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Terra Nova prône la sélection à l'université pour les "licences d'excellence"

Marie-Anne Nourry
Publié le
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Université Paris 4 Sorbonne - Clignancourt - Pré-rentrée - Licence 1 Histoire © E.Vaillant-C.Stromboni sept2013
Université Paris 4 Sorbonne - Clignancourt - Pré-rentrée - Licence 1 Histoire © E.Vaillant-C.Stromboni sept2013

Face au malaise des universitaires, Terra Nova, le think tank de gauche, vient de publier un ensemble de propositions pour leur "redonner confiance". Parmi les pistes, la nécessité de retenir les élèves brillants à l'université par le biais de la sélection.

Inquiétudes et tensions. À l'heure des regroupements entre établissements, des collectifs d'universitaires ont exprimé à plusieurs reprises leur lassitude face à ces réformes. Pour tenter de résoudre ce malaise, Terra Nova propose neuf mesures, dans une note publiée le 13 juin 2014.

Diversifier l'offre de parcours en licence

La réussite en licence est au cœur des préoccupations. Pour Terra Nova, cela implique de diversifier l'offre de parcours afin de s'adapter à la diversité des publics, "parce que tous les étudiants ne se destinent pas à obtenir un master, et parce que tous les bacheliers peuvent prétendre à accéder à l’enseignement supérieur." 

Le think tank suggère ainsi d'afficher clairement les pré-requis de chaque parcours, les objectifs de formation et les débouchés. Condition indispensable pour que des étudiants ne se retrouvent plus dans des formations qui ne répondent pas à leurs intérêts et pour enrayer "la fuite" des élèves brillants vers d'autres filières. Pour retenir ces derniers, Terra Nova plaide pour la sélectivité à l'entrée des "licences d'excellence", en soulignant les ruses auxquelles beaucoup d'universités sont contraintes de recourir pour attirer les meilleurs bacheliers.

Soutenir l'innovation pédagogique

Pour que les universités innovent sur le terrain pédagogique, Terra Nova estime nécessaire d'arrêter de les "infantiliser". Les établissements doivent être encouragés à expérimenter de nouvelles méthodes (TICE, évaluation, alternance, formation continue, etc.), grâce à un système d'allocation de moyens plus incitatif. Celui-ci devrait être fondé "sur l'évaluation des réalisations et des résultats", et sur "un soutien ciblé à l'innovation".

 Réguler par l'évaluation

La contrepartie de l'autonomie est la régulation par l'évaluation, soutient Terra Nova. "Le nouveau HCERES (Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) doit poursuivre la tâche de l'ancienne AERES en évitant les écueils de la pensée unique. Une façon simple d'y parvenir, poursuit le think tank, serait d'autoriser les établissements à recourir aux institutions d'évaluation de leur choix dans l'offre accessible en France et en Europe."

Trouver de nouvelles voies de financement

En période de vaches maigres, la question du financement est centrale. En plus de demander l'augmentation des dotations de l'État – "nécessaire mais très insuffisant" – Terra Nova suggère de sensibiliser davantage l'opinion publique et les décideurs à l'importance de l'université, et d'explorer de nouvelles voies de financements : "par les mécénats, la valorisation de la recherche et de la formation, et les droits d'inscription". L'augmentation des coûts d'inscription, un sujet qui fâche, mais le think tank glisse déjà l'idée d'organiser une conférence de consensus pour en débattre.


Marie-Anne Nourry | Publié le

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