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Sciences de la réadaptation : anatomie de deux intégrations universitaires

Martin Rhodes
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L’Institut de formation aux professions de santé de l'université de Grenoble
En février 2019, l'Institut de formation aux professions de santé accueillera sur le campus de l'université de Grenoble-Alpes les étudiants en kinésithérapie, médecine, maïeutique et soins infirmiers. // ©  CHU Grenoble-Alpes
Sous l’impulsion des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, les universités ouvrent progressivement leurs portes aux formations paramédicales. Focus sur deux intégrations universitaires des sciences de la réadaptation – masso-kinésithérapie, audioprothésie et orthophonie –, à Bordeaux et à Grenoble.

D’un territoire à l’autre, l’intégration à l’université des formations paramédicales diffère. Bordeaux a ainsi fait le choix d’une intégration dite "fonctionnelle", Grenoble celle d’une intégration "organique" des sciences de la réadaptation. Deux modèles établis en concertation avec les différents acteurs – centre hospitalier universitaire, Région, agence régionale de santé –, qui pourraient servir d’exemple aux autres territoires.

À Bordeaux, l'intégration sans le regroupement

D’un côté, le modèle bordelais. "L’Institut universitaire des sciences de la réadaptation devrait être officiellement créé le 3 décembre prochain, par et au sein du Collège santé de l’université de Bordeaux [département notamment composé des sciences médicales, pharmaceutiques et d’odontologie]", confie Patrick Dehail, son directeur.

Le nouvel institut universitaire accueillera trois types de structures : les écoles de masso-kinésithérapie, ergothérapie et pédicurie-podologie du centre hospitalier universitaire de Bordeaux, ainsi que celles de kinésithérapie du centre hospitalier de Dax et de la Croix-Rouge de Bègles (structure privée à but non lucratif). Elles rejoindront les écoles d’audioprothésie, de psychomotricité, d'orthophonie et d'orthoptie déjà intégrées à l’université de Bordeaux.

Les établissements intégrés restent juridiquement rattachés à leur tutelle d’origine et ne sont pas regroupés au sein du même bâtiment universitaire. Les enseignements propres aux métiers paramédicaux restent aux mains de chaque formation.

"L'université fournit un enseignement mutualisé pour les disciplines génériques, comme l'anatomie, la physiologie ou la santé publique. Cette pédagogie, notamment numérique, est disponible sur une plate-forme en ligne", précise Patrick Dehail. L'évaluation des connaissances est, elle aussi, en partie dématérialisée et assurée à la fois par l'université et les écoles.

Outre l’harmonisation de la contribution universitaire dans les études paramédicales, les principaux objectifs de cette intégration sont de favoriser les échanges entre étudiants en santé, constituer un corps d’enseignants-chercheurs en sciences de la réadaptation, de faire des étudiants concernés des étudiants à part entière de l’université de Bordeaux en leur attribuant notamment leur carte étudiante début décembre, de leur permettre d'effectuer des stages à l’étranger et d’accéder à un parcours de recherche via un double cursus.

À Grenoble, un Institut au cœur du campus

Autre territoire, autre modèle d’intégration universitaire. L’Institut de formation en masso-kinésithérapie de Grenoble, seule formation en sciences de la réadaptation du département de l’Isère, a intégré l’université Grenoble-Alpes dès 2001. Le "département de kinésithérapie" a officiellement vu le jour en 2015 (au moment de la réforme des études de kinésithérapie), au sein de l’unité de formation et de recherche de médecine.

Autre différence avec Bordeaux, les futurs kinés grenoblois quitteront définitivement le CHU en février prochain pour rejoindre physiquement l’"Institut de formation aux professions de santé", au cœur du campus. Le bâtiment accueillera notamment les étudiants en médecine, maïeutique et soins infirmiers. Ceux-ci suivront plusieurs enseignements en commun, afin de mieux cerner le rôle et les compétences de chacun.

Une interfiliarité qui devrait être favorisée par la très attendue réforme du premier cycle des études de santé.


Martin Rhodes | Publié le

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