Qui sera un chercheur « publiant » ? Les réponses de l’AERES


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L’AERES (agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) vient de mettre en ligne sur son site internet les critères d’évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs « publiants » c’est-à-dire les publications qui seront prises pour évaluer l’activité d’une unité de recherche.  

L’organe d’évaluation définit 5 grands secteurs (Mathématiques; Physique, Chimie, Sciences de la Terre et de l'univers; Sciences pour l’Ingénieur, Sciences et Technologiesde l’Information et de la Communication; Sciences du Vivant; Sciences de l’Homme et de la Société) pour lesquels il a décidé d’un nombre minimum de publications de rang A selon que l’on est chercheur ou enseignant-chercheur. Ainsi un mathématicien devra produire en quatre ans au moins 2 publications qu’il soit enseignant-chercheur ou chercheur. En revanche, un chercheur en sciences du vivant devra publier quatre fois contre 2 pour un enseignant-chercheur. Idem pour les sciences de l’homme et de la société.  

Pour l’AERES, une production scientifique de rang A est une publication dans une revue internationale avec comité de lecture ou « une revue considérée comme de très bon niveau par la communauté dans certaines disciplines ». C’est aussi un chapitre d’ouvrage ou un ouvrage de recherche reconnu internationalement et « ou de portée nationale en SHS ». Pour le secteur STIC ou SHS, un article long dans un congrès international à comité de sélection considéré comme sélectif par la communauté peut également être considéré comme de rang A tout comme la constitution de bases de données accessibles ou de corpus de référence, les éditions critiques. Enfin un brevet déposé à l’international sera également pris en compte.

En revanche, la participation à des colloques n’est pas retenue comme « un critère pertinent d’appréciation » au regard de la « très grande variabilité qualitative » de l’évaluation des actes.

D’autres indicateurs sont valorisables. Comme « l’ouverture vers le monde de la demande sociale », pudique appellation du lien public-privé. Ainsi le dépôt de brevets, le développement de logiciels, l’appartenance active à des laboratoires communs public-industriel, la participation à la création d’entreprises seront pris en compte.  

Pour ce qui est des SHS, la valeur de la publication sera définie à l’aulne de trois catégories : internationales, nationales et locales ou professionnelles. Les articles publiés dans des revues locales ou professionnelles sont comptabilisés, tantôt au titre de la recherche, tantôt au titre de la diffusion de la culture scientifique ou de la valorisation selon les disciplines.  

Un bon ouvrage scientifique de recherche ou d’érudition est une publication de rang A (les éditions critiques, les manuels, traités, précis, essais, compilations sont appréciés au cas par cas). La direction d’ouvrages collectifs est comptabilisée dans les disciplines où elle est une forme de production essentielle.  

Pour ce qui concerne les sciences de la vie, de la santé et de l’environnement, l’AERES sensible à la notion de prise de risque, « analysera chaque cas ne répondant pas aux critères ». Une publication dans une revue prestigieuse devrait permettre au chercheur de devenir « publiant ».  

Les mathématiciens pourront dans « certains cas » être considérés comme publiant pour avoir dirigé une thèse.


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SAUOHK INAHGLEDBA.

La place de l'enseignement ? Elle est validée probablement par des institutions qui s'occupent d'enseignement, quelle question ! Le but de l'Aeres est d'évaluer la recherche, donc il est demandé des chercheurs à temps pleins plus de résultats que pour les enseignants-chercheurs, qui partagent leur temps. Ou est le problème ? Si vous n'êtes qu'enseignant, je ne vois pas pourquoi se plaindre de ne pas être « valorisé » en tant que chercheur, cher M.Khouas. Restons cohérents et pertinents.

ABDELGHANI KHOUAS.

c'est peut être valable pour la recherche,mais ou est la PLACE de L'ENSEIGNEMENT dans cette hiérarchisation pour un ENSEIGNANT-CHERCHEUR? à moins que ça