsque tous les conseils d'administration des écoles auront donné leur aval.

Les projets repris par les écoles

Pensé et conçu comme un grand établissement, désormais, ParisTech se rapproche plus d'un réseau d'écoles, à l'image du groupe des Écoles centrales. Une plateforme conçue comme un lieu d'échanges de bonnes pratiques, de création de projets communs pour gagner en visibilité, en France comme à l'international.

Ce changement de structure a poussé les écoles à se réorganiser : elles héritent chacune de projets portés jusqu'à présent par ParisTech. C'est par exemple le cas de l'Ensta ParisTech, qui gère désormais l'école chinoise ParisTech Shanghai JiaoTong pour le compte de la fondation.

Idem pour les chaires industrielles, l'Institut de la mobilité durable ou encore les 11 masters, qui seront donc repris par les établissements. "Cela avait un sens d'avoir un diplôme estampillé ParisTech, reconnaît Armel de la Bourdonnaye. Mais nous saurons faire en sorte qu'ils gardent leur visibilité."

"Très peu d'écoles vont supprimer ParisTech de leur nom"

La question de la marque sera le prochain casse-tête du regroupement. Bien identifié à l'international auprès des établissements partenaires et des alumni, ParisTech doit désormais composer avec la volonté des Comue de voir leurs membres afficher les couleurs des regroupements territoriaux. Au point de pousser certaines écoles du réseau à revoir dès à présent leur nom de marque.

"À très court terme, très peu d'écoles vont supprimer le nom de leur marque, tempère Armel de la Bourdonnaye. Il y a plutôt un consensus en faveur d'une conservation de ParisTech, même si la question peut se poser pour les écoles qui possèdent plusieurs sites en France." École multisite par excellence avec ses huit campus, Arts et Métiers ParisTech suit d'ailleurs ce chemin.

De par son changement de statut, il est clair que le nouveau ParisTech aura moins d'importance que le précédent.
(J.-F. Joanny)

ParisTech vs comue

Plus surprenant, la plus parisienne des écoles de ParisTech a elle aussi décidé de changer son nom de marque : l'ESPCI ParisTech devient ESPCI Paris. La décision a été validée en conseil d'administration le 22 décembre 2015.

"Nous menons cette réflexion depuis environ un an, explique Jean-François Joanny, directeur de l'école sous tutelle de la Ville de Paris. De par son changement de statut, il est clair que le nouveau ParisTech aura moins d'importance que le précédent. Nous sommes impliqués dans PSL et, pour nous, l'appartenance à cette Comue est aujourd'hui notre priorité."

Cette initiative, qui va amener l'école à changer de logo dans les prochaines semaines, est jugée précipitée par les anciens, certains évoquant même des luttes de pouvoir entre la municipalité et ParisTech. "Il y a quelques années, la mairie voyait d'un mauvais œil que certaines écoles du réseau regardent du côté de Saclay", analyse l'un d'entre eux. Aujourd'hui, sur les dix écoles membres de ParisTech, cinq sont installées ou en cours d'installation à Saclay.


Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (3)

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roxane.

LAMENTABLE !!!!!

gaga.

ParisTech a réussi à installer sa marque à l'international. C'était ça précisément son but. Cela a pris 15 ans. Au moment même où il a assez de visibilité on casse tout et on recommence avec des...PRES et maintenant des Comue... et avant que les Comue soient connues, je parie qu'elles vont changer de nom pour mettre un peu plus de confusion générale... tellement français..... Triste à mourir. j'ai plus envie de payer mes impôts en France. Un fric fou jeté par la fenêtre.

Sirius.

ParisTech est mort, mais si son cadavre bouge encore, il est normal et prévisible que toutes les écoles de Paristech abandonnent cette appellation. L'ajout de "Paristech" dans le nom de certaines écoles était le symbole de leur appartenance à un établissement commun. Or celui-ci n'existe plus. Inversement ces écoles sont engagées dans des regroupements, universités ou Comues, qui demandent à juste titre aux écoles de manifester symboliquement leur loyauté vis à vis d'elles. L'X et Hec, qui n'avaient jamais adopté le label, ont quitté Paristech. L'Ensam et l'Espci ont abandonné l'appellation. Les autres suivront, fatalement.