Bernard Pouliquen (vice-président du conseil régional de Bretagne) : «Un travail important a été effectué en commun et une dynamique interrégionale s’est mise en place»

Propos recueillis par Franck Dorge
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Bernard Bouliquen - Région Bretagne
Bernard Bouliquen - Région Bretagne
À l’occasion du Salon de l’Etudiant de Rennes (12-13 janvier 2012), EducPros donne la parole aux acteurs de l’enseignement supérieur locaux. Bernard Pouliquen, vice-président du conseil régional de Bretagne, revient sur la mise en place d’un schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais également sur les résultats aux Idex.

Vous travaillez à un schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche en Bretagne. Quels en seront les enjeux ?
Les enjeux sont de deux ordres. Il y a ceux qui ont trait à l’enseignement supérieur et ceux qui touchent à la recherche. Sur les premiers, nos prévisions indiquent qu’il y aura une forte croissance démographique lycéenne d’ici à 2020. Cela signifie que davantage de jeunes poursuivront leurs études dans l’enseignement supérieur. Il faut que nous réfléchissions au maillage territorial et à son amélioration – notamment grâce au numérique [cf. encadré ci-après] –, mais également à la mise en place de nouvelles formations pour répondre aux besoins de notre territoire. À ce titre d’ailleurs, nous allons créer à la rentrée 2012 une école Vaucanson à Saint-Brieuc , en partenariat avec le CNAM, pour faciliter l’accès des bacs professionnels aux études supérieures.


Sur les aspects recherche, nous attendions les résultats des investissements d’avenir et notamment ceux aux Idex pour élaborer notre stratégie. Un deuxième point est également très important pour nous, le vote en 2014 du budget européen de la recherche. Il faut que nous soyons préparés pour répondre aux futurs appels à projets et notre schéma régional doit nous y aider.

Quand pensez-vous achever votre schéma régional ?
Nous avons commencé à y travailler depuis deux mois, en prenant en compte ceux des régions qui en avaient déjà un. Nous nous laissons jusqu’à l’automne 2012 pour l’adopter.

L’Ouest est absent des Initiatives d’excellence. Comment expliquez-vous cette situation ?
Nous sommes très déçus par les résultats des initiatives d’excellence . Cette déception est d’autant plus vive qu’elle est partagée avec les Pays de la Loire. Nos deux PRES UEB et UNAM avaient travaillé ensemble sur le projet d’Idex . Malgré cela, il n’a pas été retenu. Pour ma part, je pense que ce n’est pas l’excellence de notre recherche qui est mise en cause, mais l’absence de prise en compte de la spécificité de nos territoires.

Historiquement, le Grand Ouest – comme le Nord – ne bénéficie pas, à l’instar d’autres régions, de la présence de grands organismes de recherche tels que le CNRS et l’INSERM. Ce point nous a largement manqué. Le deuxième élément qui ressort de l’appel à projets est le choix de privilégier les grandes villes métropoles. Or, en Bretagne comme dans les Pays de la Loire, nos sites d’enseignement supérieur et de recherche sont répartis sur un ensemble de villes moyennes. C’est ce qui fait notre force et qui pourtant, dans cet appel à projets, nous a pénalisés.


« Ce n’est pas l’excellence de notre recherche qui est mise en cause, mais l’absence de prise en compte de la spécificité de nos territoires »

Est-ce que cet échec aux Idex va remettre en cause la collaboration avec les Pays de la Loire ?
Non, un travail important a été effectué en commun et une dynamique interrégionale s’est mise en place. Par exemple, un représentant des Pays de la Loire siège lors de la tenue de notre conseil consultatif de la recherche, et réciproquement. Nous devons réfléchir ensemble aux moyens de rebondir suite aux Idex. C’est l’un des enjeux de notre schéma régional. Par ailleurs, il n’est pas exclu que nous prolongions cette collaboration interrégionale avec également la région Basse-Normandie. Cela serait dans la logique du développement de nos territoires.

Certaines régions s’inquiètent de l’effectivité de l’engagement de l’État dans le CPER. Est-ce également le cas de la Bretagne ?
Oui, aujourd’hui nous manquons de visibilité sur l’engagement de l’État tant à court terme – ce qui fragilise notre capacité à optimiser nos dépenses dans le cadre du Fonds européen de développement régional – qu’à long terme quant à la mise en chantier du futur CPER [2014-2020]. Cette situation pourrait avoir des conséquences désastreuses sur notre politique régionale.

Des salles immersives pour un campus multisites

Dans le cadre du Plan campus, la région Bretagne a contribué, en février 2011, au financement de trois salles immersives situées à Rennes, Brest et Lorient . Ces salles permettent de mener des réunions à distance par un système de visioconférence à échelle humaine. Ce dernier détail permet de rompre les distances entre les participants lors des réunions. D’ici à 2013, le conseil régional souhaite déployer la création de salles immersives, allant jusqu’à prévoir des amphithéâtres équipés de cette technologie. Selon Stéphane Tudal, chef du service de la région, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, « cet équipement permettra de faciliter l’accès à la connaissance des jeunes de nos territoires. Aujourd’hui, notre défi est de permettre grâce à cette technologie de donner accès aux étudiants des différents sites universitaires aux meilleurs enseignements, mais également à un plus large choix de formations. » Cette opération se chiffre à 60 millions d’euros. Le coût est réparti à parts égales entre l’État et la région.

Et aussi : l'interview de Guy Cathelineau , président du PRES Université européenne de Bretagne, et un article intitulé «L'école centrale de Nantes ouvre une salle immersive 3D sur la productique» .


Propos recueillis par Franck Dorge | Publié le

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