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Saint-Étienne : les lycées et l'université échangent leurs enseignants

Camille Stromboni  |  Publié le

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Université-Jean-Monnet- Saint-Etienne-©Studio 36
Université-Jean-Monnet- Saint-Etienne-©Studio 36

Des profs de lycée à l'université, des enseignants de l'université au lycée. Le rectorat de l'académie de Lyon et l'université de Saint-Etienne signent, vendredi 4 octobre 2013, une convention cadre autour du projet "Echangeons nos enseignements". Un degré de plus dans le continuum lycée-université, cette fois-ci côté enseignants.

Rapprocher le lycée et l'université. Si les actions sont nombreuses pour atteindre cet objectif, l'université de Saint-Etienne et des lycées de son académie franchissent un pas supplémentaire. Ce ne sont plus les lycéens qui viennent découvrir l'université, ou bien l'université qui se déplace dans les lycées pour présenter ses cursus, mais les enseignants des deux institutions qui vont changer de place, devant étudiants et élèves.

Avec le dispositif "Echangeons nos enseignements", dont la convention cadre est signée vendredi 4 octobre 2013, 13 projets sont lancés en 2013-2014, entre six composantes de l'université Jean Monnet (deux IUT, la faculté des sciences et techniques, celle d'Arts lettres, langues, l'IAE et le centre universitaire de Roanne) et quatre lycées.

Les disciplines concernées sont nombreuses : mathématiques, espagnol, économie, biologie, physique-chimie, sociologie... Les échanges peuvent eux porter sur des enseignements disciplinaires ou méthodologiques ou concerner des questions d'orientation des lycéens. Ils touchent majoritairement des étudiants de première année de licence, ainsi que des élèves de première et terminale.

Des projets pédagogiques co-construits par les enseignants volontaires

A chaque fois, les enseignants du lycée et de l'université ont co-construit un projet d'échange d'heures, sur le principe du volontariat. "Le cadre est souple : tous les formats sont possibles", explique Jean-Luc Fugit, vice-président Orientation, réussite étudiante et insertion professionnelle de l'université.

"Les statuts des enseignants sont très différents entre l'université et le secondaire. Pour que cela fonctionne, nous avons donc tranché : une heure d'enseignement du secondaire est égale à une heure d'enseignement dans le supérieur. Et il n'y aura aucun flux financier", décrit Hélène Vaissiere, proviseur du Lycée Honoré d'Urfé (Saint-Etienne) et initiatrice du projet avec l'université.

Exemple dans son lycée : "mes élèves de première STL et S vont suivre des TP réalisés par les enseignants de l'IUT en biologie moléculaire, sur le site même de l'IUT, et des cours avec ces enseignants dans le lycée sur cette matière, explique-t-elle. En échange, mes enseignants iront en fac de sciences en L1 sur des heures de soutien aux élèves en difficulté en mathématiques ou en physique."

"En économie, un collègue universitaire va faire cours aux lycéens sur la mondialisation, qui est au programme de terminale. L'enseignant du lycée viendra à l'université pour des cours aux L1 sur les circuits de financement", ajoute Jean-Luc Fugit.

Créer une culture commune

"Il était nécessaire d'aller plus loin dans le rapprochement de ces deux mondes, afin qu'une culture commune se créé entre ce qui se fait au lycée et à l'université", explique le président de l'université Jean Monnet - Saint-Etienne, Khaled Bouabdallah. "Il s'agit de faciliter la transition postbac pour les lycéens, et d'éviter les échecs en premier cycle universitaire", complète la proviseur Hélène Vaissière.

"Cela permettra aussi aux enseignants du secondaire d'être conscients des exigences de l'université et inversement, les enseignants de l'université pourront découvrir les réalités des programmes et de la pédagogie du lycée, ce qui est d'autant plus utile avec la dernière réforme du lycée", explique Jean-Luc Fugit.

Il a fallu bien expliquer qu'il ne s'agissait aucunement de secondariser l'université, ni l'inverse. Nous ne faisons pas la révolution (J.-L. Fugit)

Les craintes facilement surmontées

Quelles difficultés à mettre en place un tel dispositif ? "Il a fallu bien expliquer qu'il ne s'agissait aucunement de secondariser l'université, ni l'inverse. Nous ne faisons pas la révolution, c'est une démarche expérimentale avec de petits volumes d'heures (entre 20 et 30 heures à chaque fois). Nous avons juste dû rassurer", raconte Jean-Luc Fugit.

"Mais au final, il y a eu bien plus d'enseignants que prévu : nous partions sur l'idée de mettre en place quatre ou cinq projets cette année lors des premières rencontres fin mai 2013. Résultat, il y en aura une quinzaine, avec 33 enseignants mobilisés", ajoute le vice-président.

Avec un avantage : "la question du coût d'un tel dispositif ne se pose quasiment pas, puisqu'il s'agit d'un échange. C'est d'abord une question de volonté", résume Khaled Bouabdallah.

Lire aussi
- Le dossier de presse sur le projet "Echangeons nos enseignements" (pdf)
- La biographie EducPros de Khaled Bouabdallah, président de l'université Jean Monnet Saint-Etienne.

Camille Stromboni  |  Publié le

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