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Exclusif. Présidentielle : un quart des étudiants ne se reconnaît dans aucun parti

Catherine de Coppet
Publié le
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Elections Crous : La Fage arrive en tête devant l'Unef
Elections Crous : La Fage arrive en tête devant l'Unef // ©  Jean Michel ANDRE/REA
Selon le sondage Ifop en exclusivité pour l’Etudiant, le sentiment de ne pas être représenté par la classe politique gagne du terrain chez les étudiants. Interrogés sur le candidat qui répond le mieux à leurs attentes, les étudiants citent en premier Alain Juppé, puis Jean-Luc Mélenchon. Décryptage.

Alain Juppé, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy… Le trio de tête a de quoi surprendre. C'est en tout cas dans cet ordre que les étudiants sondés par l'Ifop en exclusivité pour l'Etudiant, ont répondu à la question : "Chacun des candidats (déclarés ou potentiels) suivants à l'élection présidentielle de 2017 prend-il en compte les préoccupations des étudiants ?" En plaçant Alain Juppé largement en tête, avec 40 % de réponses favorables, contre 32 % pour Mélenchon et 30 % pour Nicolas Sarkozy.

"Il faut y voir le reflet d'un mouvement de droitisation de la population étudiante en France, parallèle à celui du reste du pays, note François Kraus, directeur du pôle politique de l'Ifop. La place de Jean-Luc Mélenchon s'explique par une plus forte sensibilité chez les étudiants, depuis longtemps, aux figures protestataires. Ce qui est intéressant ici, c'est la perte de vitesse des figures socialistes traditionnelles."

De fait, François Hollande est désigné par seulement 20 % des étudiants (au même niveau que Philippe Poutou du NPA), Arnaud Montebourg par 24 %, Manuel Valls par 27 %. "Emmanuel Macron est désigné par 29 % des étudiants, mais son appartenance à la gauche classique pose question", appuie François Kraus.

Le positionnement d'Alain Juppé dans le sondage refléterait de son côté l'aspect consensuel du personnage. "C'est le contre-modèle de Sarkozy, même 50 % des étudiants sympathisants socialistes le trouvent intéressant", poursuit le directeur du pôle politique de l'Ifop.

une Faible participation prévue

Un classement à nuancer, ou du moins à mettre en regard des mauvais chiffres sur la future participation des étudiants au scrutin : 45 % des sondés déclarent qu'ils ne se déplaceront pas dans les bureaux de vote, contre 27 % pour le reste de la population, si on se réfère à un sondage réalisé par l'Ifop en octobre dernier. À noter : plus le niveau d'études supérieures est élevé, plus l'intention d'aller voter est forte.

 

"Traditionnellement, les jeunes participent moins aux élections, c'est une constante, souligne François Kraus. Les étudiants ont des problématiques spécifiques de mobilité, de résidence, qui peuvent expliquer une partie de l'abstention. L'importance de l'abstention est aussi à relier au fait que beaucoup d'étudiants ne se reconnaissent dans aucune formation politique."

 

 

Effectivement, le sondage apporte des éléments très intéressants sur la proximité ou non des étudiants avec les formations politiques existantes : 23 % se déclarent proches d'aucune formation, 23 % proches des Républicains, 15 % du Parti socialiste et PRG, 11 % d'Europe Écologie les Verts (EELV), et 10,5 % du Front national.

"Le sentiment de ne pas être représenté par la classe politique est fort, analyse François Kraus, mais la proximité avec le Front national est moins importante chez les étudiants que dans le reste de la population, où elle se situe à 16 %."

Le sentiment de n'être pas représenté par la classe politique est fort. 
(F. Kraus)

Les étudiants préoccupés par l'emploi

Du côté des thèmes qui compteront pour l'élection présidentielle, 63 % des sondés pensent que l'emploi est une question qui pèsera beaucoup, devant le pouvoir d'achat (47 %) et l'éducation (44 %).

"Cette problématique de l'emploi arrive en tête chez tous les Français,rappelle François Kraus. Ce qui est intéressant ici, c'est que tous les étudiants, indépendamment de leur profil politique, mettent l'emploi au cœur des débats. On est face à une énième génération qui affronte la crise et qui fait preuve de pragmatisme." Dans le détail, ce sont les étudiants sympathisants de la droite traditionnelle et du centre qui sont les plus nombreux à citer l'emploi comme enjeu de l'élection.

Les questions liées à la recherche et à l'enseignement supérieur sont citées par 26 % des étudiants sondés comme une thématique pesant beaucoup dans l'élection, 49 % des étudiants estimant qu'elle pèse "assez".

Au-delà des thèmes qui leur semblent importants, les étudiants sondés gardent une certaine confiance vis-à-vis de leurs études, révèle le sondage. 75 % déclarent avoir confiance en la valeur de leur diplôme et 64 % estiment que leurs études joueront le rôle d'ascenseur social. Plutôt une bonne nouvelle.

Sondage Ifop en exclusivité pour l'Etudiant, réalisé auprès d'un échantillon de 604  personnes représentatif de la population inscrite dans l'enseignement supérieur, entre le 25 octobre et le 4 novembre 2016.

Catherine de Coppet | Publié le

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LAURENT.

45% de la jeunesse étudiante laisserait donc "les autres" decider de leur avenir ? réfléchissez donc à qui profiteront ces abstentions ! réveillez vous les jeunes....la politique n'est peut être pas votre tasse de thé ni toujours bien reluisante...mais n'oubliez pas ceci : ceux qui ont des intérêts...leurs intérêts à défendre iront voter, sans scrupules, et ce sera toujours au détriment de ceux qu'ils exploitent!

Frida.

Pas faux, jeunes gens si vous voulez un système éducatif de qualité, des profs bien payés, des diplômes qui ont une valeur et pas uniquement décorative dans vos toilettes, il est temps de voter en faveur de la sélection à l'Université enfin généralisée en L1. Elle existe déjà de fait à Bax+1 en fac de médecine, droit et à Bac+0 pour les écoles d'ingénieurs du réseau Geipi-Polytech