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L'enseignement supérieur et la recherche gagnent 500 millions de plus

Etienne Gless
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L'enseignement supérieur et la recherche gagnent 500 millions de plus
Le dernier budget avant la loi de programmation pluriannuelle de la recherche consacre une hausse de 500 millions de crédits supplémentaires. // ©  Monkey Business/Adobe Stock
500 millions d'euros de crédits en plus pour l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation en 2020 : c'est ce que prévoit le projet de loi de finances 2020 rendu public le 26 septembre. Mais tout le monde attend avec impatience la future loi de programmation de la recherche.

Un demi-milliard de crédits en plus pour le MESRI en 2020 mais l’essentiel est ailleurs. Le projet de loi de finances (PLF) 2020 de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation prévoit une augmentation des crédits de 500 millions d’euros à 25,45 milliards : 25,3 milliards de crédits de paiement auxquels s’ajouteront 140 millions de recettes de la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC) versés directement aux universités et écoles et aux CROUS.

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“Ce n’est pas une hausse insignifiante, elle prolonge la hausse des crédits engagée depuis 2017“, explique le cabinet de la ministre Frédérique Vidal qui met en avant les 1,7 milliard d’€ supplémentaires octroyés à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation depuis 2017. “Le MESRI constitue le 4e budget de l’Etat après l’Education nationale, les Armées et la transition écologique et solidaire“.

43 millions de plus pour le plan Vie étudiante

Aux crédits budgétaires s’ajoutent les financements dont bénéficient les établissements du supérieur dans le cadre des programmes d’investissement d’avenir (PIA).

Première priorité de cette hausse des crédits, le PLF 2020 prévoit de consacrer 43 millions d’€ de plus qu’en 2018 pour financer le plan Etudiants : l’enveloppe consacrée aux financements de l’augmentation des capacités d’accueil dans les filières en tension (nouvelles places en IUT notamment) et la mise en place des parcours d’accompagnement “Oui si“ passera ainsi à 142,5 millions d’€. 50 millions d’€ sont également budgétés dans le cadre du « dialogue stratégique de gestion » généralisé en 2019–2020 à 70 universités et 10 écoles de plus de 2.500 étudiants.

Le "dialogue" portera sur la trajectoire salariale et financière des établissements. Dans cette enveloppe, 15 millions seront dédiés aux projets stratégiques des établissements. Pour améliorer les conditions de vie des étudiants, le gouvernement prévoit de consacrer 67 millions d’euros de plus en 2020 par rapport à 2019, essentiellement dédiés aux bourses sur critères sociaux (60 millions dont 46 millions pour financer les bourses revalorisées de 1,1% à la rentrée 2019–2020).

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Une partie de l’enveloppe viendra aussi financer la nouvelle aide à la mobilité Parcoursup de 500 € pour les lycéens boursiers qui souhaitent s’inscrire dans une formation hors de leur académie, ainsi que l’aide à la mobilité internationale (AMI) pour les étudiants boursiers suivant une formation à l’étranger (3 millions d’€ de plus pour financer 7.500 mensualités de plus). Le MESRI pourra également financer à la rentrée 2020 les tests de certifications en anglais (Cambridge, IELTS…) pour 38.000 étudiants.

Le PLF prévoit encore des enveloppes pour financer le lancement du projet de campus hospitalo-universitaire du nord grand Paris à Saint-Ouen et 3 millions d’euros de plus pour le financement de l’enseignement supérieur privé (EESPIG).

Recherche : 32 millions de plus pour les capacités d'engagements de l'ANR

Côté recherche et innovation, les crédits alloués au plan Intelligence artificielle (IA) sont portés à 38 millions d’euros à compter du PLF 2020 pour soutenir les instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle (3IA) ou encore le programme doctoral en IA. Le dispositif CIFRE bénéficiera d’1,4 million d’€ de plus pour financer en 2020 à nouveau 1.500 embauches de doctorants par les entreprises.

Douze millions de crédits supplémentaires sont encore inscrits au PLF à destination du CNRS. 28 millions sont budgétés pour revaloriser les rémunérations des personnels des organismes de recherche. Et l’enveloppe spécifique de 25 millions d’€ pour augmenter les crédits de base de laboratoires de recherche est reconduite pour la 3e année.

On stabilise les moyens de la recherche, on les augmente sur l'enseignement supérieur et on construit avec les établissements des projets précurseurs.

Pour accompagner la fusion de l’INRA et de l’IRSTEA pour créer l’INRAE au 1er janvier 2020, le PLF prévoit 2,5 millions d’€ de plus. “7 millions d’€ de plus sont également prévus pour assurer la modernisation de notre flotte océanographique qui nous coûte si cher et dont nous sommes si fiers“, ironise un membre du cabinet de Frédérique Vidal. Les capacités d’engagement de l’Agence nationale de la recherche (ANR) sont revues à la hausse de 32,7 millions d’€. Enfin pour la recherche spatiale (2 milliards d’€) l’effort dans le PLF 2020 se chiffre à 213 millions.

La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) en cours de rédaction jusqu'à décembre

Mais le PLF ne prend pas en compte les futures mesures qui composeront la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). "Cette année on stabilise les moyens de la recherche, on les augmente sur l’enseignement supérieur et on construit avec les établissements des projets précurseurs de la future loi de programmation pluriannuel de la recherche qui sera présentée au Parlement début 2020", résume le cabinet de la ministre.

Le processus de la future LPPR – lancé début 2019 d’année par le premier ministre – est déjà bien avancé : il vient d’aboutir à la restitution le 23 septembre des rapports des trois groupes de travail mis en place et dédiés au financement de la recherche, à l’attractivité des emplois et des carrières scientifiques et à l’innovation et la recherche partenariale.

Le calendrier prévoit l’adoption et la promulgation de la loi "courant 2020" pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2021. Prière donc d’attendre le budget 2021 du MESRI pour mesurer si les moyens sont à la hauteur des nouvelles ambitions du gouvernement pour la recherche et la science !


Etienne Gless | Publié le

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