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Entrée à l'université : une charte pour cadrer les attendus

Laura Taillandier
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Les ministères de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, la CPU, la Cdefi et la CGE ont signé une charte sur les attendus à l'entrée à l'université.
Les ministères de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, la CPU, la Cdefi et la CGE ont signé une charte sur les attendus à l'entrée à l'université. // ©  Laura Taillandier
Les ministères de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, la CPU, la Cdefi et la CGE ont signé une charte pour "une mise en œuvre partagée" des attendus prévus par la réforme du premier cycle. Aux universités désormais de préciser pour chacune de leur formation ces prérequis.

Les attendus seront la "pièce maîtresse" dans l'appréciation du projet d'orientation du lycéen. C'est ce qui est souligné dans une charte signée par les ministères de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, la Conférence des présidents d'université, la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) et la CGE, mercredi 6 décembre 2017. Ce document, qui doit permettre "une mise en œuvre partagée des 'attendus' des formations au service de la réussite des étudiants", est le "point de départ de la nouvelle procédure d'orientation", souligne la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. 

Une charte servant également de "marqueur dans la mise en place pratique" de la réforme du premier cycle, pour le président de la CPU, Gilles Roussel. "Jusqu'à présent, nous avons beaucoup parlé de la mise en œuvre de la loi sur le plan théorique. Aujourd'hui, nous rentrons dans le concret."

Un cadrage national "consensuel"...

Ces attendus devront répondre à "trois objectifs principaux" : "informer les lycéens des compétences et connaissances nécessaires pour réussir dans chacune des filières de l'enseignement supérieur", "contribuer à la définition des éléments utilisés dans l'examen des dossiers de vœux", et enfin, donner aux acteurs de l'enseignement scolaire "des clés de lecture de l'enseignement supérieur".

Un cadrage national des attendus sera rendu public la semaine prochaine. Cette charte précisé qu'il rassemblera des éléments par mention pour les licences, par spécialité pour les DUT et les BTS, par filière et parcours d'études pour les CPGE et les formations d'ingénieur, et enfin par type d'écoles pour les formations de commerce, sciences politiques, architecture, art et design et autres.

"Pour intégrer un DUT info-com, il faudra mobiliser des connaissances de culture générale et s'intéresser à l'actualité, posséder des compétences pour les sciences humaines et sociales , les sciences de l'information et de la communication, la culture numérique et le marketing, faire preuve d'esprit d'équipe et maîtriser deux langues étrangères", illustre Frédérique Vidal. Pour intégrer une école d'ingénieurs, il faudra disposer de compétences et connaissances scientifiques, ainsi que d'une culture générale, d'une ouverture d'esprit et d'une sensibilité aux enjeux de société.

... et des spécificités locales de trois ordres

Cette notion de "cadrage national" figure désormais dans le projet de loi sur l'entrée à l'université, après le passage du texte en commission à l'Assemblée nationale. Ce cadre "consensuel et partagé", envoyé dans les tout prochains jours aux universités, ne "suffira pas toujours", insiste la ministre. Par exemple, en licence de psychologie, "certains établissements mettent l'accent sur la psychologie clinique, d'autres sur la psychologie sociale ou du développement". Les établissements pourront affiner ce cadre en fonction de leurs spécificités.

Ces déclinaisons locales s'appuieront sur "l'organisation et le contenu des enseignements", "les différents parcours de licence" et la spécialisation progressive du premier cycle. Le tout dans le cadre de l'autonomie des établissements. Une autonomie que tient à mettre en avant Gilles Roussel, le président de la CPU. "Nous espèrons que les autres acteurs, comme le rectorat et le ministère, sauront nous faire confiance. La réussite de cette réforme sera basée sur cette confiance mutuelle", insiste-t-il.

Des vœux non hiérarchisés et groupés

La nouvelle plate-forme Parcoursup sera accessible techniquement le 11 décembre 2017, afin que les établissements puissent renseigner les attendus d'ici au 15 janvier 2018, date de l'ouverture officielle aux lycéens. À côté de ces attendus, ceux-ci bénéficieront également de modules d'orientation, comme des vidéos ou des quiz en droit, qui ne seront cependant pas pris en compte dans l'analyse du dossier du candidat, indique Frédérique Vidal. Ces tests doivent permettre uniquement d'éclairer le futur bachelier dans la formulation de ses vœux.

Des vœux "non hiérarchisés", appuie la ministre, en réaction aux inquiétudes sur le fonctionnement de la nouvelle plate-forme. "Il a été proposé de modifier ce point dans la loi. Si l'on doit en reparler, ce sera toujours possible à la fin de l'affectation, mais ce n'est pas le fonctionnement que nous avons retenu", rappelle la ministre.

Des vœux groupés seront en revanche possible, même si l'arbitrage n'a pas encore été rendu sur la possibilité de le faire nationalement ou uniquement dans certains endroits. Une décision à prendre rapidement, alors que le projet de loi suit son cours au Parlement. Le débat en séance publique commencera à l'Assemblée nationale le 12 décembre 2017.


Laura Taillandier | Publié le

Vos commentaires (3)

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Nicolas Gregori.

M. Divoux. Effectivement, nous avons repris l'existant pour le DUT Info-Com. Nous avons juste voulu mettre l'accent sur le fait que les études en Info-Com nécessitent une certaine curiosité et que ce sont des métiers qui demandent d'être à l'aise avec l'expression écrite et orale. Mme Vidal aura confondu l'entrée (être curieux) et la sortie (avoir des connaissances et être compétent). Nicolas Gregori

Nicolas Gregori.

Bon, EducPros semble censurer un commentaire que j’avais fait et pour lequel je suis pourtant particulièrement autorisé puisque je suis responsable de la rédaction des attendus en DUT Info-Com particulièrement tordus dans la citation attribuée à la ministre. Un commentaire un peu trop critique peut-être.

Nicolas Gregori.

Concernant les attendus du DUT Info-Com, la ministre prend quelques aises par rapport au document produit par les chefs de département Info-Com. Ainsi on lit : "Pour intégrer un DUT info-com, il faudra mobiliser des connaissances de culture générale et s'intéresser à l'actualité, posséder des compétences pour les sciences humaines et sociales , les sciences de l'information et de la communication, la culture numérique et le marketing, faire preuve d'esprit d'équipe et maîtriser deux langues étrangères", illustre Frédérique Vidal. Or dans le document produit par le DUT Info-Com, il est écrit : – Savoir mobiliser / rechercher des connaissances relatives à la culture générale – Posséder les bases de l'anglais, sachant qu'il est préférable d'avoir des bases dans deux langues vivantes étrangères (cf. programme du DUT) [commentaire : ce n'est pas exactement "maîtriser deux langues vivantes" !] Et dans une version qui n’était pas celle définitive (mais que la ministre a peut-être eue), il est écrit : – (…) dans le domaine scientifique et technique, [les attendus] ne portent pas sur des compétences mais plutôt sur des appétences dans les domaines listés ci-dessous [SHS, SIC (…), culture numérique, marketing] Tout à l'opposé de ce que la ministre indique : "posséder des compétences en SHS..." Il y a donc pour le moins des nuances que la ministre, universitaire qu’elle est, aurait dû savoir mesurer. Nicolas Gregori Président de l'assemblée des chefs de département Info-Com

Divoux Claude.

M. Gregori, vos propos sont plus rassurants que ceux de Mme Vidal. Les attendus que vous énoncez ne sont-ils pas ceux déjà attendus les années passées ? Pouvez-vous préciser quels sont les changements ? Merci Claude Divoux

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