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Bilan du quinquennat Sarkozy : un bac pro en trois ans bien installé

Assia Hamdi et Emmanuel Vaillant  |  Publié le , mis à jour le

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Le gouvernement a généralisé le bac pro en trois ans pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Une réforme que nul ne souhaite remettre en cause aujourd’hui. Bilan dans le cadre de notre rétrospective sur les réformes du quinquennat de Nicolas sarkozy sur l'éducation et l'enseignement supérieur.

Ce qui a été annoncé

Si la réforme du baccalauréat professionnel ne figure pas dans le programme du candidat Nicolas Sarkozy, son ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, estime dès la rentrée 2007 qu’elle est «un des éléments importants de valorisation de l'enseignement professionnel». L’idée n’est pas nouvelle et s’est concrétisée en plusieurs étapes. Elle fait l’objet d’une expérimentation depuis 2001. Ainsi, le 29 octobre 2007, le ministère de l’Éducation publie une circulaire destinée aux recteurs pour engager la mise en place des baccalauréats professionnels en trois ans, contre quatre ans jusqu’alors (deux ans de BEP et deux ans de bac pro). La réforme supprime le palier d’orientation à la fin de la formation en BEP, sans supprimer ce diplôme que les lycéens peuvent obtenir au cours de leur formation en bac pro. La généralisation du bac professionnel en trois ans aligne ainsi la voie professionnelle sur les voies générales et technologiques.

Ce qui a été fait

En 2008, le ministre Xavier Darcos met en œuvre la réforme pour 45.000 élèves en seconde professionnelle. Lors de la rentrée 2009, la généralisation du baccalauréat professionnel en trois ans est rendue effective pour toutes les secondes professionnelles. Elle concerne alors 200.000 élèves. Une enquête menée auprès d’élèves en seconde bac pro publiée cette année-là démontre les premiers effets positifs de la réforme pour ceux qui l’ont expérimentée. Il ressort de cette étude que les élèves sortis du parcours scolaire en classe de troisième sont plus enclins à poursuivre en lycée professionnel plutôt que d’abandonner leurs études.

À la rentrée 2011, les premiers élèves issus de la réforme passent leur baccalauréat. Il s'ensuit un strong>véritable boom du nombre de candidats. La filière professionnelle compte alors plus de 45.000 candidats supplémentaires, soit une augmentation de 36% par rapport à l’année précédente. Les perspectives de poursuites d’études se multiplient pour ces bacheliers.

Reste un risque pour la filière technologique qui se retrouve, avec cette réforme, davantage en concurrence avec les bacs pro : lors de la session 2011 du baccalauréat, les effectifs de la voie technologique ont baissé de 4,85%, ce qui représente près de 8.000 élèves en moins. «C’est un problème que l’on connaît bien et auquel on essaye de remédier par la réforme de la voie technologique», analyse Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’Enseignement scolaire (DGESCO), faisant référence aux nouveaux bacs techno STI2D, STD2A et STL, entrés en vigueur en 2011 pour la rentrée des classes de première et en 2012 pour les terminales.

Ce qu’en pensent les acteurs concernés

Même si tous les acteurs (ministre, enseignants, organisations syndicales…) partageaient le même constat sur la nécessité de rénover la voie professionnelle, les modalités de mise en œuvre de la réforme du bac professionnel en trois ans ont suscité quelques oppositions .

En mai 2008, après cinq mois de concertation avec cinq organisations syndicales représentatives dans les lycées professionnels, un protocole d’accord sur la rénovation de la voie professionnelle était signé entre le ministère de l’Éducation nationale et trois syndicats . Les autres, notamment la CGT, la FSU, le SGEN-CFDT et le SE-UNSA, ont soit refusé de participer aux discussions, soit voté contre.

Pour la rentrée 2012, les syndicats demandent des moyens supplémentaires pour aider à la réussite des élèves en filière professionnelle, mais sans militer pour un retour au bac pro en quatre ans.

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Assia Hamdi et Emmanuel Vaillant  |  Publié le , mis à jour le

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