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Toulouse Business School : dans les coulisses du changement de direction

Cécile Peltier
Publié le
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Hall d'entrée de Toulouse business school
Hall d'entrée de Toulouse business school // ©  Huynh Manuel

Le passage de Pierre Dreux à la tête de Toulouse Business School aura été de courte durée. A peine huit mois après sa prise de fonction, la direction de l'école a annoncé vendredi 26 avril 2013 son remplacement par Jacques Igalens, un homme du sérail. Explications.

"Contrairement à ce que j'ai pu lire, il n'y a pas de conflit entre le président de la CCI et Pierre Dreux", insiste Alain Di Crescenzo, le président de la CCI de Toulouse, qui a procédé vendredi 26 avril 2013 à la nomination de Jacques Igalens en remplacement de Pierre Dreux, à la direction de Toulouse Business School. Pas l'ombre non plus d'une tension avec le corps professoral, assure-t-il, "simplement des divergences sur la conduite des opérations". "Cette décision ne porte pas sur l'homme, pour lequel j'ai, par ailleurs, beaucoup de respect, ni sur son travail, mais sur le fait que nous n'étions pas en phase sur l'institution 'école de commerce'", assure le président de la chambre de commerce.

Cette décision, qui a fait l'objet de "longues discussions" avec Pierre Dreux n'était en rien une "surprise", poursuit-il. "On ne débarque pas quelqu'un du jour au lendemain", se défend-il, rejetant l'idée "d'une erreur de casting". "Il faut travailler ensemble  pour se rendre compte que l'on n'est pas synchrones, cela ne se voit pas dès le début", conclut-il, refusant d'en dire plus sur la nature exacte des divergences. Pierre Dreux, contacté par EducPros, n'a pas donné suite.

Selon des sources internes, l'une des divergences porterait sur le rythme de changement de statut de l'école : Pierre Dreux semblait pressé de passer au statut associatif alors que le président de la CCI préférait attendre les résultats de la future loi ESR sur le nouveau statut des écoles consulaires. Une source interne mentionne également la réticence de Pierre Dreux à voir "le corps professoral et les étudiants siéger dans les organes de direction de l'école, comme le demandent les organismes d'accréditation". "Globalement la succession s'est passée sans drame", pondère une autre source.

"On change de capitaine, mais on ne change pas de cap" 

La figure de Jacques Igalens a tout pour rassurer. Entré dans  la maison pour la première fois il y a plus de trente ans, l'homme est passé par la formation continue, avant de prendre la direction de la recherche en janvier 2011. "Jacques Igalens est un homme du sérail qui a fait ses preuves et est humainement bien perçu", reconnaît une source interne.

Le nouveau directeur continuera d'appliquer les grandes lignes du plan de bataille présenté le 25 février dernier par son prédécesseur : "On change de capitaine, mais on ne change pas de cap", résume-t-il. Au programme notamment : les accréditations, le changement de statut de l'école, l'internationalisation et le développement de partenariats.

Alors que Pierre Deux n'avait pas totalement exclu en février l'éventualité d'un rapprochement avec KEDGE, le nouveau pilote se veut plus clair : "ce n'est pas à l'ordre du jour, ni à court ni à moyen terme". "Pour l'instant, nous n'avons ni la volonté d'acquérir une petite école ou de fusionner avec une grande. Notre objectif est plutôt de nouer des partenariats forts mais limités avec des établissements de qualité accrédités, notamment à l'étranger."

"Quelques modifications de forme"

Tout cela posé, Jacques Igalens ne s'interdit pas "quelques modifications de forme". Autant d'inflexions qui disent en creux sa différence de vision, ou plutôt de langage, avec Pierre Dreux. Alors que ce dernier insistait sur l'acquisition d'une "troisième langue technologique" (comprendre une culture scientifique), le nouveau directeur préfère parler de "doubles diplômes" au sens large, et pas seulement technologiques. Pour preuve : le partenariat finalisé il y a dix jours avec Sciences po Toulouse.

Jacques Igalens va, par ailleurs, réfléchir à des réformes pédagogiques. Objectif : "réduire le nombre d'heures de cours et s'appuyer davantage sur le travail de l'étudiant afin d'utiliser le présentiel pour de l'échange". Un moyen pour les enseignants-chercheurs dont le nombre va augmenter de consacrer davantage de temps à leurs travaux.

Jusqu'à la nomination de son successeur – vraisemblablement en interne – Jacques Igalens garde la casquette de directeur de recherche.

Bientôt un changement de statut ?

C'est la grande affaire de ces prochains mois. La CCI de Toulouse, qui a voté à l'unanimité il y a environ deux mois le principe d'un changement de statut de l'école de commerce, attend le vote par le Parlement des nouveaux statuts des écoles consulaires pour sauter le pas.

Alors que Pierre Dreux semblait prêt à évoluer rapidement vers un statut associatif, le président de la CCI insiste sur la nécessité d'attendre les nouveaux statuts : "La seule possibilité jusqu'ici était de passer par l'association, or tout le monde est d'accord pour dire que ce n'est pas optimal. La création prochaine de sociétés consulaires sera beaucoup plus attractive !", indique Alain Di Crescenzo. Dans cette perspective, le basculement pourrait intervenir avant la fin de l'année calendaire.

Cécile Peltier | Publié le

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