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Écoles d'ingénieurs : le Cesi s’ouvre au statut étudiant

Céline Authemayou
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Jean-Louis Allard, directeur de Cesi école d'ingénieurs : "Notre école passe d’un modèle post bac+2 vers un modèle en 5 ans avec préparation intégrée"
Jean-Louis Allard, directeur de Cesi école d'ingénieurs : "Notre école passe d’un modèle post bac+2 vers un modèle en 5 ans avec préparation intégrée" // ©  CESI

Le Cesi vient d’obtenir le feu vert de la CTI pour délivrer un diplôme d’ingénieur sous statut étudiant. Une première pour le groupe privé, qui ne formait jusqu’à présent ses 4.000 élèves que par la voie de l’alternance. Jean-Louis Allard, directeur de l’école, y voit l'opportunité de développer la recherche et l'international.

Votre établissement vient d'obtenir l'habilitation de la CTI (Commission des titres d’ingénieur) pour délivrer à partir de la rentrée 2015 un diplôme d'ingénieur sous statut étudiant. C'est pour vous une grande première. Quelles raisons vous ont poussé à déposer un dossier en ce sens ?

Depuis sa création, l'école d'ingénieurs du Cesi délivre son diplôme historique – sans spécialité – via l'apprentissage, la formation continue ou la VAE [validation des acquis de l'expérience]. Nous continuons de croire aux valeurs portées par l'alternance : ouverture à de nouveaux publics, développement de relations fortes avec le monde de l'entreprise, participation à la dynamique économique des territoires, etc. Mais, au fil du temps, nous avons observé qu'il manquait deux éléments importants dans les formations : l'international et la recherche.

Aujourd'hui, nos apprentis doivent passer douze semaines à l'étranger et un mois et demi en laboratoire de recherche pour valider leur diplôme. Nous pourrions aller beaucoup plus loin mais, dans les deux cas, cela s'avère très compliqué du fait même de l'alternance. Concernant le séjour à l'étranger, les entreprises ne peuvent pas se permettre de se priver durant tout un semestre de leur apprenti. En termes de mobilité entrante – celle-ci est essentielle à mon sens pour insérer au sein des promotions la culture internationale –, la complexité administrative (obtention des visas, etc.) rend quasi impossible l'accueil d'élèves étrangers. L'apprentissage n'est pas fait pour les primo-entrants.

Du côté de la recherche, on le voit, les entreprises apprécient les profils ingénieurs-docteurs. Or, nos diplômés poursuivent très peu en thèse [1,9% d'entre eux selon les chiffres de notre palmarès 2015]. Selon moi, une école devrait se fixer un objectif de 3 à 6% d'étudiants poursuivant en thèse. Pour arriver à ce résultat, il faut intégrer la culture recherche au cœur de la formation, et laisser aux jeunes du temps pour faire mûrir un projet.

Pour toutes ces raisons, notre formation sous statut étudiant, qui sera proposée dans neuf centres du Cesi avec des promotions de douze élèves, intégrera en deuxième année du cycle ingénieur deux périodes obligatoires : un semestre d'échange académique à l'étranger et un semestre en laboratoire de recherche.

En termes de mobilité internationale, l'apprentissage n'est pas fait pour les primo-entrants.

La création de cette filière ne va pas changer la situation de vos apprentis, qui continueront à ne partir que douze semaines à l'étranger ?

C'est certain, mais nous pensons qu'en augmentant nos flux entrants étrangers nous intégrerons mieux qu'aujourd'hui l'interculturalité au sein de l'école. Cela permettra à nos élèves apprentis de côtoyer des étudiants internationaux. Il en va de même pour la recherche.

Une autre grande nouveauté concerne votre marque Exia-Cesi, qui abrite la formation informatique du groupe. Celle-ci vient également d'obtenir l'habilitation du CTI pour la rentrée 2015. La marque Exia est-elle vouée à disparaître, au profit de l'école d'ingénieurs du groupe ?

Non, nous souhaitons conserver le nom Exia, car cette marque jouit d'une bonne réputation auprès des entreprises comme des étudiants. La formation va simplement devenir la spécialité informatique de l'école d'ingénieurs. Nous continuerons de recruter après le bac, grâce à un cycle préparatoire intégré, et à bac+2. L'originalité de l'école tient dans sa formation, construite autour de la pédagogie par problème. Pour pouvoir présenter notre dossier à la CTI, nous avons dû faire quelques changements au niveau du syllabus. Nous avons par exemple rendu le cycle préparatoire plus scientifique, et étoffé le programme du cycle ingénieur pour permettre à nos étudiants d'acquérir des compétences transversales. Le but étant de former des ingénieurs en informatique et pas seulement des informaticiens.

La Cdefi crée un observatoire de l'apprentissage
Dans les prochaines semaines, la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs) va mettre sur pied un observatoire de l'apprentissage. Jean-Louis Allard en aura la responsabilité. Le but : "poser et objectiver le propos autour de l'apprentissage", explique le directeur du Cesi. La première action consistera à identifier les coûts engendrés par la formation par apprentissage pour les écoles d'ingénieurs. Cela dans un contexte particulièrement tendu pour les écoles, qui anticipent une baisse de leurs ressources, à la suite de la réforme de la répartition de la taxe d'apprentissage.

Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (1)

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kaddour chikh.

Bonjour qu'en est-il des équivalences pour les écoles Exia en Algérie pour l’obtention du statut d'ingénieur .merci

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