Grade de licence : Hcéres-CEFDG-CTI se coordonnent pour la prochaine campagne d'évaluation

Clément Rocher
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Grade de licence : Hcéres-CEFDG-CTI se coordonnent pour la prochaine campagne d'évaluation
Le Hcéres, la CEFDG et la CTI mettent en place un processus d’évaluation coordonné des formations conférant le grade de licence. // ©  Deepol by plainpicture/yellowdog
Le Hcéres, la CEFDG et la CTI ont œuvré ensemble pour mettre en place des processus d’évaluation coordonnés des formations conférant le grade de licence. La campagne d'évaluation 2022-2023 impliquera quelques évolutions.

Le Hcéres (Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), la CTI (Commission des titres d'ingénieurs) et la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion) annoncent une meilleure coordination dans le processus d'évaluation des formations bac+3 conférant le grade de licence, tout en respectant les spécificités de chaque instance.

Déterminer un socle commun d'évaluation

Ce travail de concertation, mené entre mars et mai 2021, entre les trois organismes d'évaluation, se donne pour objectif de déterminer un socle commun d'évaluation et de renforcer la qualité de l'évaluation "qui va viser plus juste et qui va rendre des avis plus utiles aux différentes parties prenantes, rapporte Anne-Sophie Barthez, directrice générale de l'Enseignement supérieur et de l'Insertion professionnelle. On arrive à un résultat satisfaisant, avec des référentiels et des critères plus lisibles, mieux compris par ceux qui souhaitent être évalués."

Cette coordination passera par une harmonisation des calendriers entre les différents organes d'évaluation. Néanmoins, pour cette année, le calendrier de la première campagne d'évaluation du Hcéres ne sera pas harmonisé avec celui des deux autres instances, qui entament leur deuxième campagne des bachelors auprès des écoles d'ingénieurs et des écoles de management, en vue de l’obtention du grade de licence pour la rentrée 2023.

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Le Hcéres mènera l'évaluation d'une "troisième voie de bachelor"

Le Hcéres sera chargé de l'évaluation de diplôme dans une grande variété de domaine disciplinaire mais ne relevant pas du domaine de l'ingénierie ou de la gestion. "Nous avons travaillé avec le ministère pour mettre en place une troisième voie de bachelor donnant lieu au grade de licence", explique Thierry Coulhon, président du Hcéres. On peut notamment penser aux formations en école de design, de journalisme ou de l'audiovisuel.

"Nous avons adapté notre référentiel en prenant en compte les critères de l'arrêté du 27 janvier 2020 [relatif à l’accréditation des formations conférant les grades de licence]. Nous entrons dans une nouvelle méthodologie pour tenir compte de la spécificité des disciplines. La concertation se poursuit avec la Dgesip pour permettre le lancement de la première campagne formalisée", explique Lynne Franjié, directrice du département d'évaluation des formations au Hcéres.

Cette nouvelle démarche pourrait favoriser l'émergence de plus d'interfaces entre les différents domaines académiques. Le président du Hcéres en semble convaincu. "Nous avons déjà des diplômes en ingénierie et en management mais il y aura demain des diplômes en management et culture ou bien liés à d'autres domaines émergents. J'espère qu'un grand nombre d'établissements universitaires s'engouffreront dans cette idée de professionnaliser à trois ans avec la souplesse que permet le grade de licence."

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Rendre plus lisible le processus d'évaluation

Les organismes d'évaluation ont souhaité apporter des évolutions à l'occasion de cette nouvelle campagne d'évaluation et d'accréditation. Elles ont notamment travaillé ensemble pour donner une référence aux données que les établissements doivent fournir dans le rapport d'auto-évaluation conformément à l'arrêté du 27 janvier 2020. Lors de la première campagne, le tableau des indicateurs était à compléter mais depuis des valeurs de référence ont été ajoutées pour préciser les attendus.

Elles ont également cherché à clarifier la rédaction du référentiel, notamment pour apporter des précisions sur ce qui était attendu comme programme pouvant prétendre au grade et enlever toute ambiguïté. "Nous avons eu des demandes d'écoles présentant des diplômes intermédiaires mais ce n'est pas la vocation de ces programmes. Ce ne sont pas des préparations intégrées au cycle ingénieur mais des programmes indépendants avec une vocation d'insertion professionnelle qui permet la poursuite d'études", explique Elisabeth Crépon, présidente de la CTI.

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Ajustement des critères pour la nouvelle campagne

Si les trois référentiels présentent des ajustements pour la nouvelle campagne, l'obtention du grade de licence dépend toujours des mêmes critères, en cohérence avec les dispositions de l’arrêté d'accréditation. Mathilde Gollety, présidente de la CEFDG, confirme que "les évolutions sont marginales."

L'adossement de la formation à la recherche demeure un point primordial. "Nous allons regarder de nouveau au cours de cette campagne l'initiation à la recherche créditée par des ECTS. On s'est aperçu que c'était une nécessité", précise Mathilde Gollety. Un autre point concerne la nécessité pour les établissements de montrer qu'ils se sont engagés dans une politique de site, c'est-à-dire de "montrer qu'il y a la volonté de participer à la visibilité de l'offre de formation sur un territoire donné."

Le troisième point concerne la politique d'ouverture sociale de l'établissement. "Les différentes instances d'évaluation n'ont pas souhaité définir de seuil, en revanche c'est un critère important et qui s'appréciera au gré d'une trajectoire de l'établissement", poursuit la présidente de la CEFDG. Les organes d'évaluation resteront particulièrement attentives à la part d'étudiants boursiers sur critères sociaux et aux aides apportées par l'école. "Le poids de l'apprentissage qui se répand de plus en plus dans les écoles de management est aussi une manière d'illustrer la politique sociale."

La mobilité internationale – échange académique ou stage – a retenu l'attention des organismes d'évaluation. La présidente de la CTI confirme que cette mobilité est devenue obligatoire avec une expérience à l'étranger d'au moins quatre semaines consécutives. Cette exposition internationale était fortement encouragée lors de la première campagne.


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