Newsletter

Alice-Lab fait émerger une pédagogie de l'entrepreneuriat

Coralie Garandeau
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Design thinking - Paris Est D.school © Ecole des ponts 2013
Design thinking - Paris Est D.school © Ecole des ponts 2013

Pour développer l'entrepreneuriat, il faut commencer par former les pédagogues eux-mêmes. C'est la conviction des enseignants et chercheurs qui se mobilisent au sein d'Alice-Lab (pour Action Learning for Innovation Creativity and Entrepreneurship). Entretien avec Dominique Frugier, président de cette association en amont de la conférence EducPros sur l'open innovation du 26 mars.

Dominique Frugier, président d'Alice-LabComment est née l'association Alice-Lab ?

Notre groupe de huit enseignants-chercheurs en entrepreneuriat a choisi de se tourner vers les sciences de l'éducation pour faire évoluer les pédagogies autour de l'entreprise et de l'innovation. Pour mieux comprendre comment fonctionne l'entrepreneuriat, tous ces chercheurs, plutôt issus des sciences de gestion, sont convaincus qu'il est important d'agir sur les comportements et les attitudes. Alice-Lab a vocation à expérimenter et faire connaître le fruit de ces recherches, à travers la revue "Entreprendre & Innover".

Quels sont les projets portés depuis sa création en 2012 ?

En 2014, nous avons travaillé sur cinq cas d'entreprises, dont GRDF et Air France, en lien avec deux écoles, Novancia et l'École des Gobelins. Le principe était de faire collaborer des cadres et des étudiants sur un projet d'innovation. Cette année, nous renouvelons l'expérience avec GRDF et Idea, le programme conjoint de Centrale et l'EM Lyon.

Comment travaillez-vous ?

Nous suivons les principes du design thinking et privilégions le "faire". Nous abordons la création d'entreprise, étape par étape, en procédant par "essai et erreur". L'un de nos membres, Benoît Raucent, de l'École polytechnique de Louvain (Belgique), a par exemple décidé de monter un fablab dans son établissement. Il le fait créer par les étudiants eux-mêmes, et c'est valorisé dans leur cursus. Ensuite, nous suivons une méthodologie collaborative, intergénérationnelle et pluridisciplinaire. Toutes les visions et tous les âges doivent être mobilisés.

Quels sont les signes d'un changement de mentalité vis-à-vis de l'entrepreneuriat en France ?

Je me réjouis de la création du statut de l'étudiant-entrepreneur et de la création des Pepite (pôles étudiants pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat). En 2013, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a aussi demandé aux établissements de rendre obligatoire un module de formation en entrepreneuriat dans chaque cursus, mesure dont je rêvais depuis longtemps !

Les initiatives pour diffuser l'esprit d'entreprise aux plus jeunes viennent souvent du milieu associatif. À ce titre, nous intervenons auprès de l'association Entreprendre pour apprendre, qui aide à la création de mini-entreprises en collège et en lycée. Nous formons aussi une centaine d'enseignants et croyons fortement que, pour avancer en matière d'entreprise et d'innovation, c'est par les pédagogues qu'il faut commencer.


Coralie Garandeau | Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
pascale.

Toujours surprise par le nombre d'enseignant n'ayant jamais été entrepreneurs et qui se considèrent néanmoins les plus légitimes pour former les jeunes à ces questions. Même remarque que Thomas, pourquoi ne pas chercher les ressources du côté des entrepreneurs ?

Thomas.

J'ai du mal à comprendre en quoi s'appuyer sur GRDF sensibilise à l'entreprenariat. Pour avoir participer à l'implantation de la pédagogie finlandaise Team Academy, ces grands groupes sont de bonnes ressources financières mais leur fonctionnement managérial est bien loin de celui de l'entrepreneriat. Quelle a été la logique de cette association ? Pourquoi n'avoir pas été plutôt chercher du coté du Réseau Entreprendre, du CJD ?