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Université de Montpellier : "Expérimenter le dialogue de gestion est une opportunité"

Guillaume Mollaret
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Université de Montpellier - façade faculté de droit et de science politique
L'université de Montpellier adressera une lettre d'intention au ministère pour expérimenter le dialogue de gestion dès l'exercice budgétaire 2019. // ©  UM-David Richard
L'établissement fait partie des quatre universités qui pourront mettre en place ce dialogue de gestion avec leur ministère de tutelle, dans un cadre expérimental. Objectif : s'appuyer sur une logique "de moyens et de résultats".

Donner davantage de marges de manœuvre aux établissements du supérieur dans l’allocation budgétaire et sa gestion… Tel est 'objectif affiché du "dialogue de gestion" qu’expérimentera le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dès l’exercice 2019.

Concrètement, dix ans après la loi régissant l’autonomie des universités, l’État souhaite revoir sa manière d’allouer ses dotations. Celles-ci pourraient ne plus être basées uniquement sur le nombre d’étudiants inscrits mais également s’appuyer sur une logique de moyens et de résultats. Une expérimentation qui semble s'inscrire dans le droit fil de certaines recommandations de CAP 22, prônant un nouveau pilotage des universités "qui les responsabilise davantage avec une contractualisation autour d’objectifs plus clairs, portant sur la qualité de l’enseignement, la réussite universitaire des étudiants et sur leur insertion professionnelle".

Sept établissements du supérieur feront ainsi l’expérimentation de ce dialogue de gestion dès 2019 (Comue PSL et Côte d'Azur, Aix-Marseille Université, université de Strasbourg, université de Montpellier, université de Reims et Sciences Po Paris). À Montpellier, ce dialogue portera sur 5 à 10 % du budget de l’université (80 % étant consacrés à la masse salariale), qui s’élève à 400 millions d’euros au total.

"Un établissement comme le nôtre ne peut se contenter d'une dotation principalement dictée par le nombre d'étudiants inscrits [ils sont 41.000, ndlr]", explique Philippe Augé, le président de l’université de Montpellier. Ainsi, l'établissement souhaite notamment gagner en latitude sur "les questions immobilières, qui constituent un enjeu financier important, ne serait-ce que pour la mise en sécurité et l'accessibilité. Je dois pouvoir en discuter pour justifier des demandes de crédits", insiste le président, qui, sur un autre registre, entend développer "l'ouverture internationale de l'université, notamment avec [le] projet I-Site, tourné vers les Sud, qui doit être davantage expliqué".

Du côté du ministère, on explique que cette expérimentation doit permettre de renouveler les modalités du dialogue noué par l’État avec les universités sur la question de leur budget. "Ce dialogue doit être plus fréquent, prendre en compte les projets, besoins et contraintes singulières de chacune et s’adosser à une réflexion partagée autour de moyens mis à disposition des établissements pour mener à bien leurs missions", explique-t-on dans les services de la ministre Frédérique Vidal. Ainsi, les indicateurs d’activité et de performances pourront varier d’un établissement à l’autre en fonction de leurs spécificités.

La reconnaissance de la professionnalisation des établissements

"Expérimenter le dialogue de gestion est pour nous une opportunité. Il est important d'avoir un dialogue direct avec la tutelle pour échanger sur notre stratégie, mais également sur nos contraintes, plaide pour sa part Philippe Augé. Dans cette démarche, je vois la reconnaissance de la maturité de nos établissements dans leur structuration et leur fonctionnement. Dix ans après le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE), les universités se sont 'professionnalisées' en termes de pilotage. Instaurer un dialogue direct, c'est aussi reconnaître cette professionnalisation de nos équipes, comme c'est déjà le cas pour les organismes de recherche."

Porteur d'un I-Site, son établissement revendique également la nécessité de cet échange direct dans un souci de clarté vis-à-vis de ses autres partenaires. "Cette expérimentation nous permettra, je l'espère, de dialoguer plus en amont avec les collectivités territoriales ainsi qu'avec les organismes de recherche et les établissements de santé. Cette connaissance partagée permettra d'affirmer, et confirmer plus tôt, nos engagements respectifs, notamment sur des projets d'investissement", veut croire Philippe Augé.

L'université de Montpellier, comme les six autres établissements retenus, adressera d'ici à quelques semaines sa lettre d'intention à la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, et de l'Innovation.


Guillaume Mollaret | Publié le

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