Le diplôme, définitivement le bouclier antichômage… après quelques années

Danièle Licata
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Cinq ans après leur sortie de l’enseignement supérieur, 84 % des diplômés de niveau bac+3 et plus ont un emploi, qui plus est, stable, et occupent très majoritairement un poste de cadre. C’est ce que révèle la première enquête de ce type menée par l’Apec sur la promotion 2008. Ses conclusions : si le diplôme est le passeport pour l’emploi, il faut parfois quelques années pour décrocher un emploi stable. La patience finit par payer.

Et si finalement le président de la République n’avait pas totalement perdu son pari d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013 ? En tout cas, pour les diplômés 2008 de niveau bac+3 et plus, l’horizon paraît bien dégagé. Pour preuve, 84 % d’entre eux ont, aujourd’hui, un emploi.

Par ailleurs, 85 % ont décroché un CDI, et 7 sur 10 occupent un poste de cadre, d’après la première enquête de ce type menée par l’Apec (Association pour l’emploi des cadres).

Crise économique et rattrapage au fil du temps


Pourtant, ces jeunes sont “arrivés sur le marché du travail au moment de l’éclatement de la crise financière. Ils ont vécu leurs cinq premières années de vie professionnelle sous le signe de la récession qui a frappé durement le marché du recrutement”, analyse Pierre Lamblin, directeur du département Études et recherche de l’Apec.

Ainsi, en 2009, seulement un an après avoir décroché leur diplôme, la partie était loin d’être gagnée pour tous. La plupart des jeunes interrogés (68 %) disent ressentir toujours l’influence de la crise sur leur vie professionnelle. En particulier les bac+4 et bac+6 (72 %), les plus confrontés à la précarisation de l’emploi, mais surtout les diplômés d’écoles de commerce : 73 % s’estiment touchés par la crise. “Ils évoquent des difficultés liées à la rémunération (63 %), des incertitudes sur leur avenir (53 %) ainsi que des difficultés d’accès à l’emploi (61 %)", indique l’enquête.

73 % des diplômés d’écoles de commerce disent ressentir l’influence de la crise sur leur vie professionnelle


“La comparaison avec l’enquête menée en 2009 montre des rattrapages importants”, explique Pierre Lamblin. Avec des différences selon le niveau d’études. Par rapport aux résultats enregistrés un an après l’obtention du diplôme, il apparaît que ce sont les bac+4 et bac+5 qui voient leur accès à l’emploi s’améliorer au fil des années puisqu’ils gagnent respectivement 21 et 23 points.

Enquête Apec sur la promo 2008 - Evolution de la part de CDI entre 2008 et 2013

Sport, sciences et techniques : un accès à l’emploi plus facile

Par ailleurs, l’accès au marché du travail est plus au moins facile selon la formation d’origine, ajoutent les rapporteurs de l’Apec. Quand 71 % des diplômés en génie civil-BTP-architecture-design et 72 % de ceux en arts-édition-communication-journalisme ont décroché un job au terme de cinq années, cette proportion passe à 93 % en technologie-industrie-ingénierie et en mathématiques, et même à 94 % en sport.

Or, si les formations en STAPS attirent beaucoup, c’est nettement moins le cas des sciences et techniques. Un argument de plus pour les responsables d’établissements qui souhaitent convaincre les lycéens de rejoindre ces filières ?

Enquête Apec sur la promo 2008 - Evolution du taux d'emploi selon la discipline entre 2009 et 2013

Aller plus loin
Lire l'enquête de l'Apec (janvier 2014) : “Les diplômés de 2008 : situation professionnelle en 2013”

Danièle Licata | Publié le