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Emmanuel Roux : "S'inscrire à l'université de Nîmes est devenu un réflexe dans le Gard"

Guillaume Mollaret
Publié le
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La cour du site Vauban, université de Nîmes
Les effectifs de l'établissement sont passés de 3.500 à 5.000 étudiants entre 2012 et 2018. // ©  Unîmes
Le président de l'université nîmoise quittera ses fonctions le 7 janvier prochain pour rejoindre la Cour des comptes comme conseiller référendaire en service extraordinaire. L'ancien administrateur du CUFR de Mayotte, rattaché à Nîmes, et président de la commission juridique de la Conférence des présidents d'université revient sur son bilan à la tête de la plus jeune université de France.

Vous présidez l’université de Nîmes depuis 2012. Quel est votre sentiment, en partant avant la fin de votre mandat qui devait s'achever en novembre 2020 ?

Emmanuel Roux, président de l'université de Nîmes // © Alain Verpillot

L’établissement a profondément changé depuis que j’y enseigne. Au début des années 2000, c’était seulement un CUFR (Centre universitaire de formation et de recherche), dont j'ai ai été le directeur adjoint.

Puis, ce CUFR est devenu une université, dont j’ai d’abord été le vice-président de 2008 à 2012. Jusqu’à cette date, le fonctionnement de l’université était comparable à celui d’un gros lycée. On comptait 3.500 étudiants, contre 5.000 aujourd’hui. Il y avait alors un gros déficit d’encadrement.

Pourtant, de 2012 à 2018, nous avons obtenu la création nette de 80 postes de fonctionnaires, ce qui est peut-être un record.

De 2012 à 2018, nous avons obtenu la création nette de 80 postes de fonctionnaires, ce qui est peut-être un record.

Il s’agissait également de donner une identité scientifique à l’université et de l’inscrire dans son environnement. Je pense que nous y sommes parvenus au travers des thématiques "risques" [le département du Gard est régulièrement frappé par les inondations et compte un important pôle nucléaire géré par le CEA] et "design social". La création de notre école doctorale "Risque et Société" en 2015 en est la preuve.

Unîmes a également développé un grand nombre de licences professionnelles. Dans un département qui compte le quatrième plus fort de taux de chômage en France – 12,4% au deuxième trimestre 2018 –, comment affirmer davantage cette orientation ?

Une réflexion doit cependant être menée autour des IUT. À Nîmes, l'IUT dépend de l’université de Montpellier. Nous collaborons ensemble, sans qu'il ne s'inscrive dans notre plan de développement. Il y a pourtant un besoin de formations technologiques corrélées à l’université, surtout si les IUT deviennent des formations en trois ans. Unîmes devra-t-elle intégrer l’actuel IUT ou bien en créer un ? Ce sera à mon successeur d’en décider. Et d’en discuter avec les différentes parties prenantes.

Avec 5.000 étudiants, l’université a-t-elle atteint une forme de masse critique ?

Le nombre d’étudiants n’est pas une fin en soi. Si j’ai mentionné l’accroissement des effectifs entre 2012 et aujourd’hui, c’est parce qu’il démontre l’attractivité de l’établissement auprès des publics locaux dès la première année de licence. Les parents n’envoient plus leurs enfants étudier à Avignon, Marseille ou Montpellier, en pensant que "c’est mieux là-bas" comme cela pouvait être le cas il y a dix ans. Pour les familles du département, inscrire son enfant en L1 à Nîmes est devenu un réflexe.

Pour les familles du département, inscrire son enfant en L1 à Nîmes est devenu un réflexe.

Notez que cela a également ouvert l’université à des étudiants qui n’auraient peut-être pas eu les moyens financiers d'étudier ailleurs. Nous avons cette année plus de 51% d’étudiants boursiers, avec un public majoritairement local… C’est sans doute un autre record de France.

Comment votre succession se déroulera-t-elle ?

Des élections devraient se tenir fin janvier après la réunion du conseil d’université et du conseil d’orientation. Le nouveau président ne sera pas élu pour quatre ans, mais pour une période courant jusqu’à la fin du mandat présent, c’est à dire en novembre 2020.

Que devient le CUFR de Mayotte ?

Cela a été une expérience extrêmement instructive que je continue de suivre, notamment parce que l’université de Nîmes lui sert de plate-forme administrative. En 2011, j’étais arrivé avec un œil neuf, voire candide. C’était une terre vierge en termes universitaires : il n’y avait pas un seul enseignant-chercheur, ni enseignant à l’époque. Il doit y en avoir environ 50 aujourd’hui. À Nîmes, on considère que le CUFR de Mayotte est un peu notre enfant.

Vous présidez la commission juridique de la CPU. L’enseignement supérieur fera-t-il partie de vos champs de compétence à la Cour des comptes ?

Les choses seront officiellement fixées le 7 janvier prochain…

Lire aussi la biographie EducPros d'Emmanuel Roux


Guillaume Mollaret | Publié le

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