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L'X en passe de résoudre l'équation du Bachelor

Laura Makary
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L'X en passe de résoudre l'équation du Bachelor
71 élèves ont intégré le Bachelor depuis septembre 2017. Le recrutement pour la suivante commence le 10 octobre prochain. // ©  Jérémy Barande - Ecole polytechnique
Annoncé en décembre 2015, la première promotion du Bachelor de l'École polytechnique a effectué sa toute première rentrée en septembre 2017. 71 étudiants, issus de 32 pays, ont intégré ce cursus d'un nouveau genre, où la sélectivité de l'X reste plus que présente.

L'X a fait vite. Deux ans à peine lui auront suffi pour créer de toutes pièces un Bachelor, quand d'autres établissements poursuivent encore leur réflexion. Annoncée le 15 décembre 2015 lors de la venue à l'École polytechnique de Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron et Thierry Mandon, alors respectivement ministres de la Défense et de l'Économie et secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, la création de ce cursus en trois ans avait pour vocation d'attirer les étudiants internationaux et retenir les meilleurs élèves français, de plus en plus tentés par l'étranger.

Deux ans plus tard, le Bachelor répond à son cahier des charges initial. En septembre 2017, 71 élèves, sélectionnés sur dossier parmi 500 candidats, ont rejoint le campus de l'établissement.

Jusqu'à 150 élèves par promotion

À terme, ce cursus ambitionne d'accueillir 150 à 160  étudiants par promotion. "Nous sommes aujourd'hui limités par notre parc immobilier, concède Claire Lenz, directrice déléguée du programme Bachelor. Un tiers de nos élèves sont mineurs, il est donc essentiel qu'ils soient logés sur le campus, d'autant que la charge de travail est conséquente. "

Une résidence étudiante, de 480 places supplémentaires, doit être construite. Le chantier, annoncé en septembre 2017, débutera au printemps 2018, pour une livraison avant la rentrée 2019, permettant à l'école d'augmenter potentiellement la taille de ses promotions.

En tout cas, Polytechnique l'assure : pas question de remplir pour remplir. "Notre objectif primordial est la qualité, nous ne recrutons que des étudiants dont nous sommes absolument sûrs", tranche Claire Lenz.

Une sélection en deux temps

Le recrutement, justement, se veut sélectif et se déroule en deux temps, sur dossier pour commencer. "Notre premier critère est le potentiel académique. Dans le dossier, nous demandons les notes depuis la troisième incluse, ce qui nous permet d'observer la progression de chacun. Autre point important : la motivation, avec des questions sur l'attrait pour la science, les passions du candidat et son intérêt pour notre filière", détaille la directrice du programme. Sur les 500 dossiers reçus, environ la moitié a été retenue pour les oraux, qui se sont déroulés en visioconférence, afin de départager les derniers candidats.

Polytechnique oblige, la matière étudiée la plus importante demeure les mathématiques, avec 12 heures hebdomadaires. "C'était l'un des points importants dans le recrutement de cette première promotion : nous recherchions des élèves ayant un très bon niveau en mathématiques, sachant également les appliquer aux autres matières scientifiques. Leurs niveaux sont très différents en économie, mais grâce à leur niveau en mathématiques, il leur sera plus facile d'entrer dans les concepts, car ils connaissent déjà le langage", argumente Yukio Koriyama, professeur de microéconomie à l'école.

12.000 euros annuels de frais de scolarité

Avec ce cursus, l'objectif de l'X était clair : attirer des étudiants internationaux. La première promotion se compose ainsi à 52 % d'étudiants internationaux, issus de 32 pays."C'est une réussite pour nous, d'autant que certains sont originaires de pays relativement nouveaux pour nous, comme l'Albanie, l'Afrique du Sud, la Lituanie ou la Slovénie", analyse Claire Lenz. Même les élèves français disposent pour la plupart d'une expérience internationale : la majorité d'entre eux ont vécu à l'étranger, voire ont passé leur baccalauréat dans un lycée à l'autre bout du monde.

Autre stratégie assumée de l'établissement : pratique des frais de scolarité élevés, au regard du cycle ingénieur, où les étudiants touchent une solde. Prix de l'année : 12.000 euros par an pour les Français et les ressortissants européens, 15.000 euros pour les autres. "Nous avons effectué un benchmark international, pour fixer ces tarifs, qui se situent dans la moyenne des cursus européens de ce type. Cependant, il était aussi essentiel pour nous de proposer des aides financières. Ainsi, 35 % de la promotion a reçu une forme d'aide, sous forme de bourses ou de prêt bonifié", précise Claire Lenz.

Dans trois ans, à la fin de leur cursus, les diplômés pourront intégrer le cursus d'ingénieurs polytechnicien, en passant le concours réservé à la filière universitaire. Pas question de leur accorder un quelconque passe-droit, assure Polytechnique.


Laura Makary | Publié le

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Quod.

"Il leur sera plus facile d'entrer dans les concepts, car ils connaissent déjà le language" "Language"? Vraiment?