Réussite dans l’enseignement supérieur : les inégalités persistent

Amélie Petitdemange
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Réussite dans l’enseignement supérieur : les inégalités persistent
Trois ans après le bac, seul un étudiant sur deux a obtenu un diplôme du supérieur. // ©  YY apartment/AdobeStock
Trois ans après le bac, seulement un étudiant sur deux a obtenu un diplôme, selon des chiffres publiés par le ministère de l'Enseignement supérieur en avril 2020. Les étudiants n'ayant pas obtenu leur licence ont un moins bon profil scolaire et sont d'origine sociale plus modeste.

Parmi les lycéens qui ont obtenu leur bac en 2014, près de 8 sur 10 se sont inscrits dans une formation de l’enseignement supérieur (79%). Mais trois ans plus tard, seulement 51% ont obtenu un diplôme, selon une note du ministère de l'Enseignement supérieur publiée en avril 2020. Parmi ceux qui ont obtenu un diplôme, 22% sont titulaires d’une licence générale ou professionnelle, 16% d’un BTS et 5% d’un DUT.

Après ces trois ans d’études, plus de 6 sur 10 continuent dans l’enseignement supérieur (63%). Parmi ceux qui ne poursuivent pas leurs études, 20% ont obtenu un diplôme et 17% sont sortis sans diplôme. Les bacheliers professionnels sont surreprésentés parmi les étudiants sortis sans diplômes (52%). Quant aux bacheliers généraux et technologiques, ils sont représentés à parts égales (24%) parmi les sortants non diplômés.

A l’université, seulement 44% des étudiants ont un diplôme au bout de trois ans. Les autres redoublent, se réorientent, ou quittent l’enseignement supérieur sans diplôme.

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Une réussite influencée par le milieu social

La réussite universitaire en licence est fortement conditionnée par le profil scolaire et l’origine sociale des étudiants, selon cette note qui a modélisé cinq types de parcours différent. Ainsi, les 17% d’étudiants qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme sont ceux qui ont les origines sociales les plus modestes. Près de six sur dix sont boursiers sur critères sociaux, et seulement 27% sont issus d’un milieu favorisé. Par ailleurs, seulement 26% d’entre eux ont décroché une mention au baccalauréat et 44% sont des bacheliers généraux. Un tiers des étudiants sont des bacheliers professionnels.

A contrario, les étudiants qui ont obtenu leur licence en trois ans puis arrêté leurs études proviennent à 34% de milieu favorisé. Ils sont par ailleurs 67% à provenir de bacs généraux.

La fracture sociale est encore plus nette parmi les étudiants qui ont obtenu leur licence en trois ans et qui continuent leurs études. Près de la moitié proviennent d’un milieu favorisé et 46% sont boursiers, contre 55% chez ceux qui arrêtent leurs études après obtention de leur licence. Ils se caractérisent aussi par leur profil scolaire : 96% d’entre eux ont un baccalauréat général et 72% ont obtenu une mention.

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En licence, l’abandon est fréquent dès la L1

C’est aussi en licence que les parcours sont les moins linéaires. Les redoublements, les abandons et les réorientations sont en effet nombreux. Ainsi, sur 100 bacheliers entrés en licence après leur baccalauréat en 2014, 41 seulement passent en deuxième année, 35 redoublent et 25 quittent la licence à l’issue de la première année. C’est donc en première année de licence que s’effectue la plus grande part de la sélection.

Les universités tentent d’effacer ces inégalités avec des accompagnements personnalisés et du tutorat. Depuis 2018, la loi ORE (Orientation et réussite des étudiants) prévoit en effet la mise en place de "dispositifs d’accompagnement pédagogique" afin de favoriser la réussite de tous les étudiants. Le dispositif "oui, si", mis en place à la rentrée 2018, permet par exemple de réaliser sa L1 en deux ans. Il est notamment destiné aux bacheliers professionnels et technologiques.


Amélie Petitdemange | Publié le

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