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Avec OpenInsa, les Insa se lancent dans la formation en ligne maison

Céline Authemayou  |  Publié le

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Avec OpenInsa, les Insa se lancent dans la formation en ligne maison
Le groupe Insa publie déjà des cours en ligne, sur Openclassrooms et sur FUN. // © Capture d'écran

Pour abriter modules de cours et formations en ligne, les Insa ouvriront le 1er janvier 2018 une plateforme, OpenInsa. Avec ce projet, les écoles d’ingénieurs du consortium entendent poursuivre la transformation numérique de leurs enseignements. Et s’ouvrir à de nouveaux publics.

Vers un nouvel Insa 100 % en ligne ? À cette évocation, Éric Maurincomme sourit : "OpenInsa ne doit pas être vu comme un nouvel établissement, mais comme un outil mis à disposition des écoles du groupe, pour les accompagner dans l'évolution de leurs pratiques pédagogiques."

Le 15 novembre 2017, le directeur de l'Insa Lyon et président du groupe Insa, accompagné de ses confrères directeurs, a dévoilé le projet de transformation numérique sur lequel ils planchent depuis plusieurs mois. En janvier 2018, le groupe se dotera d'une plateforme, OpenInsa, destinée à héberger des cours et des formations proposés par ses écoles.

Si le projet prend forme, trois cursus sont d'ores et déjà annoncés pour 2019 : une année de Bachelor dédiée aux objets connectés, un mastère spécialisé "risque et ingénierie" – proposé jusqu'à présent uniquement en présentiel – et une année du cursus ingénieurs – la L2 –, permettant aux apprenants d'intégrer en L3 l'un des Insa.

La formation continue en ligne de mire

Avec cette initiative, le groupe poursuit deux objectifs. Le premier : capter de nouveaux publics, parmi lesquels les profils internationaux et les professionnels. "Il y a une réelle demande émanant de certains partenaires économiques, pour que nous leur concevions rapidement des formations courtes et sur mesure, détaille Éric Maurincomme. Ce nouveau service nous permettra de gagner en réactivité".

Une façon de développer l'offre de formation continue, dans un contexte où les établissements d'enseignement supérieur sont fortement incités à le faire. "Aujourd'hui, l'enjeu n'est pas économique, relativise le président du groupe. Il s'agit surtout de créer un continuum avec le monde de l'entreprise."

 Aujourd'hui, il y a une véritable prise de conscience des directions et une appétence de plus en plus grande des personnels pour ce sujet.
(J.-Y. Plantec)

Au-delà de cette ouverture à de nouveaux publics, OpenInsa doit surtout permettre au groupement d'écoles d'ingénieurs d'atteindre un second objectif : poursuivre la transformation numérique de ses enseignements. "Depuis plusieurs années, nous avons une stratégie dynamique sur le sujet, analyse Jean-Yves Plantec, chargé de mission Tice (Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement) à l'Insa Toulouse et directeur d'OpenInsa. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est qu'il y a une véritable prise de conscience des directions et une appétence de plus en plus grande des personnels pour ce sujet."

À la recherche du partenaire idéal

OpenInsa devrait ainsi agir comme "un cheval de Troie" sur les campus, selon les termes d'Éric Maurincomme. Outre la partie visible de la plate-forme, l'initiative revêt également un volet interne : dès janvier 2018, OpenInsa deviendra un service inter-établissements, en charge de la pédagogie numérique. Il fédérera tous les services de pédagogie innovante déjà existants et sera hébergé à l'Insa Toulouse. À terme, du personnel dédié viendra renforcer les équipes actuelles. "S'agira-t-il de personnels issus des établissements ? De recrutements ? Pour l'heure, rien n'est arrêté", reconnaît le président du groupe Insa.

Si le projet est dans les têtes depuis plusieurs mois, reste encore à fixer quelques "détails" structurants : les choix du modèle économique et du prestataire technique qui accompagnera le groupe dans la conception et le déploiement de la plate-forme. Des discussions sont en cours avec Coursera, FUN (France université numérique) ou encore Openclassrooms, avec qui le groupe développe déjà le Bachelor dédié aux objets connectés.

Faut-il y voir un signe ? "À ce jour, force est de constater que nous fonctionnons très bien avec Openclassrooms, admet Jean-Yves Plantec. Mais nous continuons à étudier les autres offres, avec deux critères en tête : le prestataire doit être en mesure d'intégrer très rapidement de nouveaux contenus et savoir faire évoluer son outil pour s'adapter à de nouvelles modalités pédagogiques."

Estimé pour l'heure à un investissement de "quelques millions d'euros", OpenInsa a vocation à abriter les formations en ligne d'autres établissements d'enseignement supérieur. "Nous avons déjà des demandes", annonce Éric Maurincomme, qui, avec ce projet, entend faire du groupe un acteur solide des EdTech françaises.

Vers des évaluations 100 % numériques
Outre la formation, qui sera accessible 100 % à distance pour certains cursus, OpenInsa entend également jouer la carte du tout numérique pour les évaluations. Le mastère spécialisé "risque et ingénierie", ainsi que le Bachelor "objets connectés" bénéficieront tous deux d'une évaluation réalisée totalement à distance, que ce soit via la mise en place d'un système de surveillance en ligne (utilisée notamment par FUN pour ses Mooc certifiants) ou d'une évaluation par les pairs (privilégiée par Openclassrooms).

Céline Authemayou  |  Publié le

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