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La lente mise en place des guichets uniques pour les étudiants étrangers

Delphine Dauvergne
Publié le
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PAYANT - Welcome desk, guichet unique université Toulouse
Parmi les guichets créés dans les universités, celui de l'Université fédérale de Toulouse accueille depuis 2015 les étudiants étrangers. // ©  Lydie Lecarpentier/REA
Annoncée en 2015, la généralisation des guichets d’accueil uniques pour les étudiants étrangers a tardé à prendre forme. Si une trentaine sont déjà ouverts, certains sont prévus pour la rentrée 2017, tandis que d'autres projets sont encore à l’état embryonnaire. Point d’étape.

La généralisation des guichets d'accueil uniques était espérée pour la rentrée 2016selon le plan national de la vie étudiante. La réalité est toute autre. Lors d'un colloque consacré à l'accueil des étudiants internationaux, le 16 mai 2017, Campus France a fait le point sur les avancées du programme, dont l'objectif est de simplifier les démarches administratives pour les jeunes étrangers venus étudier en France.

"Le nombre exact de guichets uniques n'est pas connu, mais on sait qu'il en existe aujourd'hui une trentaine. Il y a différents modèles de guichets d'accueil, les réalités locales ne permettant pas d'avoir un modèle unique, ce qui complique leur recensement. Le terme même de "guichet unique" est flou, nous préférons donc parler de plate-forme multiservice", précise-t-on à Campus France, qui ajoute qu'à la rentrée 2014, 26 sites étaient déjà dotés de ce dispositif. À Toulouse, la Comue Toulouse Midi-Pyrénées a ainsi opté pour la dénomination "Welcome Desk". Ouvert en septembre 2015, le lieu aura mis trois ans à sortir des cartons.

Des partenariats longs à mettre en œuvre

"La création de ce guichet unique s'est effectuée dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine, d'où un temps d'attente élevé", justifie Rébecca Pustoc'h, responsable du pôle étudiants de la Comue toulousaine. Aux questions liées à l'installation physique de ce nouveau service, se sont ajoutées celles liées aux moyens financiers. Le regroupement a pu, à l'époque, obtenir des fonds dans le cadre de l'Idex – perdue en avril 2016 –, mais ce n'est pas le cas de tous les établissements d'enseignement supérieur. 

À l'université Lille 1, par exemple, se pose la question "de la mise à disposition de personnels et du coût suscité par la mise en place des partenariats [notamment avec la préfecture], qui prennent du temps à se concrétiser", souligne Véronique Level, responsable des relations internationales. Dans cette université, le dossier est rendu encore plus compliqué par la fusion des universités lilloises, prévue pour janvier 2018. Des points d'accueil seront conservés sur les différents sites de l'établissement fusionné, et un guichet "vitrine" est prévu en centre-ville, "mais pas avant trois ans", précise Véronique Level.

La Comue Languedoc-Roussillon Universités a, quant à elle, mis en place un guichet unique pilote dès 2011. Le projet avait mis un an et demi à mûrir. "Le partenariat avec la préfecture, qui a délocalisé du personnel, a mis du temps à se monter, car nous appartenons à deux ministères différents, avec des cultures distinctes", souligne Cathy Vaur, responsable du service accueil international étudiants-chercheurs. 

Pour Campus France, il existe deux blocages principaux dans la généralisation des guichets, illustrés par ces exemples : "le nombre de personnes que les partenaires peuvent envoyer sur place pour accueillir et accompagner les étudiants, et les contraintes techniques pour leur installation (protection des données personnelles, notamment)", précise l'organisme.

Des bonnes pratiques qui se développent

Si l'essaimage des lieux d'accueil est encore loin d'avoir gagné tout le territoire, Campus France note tout de même des initiatives porteuses. Pour inciter la CAF (Caisse des allocations familiales) à se délocaliser, la Comue de Toulouse a aussi ouvert son espace aux étudiants français, qui peuvent ainsi élaborer leurs démarches directement sur leur campus. Ouvert toute l'année, le guichet unique accueille ainsi la préfecture, le rectorat, le Crous, et accompagne les étudiants dans leurs recherches de logement. Il propose également un service supplémentaire, payant, la Toul'Box, pour un accompagnement clés en main de son installation.

À Montpellier, un dispositif de parrainage étudiant est proposé avec le Crous, également décliné à Nîmes et Perpignan. "L'accompagnement par un étudiant est plus facile, il rassure. Il permet de créer du lien social et de mieux découvrir la ville. Cela a du sens que la Comue se charge de l'accueil des étudiants étrangers sur un territoire donné. Notre mutualisation de services permet de décharger les établissements", explique Cathy Vaur.

À la rentrée 2017, de nouveaux guichets uniques ouvriront à Nice et à Marseille, tandis que celui prévu sur le campus de Saclay est annoncé pour la rentrée 2018. Dans certains établissements, tel que l'Inalco, on "explore cette piste". La généralisation des guichets uniques va encore mettre quelques années à se réaliser.


Delphine Dauvergne | Publié le

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