Loi ORE : l'accompagnement améliore la réussite des étudiants mais il faut renforcer le suivi

Amélie Petitdemange
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Loi ORE : l'accompagnement améliore la réussite des étudiants mais il faut renforcer le suivi
Selon une étude partielle, les premiers dispositifs de la loi ORE améliorent la réussite des étudiants. // ©  Syda Productions / Adobe Stock
Les étudiants ont été plus assidus en cours et ont validé davantage d'UE depuis la mise en place de la loi ORE, selon un rapport remis au ministère de l'Enseignement supérieur, daté de février 2020 et publié le 29 juillet 2020. Moins d'un tiers des universités ont cependant été sondées.

Les étudiants ont mieux réussi à l'université en 2018–2019, selon un rapport de l'Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) daté de février et publié le 29 juillet 2020. Ce rapport dresse le bilan de la loi relative à l'orientation et la réussite des étudiants (ORE) du 8 mars 2018. Il se base notamment sur le taux de présence des étudiants et leur réussite aux examens.

Cette loi prévoit un accompagnement renforcé des bacheliers, à travers des dispositifs de réussite, des parcours personnalisés avec des "contrats de réussite pédagogique", des licences modulables, de nouveaux cursus universitaires innovants, mais aussi la création de places supplémentaires dans toutes les filières et la mise en place de quotas boursiers et hors secteurs. Elle vise à améliorer la réussite des étudiants, alors que seuls 27% d’entre eux obtiennent leur licence en trois ans.

22 universités ont créé des parcours personnalisés

Parmi les 28 universités étudiées dans ce rapport, 22 ont effectivement mis en place des parcours personnalisés, contre 7 l'année dernière. Le nombre d'étudiants de "première année" bénéficiant d'un parcours personnalisé est six fois supérieur à l’année dernière. Près de 65% de ces étudiants bénéficient de modules complémentaires et 35% d’un allongement de la durée de leurs études.

L'université Paris-Nanterre a par exemple développé une unité d'enseignement (UE) "parcours personnalisé". Un module de cet UE vise à donner aux étudiants les clés de la réussite en licence et le deuxième module donne aux étudiants des repères intellectuels, géopolitiques et institutionnels qui permettent de mieux appréhender le monde contemporain.

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Des résultats nuancés selon le bac

L'accompagnement personnalisé a favorisé la réussite des étudiants, notamment ceux provenant de bacs professionnels. Leur taux de présence en L1 a ainsi augmenté de 3,5 points entre l'année scolaire 2017–2018 et 2018–2019. Il est par ailleurs en hausse de 1,7 point pour les bacs généraux et de 1,3 point pour les bacs technologiques.

L'IGESR (Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche) observe également davantage de validation d'UE. Le taux a augmenté de 1,8 point pour les bacs technologiques, +1,4 pour les bacs professionnels et +0,3 pour les bacs généraux.

"Ce premier bilan montre que nous avançons dans la bonne direction. Ce n'est que si l'on permet à chacun de trouver sa juste place que l'enseignement supérieur deviendra un réel facteur d'émancipation intellectuelle et sociale pour tous les étudiants", a réagi la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.

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Un dispositif qui vise surtout les bacs pros et technos

Les néo bacheliers généraux sont les plus nombreux à bénéficier d’un parcours personnalisé (59%) devant les néo bacheliers technologiques (29%) et professionnels (12%). Cela dit, environ 20% des néo bacheliers technologiques et professionnels des 28 établissements de l’échantillon bénéficient d’un parcours personnalisé, alors qu’ils ne représentent respectivement que 12,6% et 4,6% des inscrits.

Parmi les néo bacheliers bénéficiant de parcours personnalisés, les néo bacheliers généraux se voient proposer en grande majorité des modules complémentaires (73%) plutôt qu’un allongement de la durée des études, alors que la situation est plus équilibrée pour les néo bacheliers technologiques (53,3%) et professionnels (50%).

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Renforcer le suivi

Si les modules complémentaires ont un impact positif sur la présence aux examens, ce n'est cependant pas le cas de l'allongement des études. Le rapport en conclut que cet allongement "doit être complété par un dispositif de suivi de la participation aux épreuves de contrôle des connaissances".

D'autres améliorations sont à prévoir. Les bacs pros et technos ont toujours un taux de réussite moindre. Il s'élève respectivement de 7,5% à 22,5% et de 16,1% à 34,7% (selon la méthode de calcul), contre 54,2% à 71% pour les bacs généraux.

Les résultats du rapport sont par ailleurs à nuancer en raison du petit échantillon étudié. L'IGESR appelle d'ailleurs dans son rapport à "l’élargissement, le plus rapidement possible, de la collecte de ces données à l’ensemble des universités".


Amélie Petitdemange | Publié le

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