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Zéro frais de scolarité jusqu'au premier emploi : le modèle MissionU

Jessica Gourdon
Publié le
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Zéro frais de scolarité jusqu'au premier emploi : le modèle MissionU
Mission U proposera à la fois des cours en ligne et en présentiel. // ©  plainpicture/Hollandse Hoogte/Amaury Miller
REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. Parmi les start-up qui essaient d'apporter des solutions aux maux de l'enseignement supérieur américain, MissionU, une université en ligne, propose aux étudiants de payer les frais de scolarité une fois qu'ils seront en poste, relate CNN.

Basée à San Francisco, MissionU va initier en septembre 2017 une université en ligne d'un nouveau genre : un cursus d'un an, qui se présente comme une alternative à une licence traditionnelle, à destination de jeunes qui veulent entrer rapidement sur le marché du travail. Avec une particularité : l'étudiant ne paie les frais de scolarité qu'à partir du moment où il obtient un emploi correctement payé – la barre a été placée à 50.000 dollars par an [46.000 euros]. Ce seuil passé, il effectue des remboursements à hauteur de 15 % de son salaire, pendant trois ans.

Ainsi, plus le jeune diplômé gagne, plus il rembourse son école. Au minimum (s'il gagne juste 50.000 dollars par an), le diplômé paiera donc 22.500 dollars à MissionU, soit peu ou prou l'équivalent d'une année de scolarité dans une université publique aux États-Unis.

Le remboursement différé, autant loué que critiqué

Dix jours après son lancement début avril, MissionU avait déjà reçu plus de 2.000 candidatures, comme le rapporte CNN. Une première cohorte de 25 élèves devrait débuter le cursus à San Francisco en septembre, et de nouveaux groupes viendront s'ajouter tout au long de l'année, dans différentes villes des États-Unis. Les élèves seront sélectionnés au moyen de tests et de travaux de groupe.

MissionU n'est pas la première institution à se positionner sur le créneau du remboursement différé, nommé "income-share agreements", qui consiste, en somme, à faire partager le risque de l'endettement avec l'établissement. Les Français qui ont lancé, à San Francisco, Holberton School, une école d'informatique, proposent également une scolarité gratuite jusqu'au premier emploi. D'autres, comme Purdue University, testent ce système, qui suscite autant de louanges que de critiques, comme le pointe le magazine Edsurge. Notamment car il peut conduire certains étudiants à payer bien plus qu'avec un prêt classique.

Formation en ligne et en présentiel

Quoi qu'il en soit, MissionU y voit surtout une manière d'attirer vers les études des jeunes qui ne veulent pas prendre le risque de s'endetter.

Côté pédagogie, MissionU veut se distinguer par l'aspect très professionnalisant de son cursus. À l'heure où beaucoup d'entreprises de la Silicon Valley se plaignent de ne pas trouver de jeunes correspondant à leurs besoins, MissionU s'est alliée avec de grosses start-up (Spotify, Uber, Lyft, Casper...), qui ont coconstruit le programme.

Pour le moment, un seul cursus est proposé, autour des fondamentaux du business et de l'analyse des données. La start-up y ajoute un format mixant modules on line et présentiel. De nombreux enseignements seront effectués dans des classes virtuelles synchrones de 25 élèves, à la manière de ce que propose Minerva – un autre exemple d'université souhaitant "disrupter" le modèle actuel. Mais les cohortes se retrouveront aussi physiquement une fois par mois. Le cursus prévoit également des travaux de groupe pour le compte d'entreprises, des modules d'aide à la recherche d'emploi, et tout un trimestre centré autour de la connaissance de soi.

Aller plus loin :
– L'article sur le site de CNN Money (en anglais)
– L'article d'Edsurge (en anglais)

Jessica Gourdon | Publié le

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