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Les étudiants engagés sont des entrepreneurs comme les autres!


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Dans une lettre ouverte à Geneviève Fioraso publiée par EducPros, le réseau des associations étudiantes Animafac demande à la secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche d'élargir le statut d'étudiant-entrepreneur aux responsables associatifs étudiants.

"Madame la Ministre,

Vous venez d'annoncer la mise en place d'un statut d'étudiant-entrepreneur à la rentrée 2014. Ce statut est une réelle avancée et a aussi un mérite : celui de rappeler qu'être étudiant ne se limite pas à suivre des cours et à passer des examens. Être étudiant, c'est aussi et surtout avoir le droit de faire des expériences, de prendre des risques, d'échouer parfois.

Mais l'esprit d'entreprendre ne se décrète pas. Or, notre système éducatif a tendance, encore aujourd'hui, à considérer les expériences non-formelles de ses étudiants comme concurrentielles aux études. Un malentendu tenace qui ne favorise pas l'esprit d'initiative des jeunes, lorsqu'il ne le décourage pas franchement. Réformer ce système prendra du temps mais nécessite dès aujourd'hui un message politique fort : la France n'a pas le droit de tuer la créativité et l'esprit d'entreprendre de sa jeunesse. Plus encore, la France a le devoir de les encourager.

À ce titre, il nous semble important de souligner que l'esprit d'entreprendre ne se limite pas à l'entrepreneuriat à visée lucrative. Les étudiants engagés dans des projets solidaires sont aussi des entrepreneurs, certes plus discrets, mais certainement pas moins utiles. Vous insistez sur la nécessité de faire émerger des Mark Zuckerberg à la française. Donnons-nous aussi les moyens de favoriser l'émergence des futurs Muhammad Yunus.

Vous insistez sur la nécessité de faire émerger des Mark Zuckerberg à la française. Donnons-nous aussi les moyens de favoriser l'émergence des futurs Muhammad Yunus.

Les étudiants de l'association Entropie, qui agissent pour le logement des plus démunis, de la Cravate Solidaire, qui luttent contre les discriminations en mettant gratuitement à disposition des tenues professionnelles aux demandeurs d'emplois, ou encore ceux de Générations cobayes, qui mènent des campagnes de sensibilisation sur le danger des perturbateurs endocriniens, sont des entrepreneurs du quotidien. Leur expérience d'engagement leur permet par ailleurs d'acquérir des savoir-faire et des savoir-être qui n'ont rien à envier aux autres formes d'entrepreneuriat (expression orale et écrite, capacités analytiques, compétences d'encadrement, gestion budgétaire,...).

Pour toutes ces raisons, les responsables associatifs étudiants doivent pouvoir, au même titre que les étudiants-entrepreneurs concernés par ce nouveau statut, bénéficier d'emplois du temps aménagés, de locaux, d'un accompagnement. Il est également indispensable qu'ils se sentent soutenus par leurs établissements, par exemple sur la question des années de césure, aujourd'hui considérées comme une forme d'échec scolaire plutôt que comme une opportunité.

Madame la Ministre, le président de la République a fait de la jeunesse la priorité de son quinquennat. Cette année 2014 est également celle de l'engagement, décrétée grande cause nationale. L'occasion est belle d'envoyer un message positif à tous les étudiants engagés !

Coline Vanneroy, déléguée générale d'Animafac"


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