Université de Strasbourg : remous après une vague de démissions aux conseils centraux

Amélie Petitdemange
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Université de Strasbourg : remous après une vague de démissions aux conseils centraux
L'université de Strasbourg traverse une crise après la démission collective de 23 membres des conseils centraux. // ©  C.Schröder/ Université de Strasbourg
A l'université de Strasbourg, 23 membres des conseils centraux - conseil d'administration, de la commission de la recherche, et de la commission de la formation et vie universitaire - ont démissionné le 24 juin. Ils dénoncent leur incapacité à exercer leurs mandats et l'opacité de l'université. La présidence ne prévoit pas d'élections partielles anticipées.

Mercredi 24 juin, 23 membres des conseils centraux de l'université de Strasbourg ont démissionné. Dans un communiqué publié le jour même, ils regrettent leur "incapacité d'exercer leurs mandats". Selon eux, l'université ne les laisse pas peser sur les orientations de l'université.

Un "manque de transparence" dénoncé

"Les décisions sont prises dans des "réunions préparatoires", dont les membres et l’agenda ne sont pas connus, et qui ne doivent rendre aucun compte. Une fois arrivé en CA, c’est fait, il n’y a déjà plus rien à discuter", affirme Julien Gossa, ex-membre du conseil d'administration, sur son blog hébergé par Educpros.

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Les démissionnaires affirment dans une lettre commune qu'ils ne pouvaient pas "juger de l’utilisation sincère et honnête des fonds publics". "Nous sommes en effet confrontés à une absence manifeste de transparence quant à l’utilisation des moyens budgétaires accordés à l’université de Strasbourg. L’accès à un large ensemble de données financières nous est refusé, ce qui nous place dans l’impossibilité d’exercer correctement notre mandat".

Ils regrettent notamment un manque d'informations concernant le budget de l'Idex et l'implication financière des fondations. Ils ont d'ailleurs envoyé une lettre à la Cour des comptes pour lui faire part de ces revendications.

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La continuité institutionnelle est assurée

Michel Deneken, président de l'université de Strasbourg, a regretté lors d'une conférence de presse ce jeudi 25 juin de ne pas avoir été prévenu en amont de ces démissions. "Cela dit, la continuité institutionnelle est assurée. Il n'y a pas de crise, puisque le quorum pour voter les orientations et le budget n'est pas atteint", a-t-il ajouté. L'université n'a donc pas prévu de convoquer des élections partielles anticipées. "Légalement, nous devrions pouvoir tenir jusqu'aux élections prévues le 17 novembre 2020".

Concernant la lettre envoyée à la Cour des comptes, Michel Deneken semble serein : "La gestion de l'université de Strasbourg a été saluée par la Cour des comptes et je n'ai aucune crainte quant au rapport à venir dans les prochaines semaines". Il souligne aussi que le budget 2020 avait été voté à l'unanimité. Des faits démentis par les démissionnaires, affirmant documents à l'appui que 11 élus avaient voté contre le budget, et que la Cour des comptes avait pointé un "problème de transparence".

"Le budget de l’Idex fait l’objet de nombreuses discussions en commission de la recherche ou en CFVU. Reste que nombre de décisions sont validées par des commissions de pairs, ce qui est le fonctionnement normal de la science aujourd’hui", ajoute Michel Deneken dans une lettre envoyée aux personnels.

Controverse autour de la LPPR
Les ex-membres des conseils accusent par ailleurs l'université d'appliquer certaines dispositions du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), comme la mise en place de primes et de chaires de professeurs juniors ("tenure tracks").
"Chacune et chacun de nous peut évidemment avoir son avis au sujet de cette loi. En ce qui me concerne, et je l’ai dit à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche la semaine dernière, je suis en désaccord avec plusieurs articles de ce projet", se défend Michel Deneken. "Cela dit, tout dans la LPPR n’est pas à rejeter".


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