Newsletter

Terra Nova veut mettre le bac au régime

Laura Taillandier
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Depuis 2011, l'académie de Besançon organise l'opération "24h dans le supérieur" à destination des lycéens.
Pour sauver le bac, le think tank proche du PS propose une réforme de l'examen et un bouleversement de l'organisation des deux dernières années de lycée.
Trop lourd, trop cher et peu utile d'un point de vue qualitatif... Terra Nova adresse un carton rouge au baccalauréat. Le think tank proche du PS plaide pour une réforme de l'examen, mais pas seulement. Il propose de revoir en profondeur l'organisation du lycée pour mieux préparer les élèves à l'enseignement supérieur.

"Peut-on encore contrôler la machine baccalauréat ?" Dans une étude publiée mercredi 15 juin 2016, date du coup d'envoi des épreuves écrites générales et technologiques, Terra Nova tacle l'examen. La liste des fautes égrénées n'est pas neuve : "Toujours plus d'épreuves, plus de modalités d'examen, plus d'options et, au total, un calendrier qui s'étale sur l'ensemble du mois de juin, une complexité qui met en péril la lisibilité et, par conséquent, la justice du processus."

"Pour sauver" l'examen, le laboratoire d'idées proche du PS préconise une réforme en profondeur autour de trois pilliers : alléger l'examen, repenser une validation des acquis adaptée aux besoins des élèves et améliorer leur préparation aux études supérieures.

Une nouvelle organisation pour le lycée

La véritable nouveauté dans les propositions de Terra Nova réside dans la modification de l'organisation du lycée. Avec un lexique qui rappelle fortement l'université. Les deux dernières années seraient divisées en quatre semestres, au cours desquels les élèves devraient valider sept unités d'enseignement (mathématiques, français, éducation physique, etc.) de quatre heures hebdomadaires. Objectif : "plus d'approfondissement, moins de dispersion et de bachotage".

À chaque semestre, le lycéen choisirait ses priorités et le niveau d'approfondissement. Chaque unité serait validée par un contrôle en cours de formation. "Il faut trouver un équilibre entre l'injonction faite aux lycéens de suivre un menu imposé 'pour leur bien' et une liberté totale qui pénaliserait les élèves les moins à l'aise ou ceux qui n'ont pas d'idée très arrêtée en ce qui concerne leur orientation", estiment les auteurs de l'étude.

Exemple de parcours en première et terminale d'un élève se destinant à des études de médecine

DEUX JOURNÉES D'ÉPREUVES SUR DEUX ANS 

Terra Nova propose donc de mettre au régime sec le baccalauréat, limité à deux jours d'épreuves. À la fin du semestre de printemps, en première, le lycéen plancherait sur le français et une autre discipline au choix. Puis, à la fin du premier semestre de terminale, une deuxième journée d'examen serait organisée avec, au programme, la philosophie et une autre discipline.

"Les résultats obtenus dans chaque discipline à chaque semestre ne seraient pas entièrement compensables", prévient le think tank. Un niveau minimum serait requis pour "redonner au bac sa valeur certificative" mais il ne serait pas le même selon la certification délivrée. "Le minimum requis en français est différent pour un élève se destinant à des études littéraires que pour celui dont le projet est scientifique ou technologique."

Un dernier semestre pour préparer l'accès au supérieur

Une fois le baccalauréat passé, le quatrième semestre serait postérieur aux processus d'admission dans les filières postbac. Terra Nova propose que ce temps soit consacré à des unités de préparation à l'enseignement supérieur et à un exercice de type TPE (travaux pratiques encadrés) "mobilisant les compétences utiles dans le postbac et évitant la débandade des élèves de terminale qui fuient les cours 'devenus inutiles' après la fermeture d'APB début d'avril". 

Cette dernière épreuve serait évaluée par un jury de professeurs de plusieurs lycées et de diverses disciplines, sur la base d’un mémoire collectif, ainsi que d’une épreuve orale individuelle. "Elle aurait le rôle de confirmation des mentions ou, le cas échéant, d’épreuve de rattrapage."

Simple recommandation à ce stade, cette étude pourrait trouver un nouvel écho lors de la campagne présidentielle. Plusieurs élus de droite plaident déjà pour une réforme du bac, notamment François Fillon.

Quid des élèves de la voie pro ?

Concernant les lycéens de la voie professionnelle, la principale mesure portée par Terra Nova consiste à proposer des modules complémentaires, en fonction des projets postbac de ces élèves. Ces modules devraient permettre une plus grande préparation aux études supérieures, à la fois dans la méthodologie et dans les connaissances.

"Ces compléments seraient accessibles pendant l’année de terminale et, dans le cas d’élèves ayant des lacunes trop importantes pour s’engager dans leur projet d’études immédiatement après la terminale, dans un dispositif à temps partiel dans l’établissement d’origine où les élèves pourraient être accompagnés par une équipe pédagogique qui les connaît."

Laura Taillandier | Publié le

Vos commentaires (1)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Frédéric BOULARD.

Cette réflexion est intéressante mais n'aborde aucunement la filière de l'apprentissage (qui n'a absolument pas été prise en considération lors de la réforme des CAP / BEP / BAC PRO) et la préparation de certifications de niveau IV autres que le baccalauréat.