Grandes écoles : le salaire des jeunes diplômés 2019 en nette augmentation

Clément Rocher
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Grandes écoles : le salaire des jeunes diplômés 2019 en nette augmentation
L'insertion professionnelle des jeunes diplômés, basée sur des données s'arrêtant au premier trimestre, reste favorable aux diplômés des grandes écoles. // ©  bnenin/Adobe Stock
La Conférence des grandes écoles (CGE) a dévoilé les résultats de son enquête annuelle sur l'insertion professionnelle des diplômés des grandes écoles. Si les résultats de cette année ne prennent pas en compte la crise sanitaire, la collecte des données s'étant terminée en mars 2020, les établissements savent qu'ils devront se mobiliser pour aider les jeunes diplômés 2020 à s'insérer sur le marché de l'emploi.

Malgré la crise économique qui se profile en conséquence de la crise sanitaire, l'enquête sur l'insertion professionnelle des diplômés des grandes écoles publiée le 16 juin montre cette année encore la performance des établissements. Les chiffres sont tous au vert à commencer par le taux d'insertion professionnelle.

85,7% des diplômés en poste deux mois après leur diplômation

85,7% des diplômés de grandes écoles – commerce et ingénieurs – ont décroché un emploi dans les deux mois qui ont suivi l'obtention de leur diplôme. Si aujourd'hui, il semble évident que la crise du Covid-19 aura des conséquences importantes sur l'embauche et l'insertion professionnelle, les grandes écoles estiment disposer des ressources nécessaires pour accompagner les promotions sortantes. Par ailleurs, il faut souligner que 65,9% des diplômés trouvent leur emploi avant même l'obtention de leur diplôme.

Le stage de fin d’études demeure la principale porte d'accès à l’embauche. D'après les résultats de l'enquête, un tiers des jeunes ingénieurs ont décroché leur premier emploi à l'issue d'un stage. Mais l’importance des réseaux sociaux professionnels dans la recherche d’un emploi connaît une nette progression (+2 points en un an).

Lire aussi : Grandes écoles : l'insertion professionnelle des diplômés toujours au beau fixe

La situation des diplômés 2019 des grandes écoles // © Clément Rocher
La situation des diplômés 2019 des grandes écoles // © Clément Rocher

Un salaire moyen en hausse de 2,27%

L'enquête montre une augmentation de 2,27 % du salaire moyen (hors primes) : il s'élève à 35.714 euros en 2020 contre 34.920 euros en 2019. Le salaire brut annuel moyen affiche une progression, aussi bien pour les diplômés ingénieurs (+ 1,7%) que pour les diplômés managers (+ 2,4%). Il atteint en moyenne 35.234 euros pour les ingénieurs contre 36.746 euros pour les managers.

En revanche, l'inégalité salariale homme-femme persiste : le salaire moyen des hommes est supérieur de 5,9% au salaire moyen des femmes. Une disparité qui a du mal à se résorber mais les grandes écoles demeurent sensibles à la question. "Il s'agit d'une problématique importante qui doit être résolue. On essaye tous les ans de rappeler les entreprises sur leurs obligations d'égalité salariale", affirme Peter Todd, président de la commission Aval de la Conférence des grandes écoles et directeur d'HEC Paris. Il faut néanmoins prendre en compte que les jeunes femmes diplômées se dirigent vers des secteurs d'études moins rémunérateurs, ce qui explique en partie cette différence salariale.

Un diplômé sur sept exerce un poste à l'étranger dont 40% dans l'Union européenne. Cette part des emplois à l’étranger est plus importante chez les managers et les diplômés des écoles d’autres spécialités (respectivement 17,9% et 20,1%). Des chiffres qui seraient potentiellement amenés à connaître une baisse du fait de la crise sanitaire. "Les entreprises ont tout intérêt à garder les diplômés en France", témoigne le président de la commission insertion.

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Se préparer aux conséquences de la crise sanitaire

Si cette décennie s'achève sur des chiffres très satisfaisants au regard des résultats de cette enquête, l'horizon s'annonce plus incertain. "Nous devons mobiliser les grandes écoles pour soutenir les diplômés des grandes écoles à s'insérer sur le marché, prévient Peter Todd. Nous allons regarder ce que les écoles peuvent faire pour faciliter cette insertion."

A l'heure où le marché de l'emploi devient plus frileux au niveau des nouvelles embauches, le président de la commission ne cache pas ses incertitudes sur l'ampleur de la crise sanitaire. "Il est très difficile de faire des prédictions, poursuit Peter Todd qui estime qu'il faudra patienter environ six mois avant de revoir une croissance au niveau du marché de l'emploi. Les entreprises ont besoin de talents et sont prêtes à continuer à investir. J'ai l'espoir que la reprise sera assez rapide."

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Miser sur l'apprentissage et la RSE

L'enquête d'insertion démontre que l'apprentissage reste toujours en 2020 un passeport pour l'emploi. Les diplômés par la voie de l'apprentissage (90,7%) décrochent un emploi en CDI plus rapidement que les diplômés par voie classique (88,1%). Le président de la commission est convaincu de l'importance de l'apprentissage dans le modèle des grandes écoles : "Tous les jeunes qui obtiennent une expérience professionnelle grâce à l’apprentissage ont des avantages sur le marché. C'est aussi une façon d'assurer l'égalité des chances et d'avoir plus de diversité." A noter que 15,1% des diplômés 2019 ont effectué leurs études en contrat d’apprentissage et plus du tiers des apprentis (36,3%) est embauché dans son entreprise d’accueil.

Si la prise de position de la conférence reste optimiste, le maintien de cette dynamique risque d'être plus compliqué cette année avec la crise sanitaire. "L'année sera plus tendue sur le marché mais les grandes écoles conservent un avantage grâce aux liens qu'elles entretiennent avec les entreprises", estime Peter Todd.

Le président de la commission estime que les grandes écoles doivent poursuivre leurs efforts en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Les diplômés des grandes écoles sont de plus en plus sensibilisés aux principes du développement durable (social, environnemental et économique). Près de 26% des managers et 12% des ingénieurs partagent cette dimension dans leur mission. "C'est un élément clé pour l'attractivité des entreprises. Ce sont les étudiants qui nous poussent dans cette démarche", assure Peter Todd.

La collecte des données de l'enquête 2020 sur l'insertion professionnelle des diplômés des grandes écoles auprès des établissements a eu lieu entre décembre 2019 et mars 2020, soit avant le commencement de la crise sanitaire. Par conséquent, ses effets sur l'insertion professionnelle n’apparaissent pas dans les résultats de cette enquête. 190 écoles membres ont participé à l'enquête.


Clément Rocher | Publié le

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Thomas.

Avec +2.27% d'augmentation. c'est sûr, les diplômés peuvent faire la fête... Amis étudiants, mettez cette augmentation en parallèle avec l'augmentation des frais de scolarité depuis plus de 10 ans: vous aurez des suprises...